Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Angoulême 2026 annulé : la nécessité de réorienter les subventions

Par Didier PASAMONIK 19 novembre 2025 
C’était couru : une fois confirmé le boycott des auteurs dans leur tribune du 16 novembre 2025, les éditeurs n’avaient plus qu’à suivre, d’autant que le ministère de la Culture annonçait de son côté le retrait de ses subventions… La messe semble donc dite : en dépit des dénégations des uns et des autres, l’annulation du Festival international de la BD en 2026 devrait être confirmée dans les jours qui viennent. La question est : que fait-on maintenant ?

Il y a quelque chose à la fois de logique et de choquant dans la déclaration de la ministre de la Culture, Madame Rachida Dati, annonçant « réduire de plus de 60 % les subventions accordées à cette association ».

Logique, parce que, pour la première fois, l’État, par la voix de sa ministre, constate, je cite, « des manquements aux obligations de transparence  ». Choquant, parce que, ce faisant, cette décision porte un coup fatal au Festival d’Angoulême. Cet argent perdu ne sera sans doute jamais retrouvé, alors que ce n’est vraiment pas le moment. Notre sentiment, c’est que ces fonds méritent d’être réorientés au bon endroit.

D’après les chiffres annoncés publiquement — sommes approximatives donnant un ordre de grandeur — , l’intervention financière de l’État et des collectivités pour le Festival serait la suivante :

Pourquoi ne pas confier la gestion de cette somme, sous contrôles des financeurs publics, à la Cité de la BD, dont les comptes sont transparents, publiés au centime près, et dont la tutelle est l’État ? La billetterie, déjà fonctionnelle au musée, pourrait être tout aussi bien gérée par la même entité. Voilà qui garantirerait la transparence.

La ministre de la Culture, Rachida Dati et Vincent Montagne, président du Syndicat National de l’Edition. Vont-il aider à sortir de la crise ?

L’opérationnel et la direction artistique pourraient, quant à eux, être confiés à un opérateur, en cogestion avec l’interprofession, les auteurs et les éditeurs, dans le cadre d’un appel d’offres transparent et professionnel.

Cela n’empêche pas la participation de l’Association du Festival, qui pourrait mettre au service de l’événement la bonne volonté de ses bénévoles, comme elle le fait chaque année. Le tout serait encadré par des contrats de trois ou quatre ans, pas davantage.

On comprend bien qu’à deux mois de l’événement, la mise en place d’une telle solution est inenvisageable. C’est un projet à reporter à l’année 2027, une fois les élections municipales passées, dans un contexte apaisé.
Cette solution, parmi d’autres, devrait être étudiée dès maintenant, dans l’idée de reporter à nouveau les subventions de cette année au titre de la restructuration, le budget 2027 étant reconduit.

Le moment est venu de remettre tout à plat et de mettre en place une base saine et solide qui permettrait au FIBD de redémarrer dans de bonnes conditions pour les cinquante prochaines années.

Par Didier PASAMONIK

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN :

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

France Marché de la BD : Faits & chiffres Angoulême 2026
 
Participez à la discussion
1 Message :
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Didier PASAMONIK  
A LIRE AUSSI  
Actualité