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Hyde Street T.1 : Pour une poignée d’âmes - Par Geoff Johns & Ivan Reis - Ed. Urban Comics

Par Marc VANDERMEER Très bon 20 novembre 2025 
«Dans chaque village, dans chaque ville, sur chaque petite route de campagne et même à chaque époque : il existe une Hyde Street», comme surgie de nulle part, mais dont on ne ressort quasi jamais ! Dans cette rue, la mort vous emporte d’une bien étrange manière... d’autant plus lorsque votre âme est sombre !

Dans la Hyde Street, il y a les passants et les résidents. Les premiers se sont immanquablement égarés, même après avoir suivi un chemin mille fois usité ; les autres sont là pour les y attendre, sagement, patiemment… dangereusement ! Ils sont là pour collecter les âmes égarées en ces lieux à la fois familiers et inconnus.

Que ce soit Mr. X-Ray, le jeune Scot Pranky, Mademoiselle Bienfaite ou le monstre mutique, ainsi que bien d’autres : tous ont un jour été piégés dans cette rue et, au lieu de voir leur âme subir le sort réservé par le Compteur (vraisemblablement chef de ce purgatoire), ils sont devenus des collecteurs d’âmes : 10 000 âmes et ils pourront être libres à nouveau !

Frédérick Xavier Ray, ancien VRP talentueux durant les sixties, capable de « vendre de la laine à un mouton », est bien décidé à réussir. Mais le jeune Pranky est un semeur de troubles. L’enfant, résident de la Hyde street depuis 1955, a déjà dépassé le quota exigé pour être libéré. Or, il reste. Il continue de collecter des âmes, au nez et à la barbe des autres, les empêchant de ce fait d’atteindre leur but. Tant et si bien que Mr. X-Ray compte bien s’en prendre au petit garnement.

Mademoiselle Bienfaite, quant à elle, arrive lentement mais sûrement aux dix mille âmes, mais les dernières sont compliquées à récupérer : également du fait du petit boy-scout ! Elle incarne, dans sa boutique de Hyde Street, la quête de la perfection absolue des eighties : un corps parfait, de la chirurgie esthétique au besoin… vendant un poison aux clients qui osent pénétrer dans son antre. À l’opposé, le monstre mutique est bien décidé à ne prendre personne dans ses filets ; démontrant que le démon peut parfois prendre l’apparence d’un adorable gamin, là où la bonté réside sous les traits du frère de Frankenstein !

Avec ce titre, Geoff Johns & Ivan Reis dépeignent les vices de notre société : le succès, l’argent facile, le harcèlement, la discrimination et la beauté pourtant éphémère. Chaque âme récupérée détenait un secret bien gardé jusqu’à son arrivée dans cette rue maudite. Chacune s’est vue attaquée et déchue par un des résidents, jouant chacun de stratagèmes toujours plus atroces.

Hyde Street T.1 : Pour une poignée d'âmes - Par Geoff Johns & Ivan Reis - Ed. Urban Comics
©Ivan Reis / Urban Comics

Accompagnés, l’un comme l’autre, par d’autres artistes pour ficeler ces différents chapitres au cœur de cette rue mystérieuse et assassine, le duo d’auteurs captive le public avide de cette cruauté d’ores et déjà mise en exergue en couverture. Des morts ensanglantés dans une salle de cinéma. Au dos, les protagonistes principaux avec ce gamin en premier plan ; sans aucun doute le pire d’entre eux.

Le graphisme se veut un rien old school, très certainement pour correspondre aux différentes générations présentes. La plus ancienne résidente serait une cartomancienne du début du siècle passé. La dernière, connue en tout cas, des années quatre-vingt. Il fallait donc bien un collectif d’artistes pour un tel écart. Le style est soigné, foisonnant de détails et jonglant avec des contrastes qui captivent le regard sans l’ombre d’un fond blanc. Seules quelques interludes humoristiques, aux personnages caricaturaux et simplistes, tranchent avec le travail de précision global.

Notons Maytal Zchut pour escorter les auteurs au scénario, nouvelle dans la bande-dessinée mais déjà connue au cinéma pour « Nos pires voisins », « Stretch » ou encore « Stargirl », également aux côtés de Geoff Johns. Pour la partie graphique, Ivan Reis se partage les chapitres avec Francis Portela, Danny Miki (également à l’encrage) et Leila Leiz, avec les couleurs souvent glauques, mais nimbées des codes chromatiques par époques de Brad Anderson et Alex Sinclair.

Un thriller horrifique plus qu’aguicheur pour ce premier tome, en attente de la suite avec impatience.

©Ivan Reis / Urban Comics

Par Marc VANDERMEER

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Code EAN : 9791026824510
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