Très bon
17 décembre 2025
Tohru Himuka signe avec ce sixième volume une plongée encore plus tendue dans les méandres de la médecine naissante, où chaque auscultation frôle l’hérésie et révèle les ombres d’une cour impitoyable.
Koyô végète au palais, privée de patients, jusqu’à ce que le grand précepteur Kyô lui amène Genchô Sha, un officier d’élite souffrant d’une affection oculaire défiante les remèdes ancestraux et mettant à rude épreuve la patience de notre jeune prodige.
Un quiproquo embrase la colère du blessé, soulignant la précarité de la position de femme savante de Koyô dans un monde arc-bouté sur les croyances. Pendant ce temps, Keiun, Sai et U Hyô s’enfoncent dans la province du Prunis, guidés par une enfant mendiante vers Rocheclaire, un hameau gangrené par une maladie énigmatique : rumeurs de malédiction, symptômes contagieux et barrières de peur dressent le tableau d’une enquête haletante où les indices convergent vers un péril bien plus vaste que prévu.
Ce tome 6 culmine une saga qui captive par son équilibre virtuose entre consultations chirurgicales et mystères provinciaux, où la rationalité de Koyô heurte de plein fouet les dogmes impériaux, transformant chaque diagnostic en bras de fer politique.
Le trait précis de Himuka excelle à rendre palpables aussi bien les décors somptueux du palais que les petits hameaux, tandis que les personnages, loin d’être de simples pions, révèlent des fêlures intimes qui humanisent le récit et en font une leçon d’empathie autant que de science.
Mélange idéal d’aventure, d’érudition médicale et d’humour subtil, cette pépite historique impose Remède Impérial comme un must du seinen, confirmant son éclat sans faille avec une intrigue qui gagne en densité et en suspense.
À suivre de très près, assurément (14 tomes parus au Japon, tandis que les éditions Kurokawa annoncent le 7ᵉ tome pour février 2026).
Par Milan MORALES
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Vous pouvez retrouver ici notre précédente chronique :
– le Tome 5