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Bon
1er juin 2026
Ryô Takatsuki ne devrait être qu’un lycéen ordinaire, si ce n’est cette étrange capacité de cicatrisation au bras droit, vestige d’un accident d’enfance.
Son quotidien bascule avec l’arrivée de Hayato Shingû, un nouvel élève au bras gauche bandé, aussi agressif qu’insaisissable, qui le provoque avant de lui révéler, à demi-mot puis de façon brutale, que ce membre dissimule une arme monstrueuse.
À partir de là, le manga déploie un vrai scénario de bascule : des adolescents se retrouvent happés par le projet ARMS, un programme opaque et inquiétant, alors qu’ils n’ont rien demandé à cette guerre souterraine.
Ce qui pourrait n’être qu’un récit de pouvoirs spéciaux devient surtout l’histoire de jeunes gens piégés dans une mécanique qui les dépasse, forcés d’apprendre à survivre, à comprendre leurs capacités et à se méfier d’une organisation prête à tout pour les récupérer.
Le manga a été récompensé du 44ème prix Shôgakukan en 1999, le plaçant directement au même niveau que des shônen tels que Slam Dunk (1994), Bleach (2004), Detective Conan (2000) ou des séries plus récentes comme The Promised Nerveland (2017), Chainsaw Man (2020), Frieren ou Dandadan.
Ce premier volume nous entraine sans attendre dans une traque nerveuse, avec des affrontements qui servent autant à faire progresser l’action qu’à dévoiler progressivement la nature de ces fameux bras transformables.
Ce qui fonctionne immédiatement dans ARMS, c’est une capacité parvenant intrinsèquement à marier le spectaculaire et l’inquiétude.
L’œuvre de Ryouji Minagawa ne se contente pas d’aligner des scènes d’action : elle les inscrit dans un climat de menace permanente, croissante et anxiogène, avec cette impression que les héros sont en train de fuir quelque chose de plus grand qu’eux.
Cette pression constante donne au récit une vraie nervosité, et le tome se lit d’une traite tant la mise en tension est bien tenue.
On aime aussi la manière dont le manga introduit ses personnages : malgré leurs capacités hors norme, ce sont d’abord des adolescents déboussolés, vulnérables, parfois en colère, souvent dépassés par ce qui leur arrive.
Cette fragilité donne du poids à leurs alliances, mais aussi à leurs hésitations et à leurs moments de colère, car tout repose sur une urgence : survivre
Graphiquement, on sent bien qu’ARMS date d’il y a plus de 25 ans. Le trait a ce grain rétro, cette densité et cette rudesse qui collent parfaitement à son atmosphère de SF agressive et sombre. Notre mangaka se cherche encore néanmoins sur le style à adopter dans ce (double) volume : certaines planches n’ont pas la même qualité et peuvent sembler plus griffonnées par moments.
Est-ce que grâce à cette imperfection l’auteur trouvera un style plus affirmé dans la suite de son histoire ? On peut le parier.
Mangetsu signe là un beau retour éditorial en nous sortant des rotatives cette Wide Edition : des volumes doubles (12 à la place de 22, on ne sait pas encore ce que contiendra le 12ème tome), un grand format et une maquette upgradée au goût du jour.
Petite mention, enfin, sur la frise qui se dévoilera sur l’ensemble des dos, où l’on pourra voir un œil symbolique bien inspiré…
Entre SF, action, paranoïa et course-poursuite, ce premier opus nous entraine dans un bras de fer qui s’annonce trépidant ! Vivement la suite, annoncée mi-août 2026.
Par Milan MORALES
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