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Il y a quelque chose à la fois de logique et de choquant dans la déclaration de la ministre de la Culture, Madame Rachida Dati, annonçant « réduire de plus de 60 % les subventions accordées à cette association ».
Logique, parce que, pour la première fois, l’État, par la voix de sa ministre, constate, je cite, « des manquements aux obligations de transparence ». Choquant, parce que, ce faisant, cette décision porte un coup fatal au Festival d’Angoulême. Cet argent perdu ne sera sans doute jamais retrouvé, alors que ce n’est vraiment pas le moment. Notre sentiment, c’est que ces fonds méritent d’être réorientés au bon endroit.
D’après les chiffres annoncés publiquement — sommes approximatives donnant un ordre de grandeur — , l’intervention financière de l’État et des collectivités pour le Festival serait la suivante :
Pourquoi ne pas confier la gestion de cette somme, sous contrôles des financeurs publics, à la Cité de la BD, dont les comptes sont transparents, publiés au centime près, et dont la tutelle est l’État ? La billetterie, déjà fonctionnelle au musée, pourrait être tout aussi bien gérée par la même entité. Voilà qui garantirerait la transparence.
L’opérationnel et la direction artistique pourraient, quant à eux, être confiés à un opérateur, en cogestion avec l’interprofession, les auteurs et les éditeurs, dans le cadre d’un appel d’offres transparent et professionnel.
Cela n’empêche pas la participation de l’Association du Festival, qui pourrait mettre au service de l’événement la bonne volonté de ses bénévoles, comme elle le fait chaque année. Le tout serait encadré par des contrats de trois ou quatre ans, pas davantage.
On comprend bien qu’à deux mois de l’événement, la mise en place d’une telle solution est inenvisageable. C’est un projet à reporter à l’année 2027, une fois les élections municipales passées, dans un contexte apaisé.
Cette solution, parmi d’autres, devrait être étudiée dès maintenant, dans l’idée de reporter à nouveau les subventions de cette année au titre de la restructuration, le budget 2027 étant reconduit.
Le moment est venu de remettre tout à plat et de mettre en place une base saine et solide qui permettrait au FIBD de redémarrer dans de bonnes conditions pour les cinquante prochaines années.
Par Didier PASAMONIK
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Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)
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