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Le défi est grand : transformer un ancien hôtel particulier, qui date de la Renaissance, en lieu d’exposition. Entre les vieilles pierres, les escalier en colimaçon et les espaces exigus, cet hôtel est le lieu idéal pour accueillir et présenter les planches de L’Atelier des Sorciers.
Édité depuis 2018 par Pika, les personnages de ce seinen usent de leurs pouvoirs magiques grâce â l’écriture de formules magiques. Ce qui nous transporte dans un monde merveilleux, où le bestiaire foisonne et la dextérité des planches impressionne.
Les personnages, les effets de mises en scènes, la faune… rien ne bouge. Les repentirs sont quasiment inexistants et la finesse du trait à la plume, comme le charge des onomatopées au pinceau et à l’encre de Chine, en bluffe plus d’un.
Magie d’Angoulême, durant la visite, nous tombons sur le brillant Dominique Bertail, le Grand Boum 2024 de la ville de Blois, en pâmoison devant le travail de Kamome Shirahama. « Je la suis depuis le début », commente-t-il. « Dès le premier tome, j’ai été admiratif de son travail ». Il s’arrête, regarde plusieurs planches et continue : « Quand je dessine Madeleine, j’ai toujours un tome de l’Atelier des Sorciers pas loin. »
Interloqué, nous lui faisons la remarque. Lui le maître du trait et de la couleur, en particulier les lavis de bleus, lui le conteur d’histoires avec un grand H. « Je lis beaucoup de mangas, mais que ce soit dans la vie qu’elle impulse, ses choix de compositions, son travail de trames, elle m’impressionne et je peux dire que je l’ai regardé de près. ». Avant de conclure « Dans tous les styles, elle est un cran au dessus, que ce soit en Kawaï ou en réaliste… ». Une exposition qui vaut donc son pesant d’or, que ce soit son écrin comme son contenu.
Par Kelian NGUYEN
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Photos : Kelian Nguyen