Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Excellent
27 juillet 2024
Les éditions Hibou dont on parle de temps en temps font un formidable travail patrimonial. Elles ne se contentent pas seulement de rééditer les œuvres des Funcken, de Pol Deliège, de Gérald Forton, d’Arthur Piroton ou d’Yves Duval, elles publient aussi des monographies dont la dernière, Dino Attanasio, le Phileas Fogg des comics par Wilfrid Salomé est un exemple remarquable et un magnifique cadeau à un dessinateur qui avance vers sa centième année, ce qui en fait sans doute le doyen de la bande dessinée européenne.
Quel destin que celui des Attanasio ! « Des », car au départ, ils sont deux frères. Leur père, Savino Attanasio, est violoniste et mandoliniste et pérégrine de concert en concert avec ses deux fils Gianni et Edouardo (futur Dino). Ces derniers prennent bientôt leur indépendance en formant un groupe de guitaristes, tandis qu’Eduardo-Dino s’inscrit aux beaux-arts de Milan en peinture. Dino est aussi fan de gymnastique et fait même de la compétition.
Dès 1941, Dino et son frère Gianni débutent dans l’illustration et le dessin animé, contribuant à l’un des premiers longs métrages italiens de dessin animé : La Rose de Bagdad. Pour Dino, la guerre et l’après-guerre seront une période d’une intense production d’illustrations et de BD (fumetti en italien…), alors très à la mode.
Mais à la fin des années 1940, les Attanasio Brothers partent en Belgique parce que c’est la Mecque de la BD franco-belge. Au début, ils alternent petits boulots dans une boîte qui fait des dessins animés publicitaires et concerts de mandoline, là où ils peuvent en placer. Mais bientôt, Dino est engagé par la World’s Press, l’agence de Georges Troisfontaines qui fournit le Journal de Spirou (Attanasio dessine des Oncle Paul…)et certains quotidiens belges et français en bandes dessinées. Une pépinière où Attanasio croise le gratin de la BD belgo-française d’alors : Eddy Paape, Victor Hubinon, Jean Graton, Michel Tacq, Albert Weinberg, Albert Uderzo, René Goscinny, Jean-Michel Charlier… Ce dernier lui écrit pour La Libre Junior la série Fanfan & Polo.
Entretemps, il rencontre une Bruxelloise pure souche, Joanna Walckiers, et l’épouse. Goscinny, en disgrâce à la World’s est accueilli à bras ouverts par l’hebdomadaire Tintin. Il écrit pour Attanasio les aventures du Signor Spaghetti et de son cousin Prosciutto qui sera publié -cela ne s’invente pas- dans la collection Jeune Europe. Succès.
Dans la foulée, il succède à l’immense Franquin sur Modeste & Pompon. Les éditions Marabout lui confient le dessin d’un personnage de roman appelé à un grand avenir : Bob Morane d’Henri Vernes. Attanasio en fera quelques BD avant de passer le relais à Gérald Forton.
La fin de sa carrière le verra, entr’autres, produire à nouveau pour l’Italie avec Ambroise et Gino pour le Corriere dei Piccoli, ou encore Johnny Goodbye pour Eppo avec Martin Lodewijk et Patty Klein au scénario.
En biographe énamouré, Wilfried Salomé retrace minutieusement ce parcours avec une multitude de documents inédits. Il n’élude pas certaines rumeurs malveillantes mais prend soin de ne pas entacher la statue du commandeur. Print the legend…
Voici en tout cas un livre de référence utile autour d’une personnalité qui, avec Pratt et quelques autres, a contribué au rayonnement de la BD franco-belge.
Voir en ligne : LE SITE DES EDITIONS HIBOU
Par Didier PASAMONIK
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Participez à la discussion