C’était un moment touchant que de voir Lucie Morel recevoir le Prix Prima Bula 2025 avec Toc Toc dont elle est à la fois l’autrice et la dessinatrice. La 13ᵉ édition du festival Formula Bula poursuit son engagement envers les jeunes talents et la bande dessinée alternative inventive. Ce Prix, attribué par les adhérents de l’association du festival, récompense chaque année un projet de bande dessinée à la fois audacieux et profondément personnel.
Une enfance où l’imaginaire côtoie l’angoisse
Diplômée de l’École supérieure d’art de Lorraine en 2016, Lucie Morel a été résidente de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême, où elle a conçu l’essentiel de cet album. À travers ses dessins, souvent bruts et expressifs, elle s’attache à rendre visible l’invisible : souvenirs, perceptions intimes, cheminements mentaux ou mondes imaginaires. Son travail invite le lecteur à voir le monde sous un angle empathique et nuancé en explorant des thèmes comme la construction de soi, le rapport à la mort, l’héritage familial, les comorbidités liées aux TOC ou encore la vulgarisation scientifique avec une pinte d’auto-dérision.
Toc Toc : raconter l’angoisse avec sensibilité
L’histoire commence par une enfance heureuse et entourée d’amour, mais un accident de voiture bouleverse son quotidien. Lucie développe alors des Troubles Obsessionnels Compulsifs : rituels répétitifs, anxiété permanente, peur du malheur imminent. La bande dessinée décrit avec justesse la façon dont l’angoisse peut s’installer et transformer le quotidien.
Faire connaître les TOC
Atteinte de TOC depuis l’enfance, Lucie Morel souhaite donner une visibilité à cette maladie souvent méconnue et stigmatisée. Son travail artistique devient ainsi un pont entre expérience intime et sensibilisation collective, permettant au lecteur de mieux comprendre les mécanismes de l’angoisse et la réalité des troubles obsessionnels compulsifs.
Installée aujourd’hui à Paris, Lucie Morel continue de conjuguer création personnelle, commandes pour la presse et résidences artistiques, affirmant à chaque projet que la bande dessinée peut être un outil poétique certes, mais aussi une prise de conscience personnelle et sociale.
Par Alice D’ANDREA
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Toc Toc - Par Lucie Morel - Ed. Même pas mal.