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L‘apport de Gotlib à l’humour hexagonal a été d’introduire dans le 9e art le slapstick -littéralement, « le coup de bâton », le coup final qui termine un sketch ou un gag, à la manière d’un Don Martin ou d’un Tex Avery. Edika était sans aucun doute l’un de ses héritiers les plus doués.
Pilier de Fluide, son succès était effectif mais paradoxal : d’une nature réservée, on l’a peu vu dans les médias ou dans les festivals, et pourtant c’était une star. Les couvertures qu’il a réalisées sont parmi les plus marquantes de l’histoire du magazine d’Umour et de Bandessinée.
Il était né le 17 décembre 1940 à Héliopolis (Égypte). On sait peu de choses sur lui, si ce n’est qu’il est le frère du dessinateur Carali, l’oncle des auteurs de bande dessinée Olivier Ka et Melaka, et le beau-frère de l’écrivaine Gudule.
Dans Fluide, il crée un autre lui-même nommé Bronsky Proko, dessinateur énervé mais appliqué qui a bien du mal à renouveler son imagination et à livrer ses pages à temps dans le contexte d’une famille envahissante, du chat Clark Gaybeul gaffeur en diable, de chauves chétifs reluquant les bimbos à fortes poitrines et de bien d’autres quidams improbables.
Son univers vaut surtout par la multiplication de ses personnages qui ont si bien réussi à capturer l’humour du temps avec une infinie tendresse. Ses gags sont tissés d’absurde, de chausse-trappes scénaristiques confinant au permanent exercice de style narratif.
En 41 ans, il a publié 309 histoires (soit 1 870 pages de bandes dessinées), 81 couvertures du magazine, ainsi que de nombreuses illustrations de nouvelles et autres culs de lampe. Cela donne 37 albums compilés récemment en intégrales chez Fluide, des dizaines de couvertures parmi les plus marquantes du célèbre magazine auquel il tire sa révérence l’année de ses 50 ans.
Si la situation politique internationale ou nationale vous chagrine, si Noël se passe sans vous faire un cadeau, ouvrez un album d’Edika. Il ramènera tous ces tracas à leur réalité dérisoire et vous redonnera un sourire qui tient du miracle.
Par Didier PASAMONIK
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