Excellent
17 juin 2025
Une partie de ses histoires dont la plus mémorable est celle traitant de la bataille de Little Big Horn (qui a vu la fin du célèbre général Custer) ont été publiées aux éditions Larousse. Mais de nombreuses étaient encore inédites en français. Les années passées à s’intéresser passionnément aux Indiens l’ont rendu expert en la matière. Ce savoir transparaît dans son travail. Pour ne citer qu’un exemple : Serpieri représente les Indiens dans des attitudes ou positions sur leurs chevaux bien différentes de ce que ses confrères ont pu dessiner. En effet, les Indiens ne montaient pas à cheval comme les Blancs. Ce qui constitue une erreur souvent commise par les dessinateurs sans doute influencés par le cinéma.
L’artiste n’a pas pour unique volonté de représenter avec exactitude les peuples amérindiens dans leur authenticité, il crée de la fiction, de l’imaginaire. C’est un auteur de bandes dessinées. La plupart de ses courts récits n’ont rien d’historique (si ce n’est dans la rigueur de reproduction des vêtements, us et coutumes, armes,…). Il propose d’abord un excellent divertissement en partageant sa passion pour l’histoire de l’Ouest américain. La narration est ancrée dans son époque (années 70-80). Les anciens apprécieront cette écriture. Le jeune public s’appropriera avec admiration cet héritage.
Peut-on évoquer Serpieri sans parler de Druuna ? On retrouve avec plaisir les prémices (et les formes) de la célèbre héroïne dans les traits d’une Indienne qui apparaît dans l’épisode colorisé L’homme Qui n’avait pas de pouces. Les planches du dessinateur italien dont les dessins débordent souvent d’une case sur l’autre (ou sont même parfois totalement dépourvues de cases) sont dotées d’une grammaire propre. On peut y déceler cette influence des peintres du XIXème (Frederic Remington, Charles Russel ou encore George Catlin) contemporains de cette épopée de l’Ouest américain qui ont fasciné l’auteur.
Un solide dossier introductif éclaire le lecteur sur l’œuvre qu’il va (re)découvrir. Une intéressante interview datant de 2020 et illustrée par de nombreux croquis inédits clôture le deuxième tome. Les amateurs de Western en BD ne peuvent pas passer à côté de ces deux splendides volumes.
Par David SPORCQ
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