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Excellent
13 juillet 2026
Alors qu’il se baigne dans la piscine municipale de Cyvette, modeste commune d’une France rurale et oubliée, Olivier reçoit une déclaration d’amour d’une jeune baigneuse. Privé de ses lunettes de vue, il ne distingue qu’une silhouette et demeure incapable de la reconnaître, n’osant même pas lui demander son nom. Une fois sorti de la piscine, il ne la retrouvera jamais. Disparue !
La vie suit son cours... Mariage, séparation, divorce, puis un fils avec qui il entretient peu de relations. Mais, vingt-cinq ans plus tard, le souvenir de cette mystérieuse inconnue revient hanter la mémoire de celui qui exerce désormais le métier de chauffeur de taxi.
Un soir, une cliente lui demande de l’emmener en Bourgogne. Une course peu banale de plusieurs centaines de kilomètres qui, au fil de longues conversations, fait ressurgir l’anecdote de la piscine. Au retour, Olivier décide de passer par la petite ville de son enfance. Fatigué par ce long trajet, il percute un muret et se retrouve bloqué dans le village de Cyvette. Et si c’était là une opportunité de retrouver ses anciens amis, et peut-être la fille de la piscine ? En évoquant cette anecdote lors de retrouvailles avec ceux qui sont restés, il n’imagine pas les conséquences de ce retour vers le passé.
À travers la chronique de ce séjour improvisé et (presque) involontaire, Frédéric Peynet nous offre une histoire généreuse, sensible et d’une grande justesse dans le traitement de ses personnages. Tous les porteurs de lunettes contraints de les quitter au bord du bassin se reconnaîtront facilement dans le point de départ de ce récit ! À partir de cette anecdote minimale, l’auteur déroule une intrigue où se mêlent souvenirs persistants, nostalgie, retours en arrière et solidarité spontanée et bienveillante.
Au-delà de cette quête impossible (?), l’auteur nous brosse le portrait d’un personnage attachant, traînant son lot de petites douleurs et de regrets, que viennent bousculer les initiatives décalées et généreuses de ses amis. Les personnages secondaires sont, eux aussi, présentés avec bienveillance, mais sans complaisance. Le maire de Cyvette, le rôle des médias locaux et les relations humaines au cœur d’une province bucolique sont traités avec humour et beaucoup de justesse.
Si le graphisme fluide, d’une grande finesse et parfaitement maîtrisé de Frédéric Peynet a de quoi séduire, l’audace narrative de ce scénario original et attachant constitue le principal atout d’un album sensible et profondément humain, qui sonne juste en dépit de son postulat initial.
Un moment de lecture agréable, qui suscite émotion et plaisir. Une belle surprise de ce début d’été.
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