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Bon
2 mai 2026
Le quotidien de Léon, un garçon au tempérament affirmé, est chamboulé par la séparation de ses parents. Et comme si ce n’était pas suffisant, il doit, à son grand dam, aller vivre dans un petit village de campagne avec sa mère. Le même village où elle a grandi.
Mais Léon veut à tout prix rentrer chez son père. Ce dernier est cependant absorbé par son travail, qui paraît susciter plus d’intérêt que sa propre progéniture. Pour tenter de remonter le moral de Léon, sa mère lui offre alors un hamster nommé Patate. Mais le garçon est peu satisfait par ce qu’il considère comme un piètre lot de consolation. Peu enclin à aller dans sa nouvelle école, il devient alors envieux de la simplicité du quotidien de sa petite bête poilue. Tel Geppetto priant la bonne étoile dans Pinocchio, Léon souhaite un miracle pour ne pas aller à l’école le lendemain.
Mais à son réveil, à défaut de croiser une marraine la fée, c’est face à lui-même qu’il se retrouve… puisqu’il a changé de corps avec son hamster ! Léon doit alors voir la réalité en face : il ne peut pas laisser celui qui occupe désormais son enveloppe humaine aller tout seul en cours. On retrouve alors un procédé narratif beaucoup utilisé au cinéma : le body swap (l’échange de corps), généralement mis en scène entre deux êtres humains. Ici, Léon doit composer avec cette nouvelle donne. Coincé dans le corps de Patate, il se retrouve limité par sa petite taille et incapable de communiquer avec les humains. De son côté, le corps de Léon, désormais habité par le hamster, a la capacité de parler et de se déplacer humainement, tout en ayant gardé, de façon paradoxale, certaines capacités propres à l’animal.
Aussi, malgré cette situation invraisemblable, les deux amis peuvent encore communiquer entre eux, seuls à partager ce secret. Secret qui, chaque minute, est mis en péril. Il faut dire que la discrétion de ce duo haut en couleur frôle le zéro sur l’échelle de l’inspecteur Gadget. Mais cela sert très bien le comique.
Un autre aspect de cette bande dessinée réside dans l’exploitation des archétypes d’élèves, ici portés à leur extrême. Il y a les jumelles diaboliques, le fayot ascendant premier de la classe ou encore, la terreur de l’école. Le tout dans une classe de huit élèves seulement, petite école de province oblige. Alors ajoutez à cela un nouvel élève étrange qui se prend pour un hamster, allant jusqu’à grignoter son crayon. C’est à se demander ce que consomme le sympathique Gus, le professeur, pour garder son flegme...
L’album aborde frontalement la difficulté des enfants victimes collatérales de la séparation de leurs parents. Ce transfert de corps vécu par Léon sert alors de métaphore à un basculement brutal de réalité : il se retrouve littéralement projeté hors de sa propre vie, contraint d’en expérimenter les contraintes depuis une position qu’il ne maîtrise plus, à l’image du déséquilibre émotionnel provoqué par la séparation, le changement de cadre de vie, l’éloignement.
En outre, ce premier tome de Mon copain Patate est tendrement drôle, offrant une lecture plaisante, certes non exempte de clichés et de facilités. Elle s’inscrit sans mal dans la lignée des héros de Tchô, après Titeuf, Tony et Alberto ou encore Samson et Néon. On attend la suite qui devrait sortir en fin d’année.
Par Rémi BARNAULT
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Le premier tome de "Mon copain Patate" est en vente aux éditions Glénat pour 11 €.