Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Popeye’s Revenge - De la BD à l’horreur

Par Rémi BARNAULT Moyen 12 mai 2025 
Ha, Popeye, des comic-strips à la petite lucarne, le marin musclé et borgne à la mâchoire en galoche a bercé plusieurs générations. À défaut d’avoir "Popeye 3D" - le film d’animation de chez Sony, repoussé, annulé, puis relancé, et caetera - nous avons cette année {Popeye's Revenge}, littéralement "la revanche de Popeye", qui sort dans des salles très obscures. Et ce, dans la lignée des films d’horreur reprenant des personnages de la culture jeunesse…

Le film commence par une introduction en croquis noir et blanc, dans le même genre que ce qu’a pu faire, il y a quelque temps, le film Winnie l’Ourson : Sang et Miel.
Un couple donne naissance à un enfant d’une certaine difformité comprenant de très gros bras. Ce bébé, on vous le donne en mille : c’est Popeye. La différence du garçon engendra, durant l’enfance du futur marin, une grosse vague de harcèlement.

Et la haine attisant la haine, le garçon se met vite à tuer un de ses camarades avec une violence sans précédent, devenant comme une bête déchaînée. Tant et si bien que ses parents finissent par l’enfermer dans le sous-sol de la maison familiale. Mais le meurtre commis par le petit Popeye provoque vite une chasse à l’homme. Le garçon réussit à s’enfuir, mais sombre dans les profondeurs d’un lac voisin.

Des années plus tard, un groupe de jeunes adultes a entendu parler de l’histoire dramatique de Popeye et a décidé de s’installer près du lac afin de tourner une vidéo. Mais il se trouve que Popeye n’a pas cassé sa pipe et est décidé à assassiner un à un ces visiteurs. Popeye est devenu l’adulte que l’on connaît à travers les dessins animés ou bien les comic-strips... enfin, essentiellement en apparence. Ainsi débute un film d’horreur de type slasher des plus classiques.

Première curiosité : l’intrigue tourne aux abords d’un lac, alors que Popeye est un marin. Même si, certes, dans ses aventures originales, il lui arrivait souvent de s’adonner à diverses activités, au point que seul son costume rappelait qu’il était marin.
Pour le film, ce choix de localisation est sans doute lié au budget ou à des enjeux techniques. Ou bien encore tout simplement une liberté scénaristique.
Mais après tout… de l’eau, c’est de l’eau, salée ou douce.

Mais revenons à nos meurtres. Popeye s’attèle à cette tâche sans difficulté, dénué de toute humanité. En véritable machine à tuer, il use notamment de chaînes et d’ancre de bateau (ça coule de source) pour trancher la gorge de ses victimes. Stratagème qu’il utilise à plusieurs reprises. Ce qui peut au début être lassant. Mais le gaillard utilise également sa force naturelle (ou peut-être surnaturelle) pour commettre des atrocités hors du commun et très originales par moments, il faut le reconnaître.

N’oublions pas que Popeye est un sacré bagarreur, au fort caractère, ce qui lui donne tout de suite plus de légitimité que Winnie ou Mickey à être le héros de ce genre de film. Les différents personnages sont plutôt plats, il est clair que le scénario s’intéresse surtout à leurs morts. L’acteur qui joue Popeye est assez bien dans son rôle et correspond physiquement au personnage.

Les prises de vue sont assez bonnes, il y a de bien beaux plans même s’il y a là un manque prononcé d’originalité. Les effets passent plutôt bien. Certains un peu moins. D’une manière générale, ce qui pêche, c’est le scénario assez bancal, peu inspiré malgré les bonnes intentions. Tout cela pour une fin un peu abrupte. Mais dans ce genre de film, l’horreur efface souvent le scénario. On apprécie le geste de l’apparition au casting d’un autre personnage des aventures de Popeye, mais ça manque clairement de références. Où sont les épinards ? Et le beurre dedans...

En outre, Popeye’s Revenge est un film imparfait, assez gore, avec quelques bonnes idées, mais qui est très loin de révolutionner le genre.
Ça ne vous dit rien ? Il y a toujours le film live-action Disney de 1980 avec Robin Williams. Sachez aussi qu’un autre film live non horrifique de Popeye est actuellement en préparation.

Plongée en domaine public

Première apparition de Popeye en BD, alors personnage secondaire de Thimble Theatre.
Le projet de film d’animation en 3D, encore dans les abysses de Sony.
© Sony.

On doit ce film avant tout au réalisateur William Stead, d’après un scénario de Harry Boxley. Le tout produit par ITN Studios. Il ne serait rien sans l’initiative de E. C. Segar de créer le personnage de Popeye en 1929. Mais un autre tiers, et pas des moindres, est à l’origine de ce métrage. Et son petit nom est “domaine public”. Tout récemment, les comics de Popeye sont tombés dans ce fameux domaine public aux États-Unis. Car comme le veut la législation en place, les œuvres de 1929 à 1978 bénéficient d’une protection de 95 ans à partir de leur première publication. Le film sortant en ce début d’année tombe donc à point nommé. Si les adaptations audiovisuelles de bandes dessinées font bien souvent débat, c’est encore plus le cas quand on passe de la jeunesse à l’horreur.

Une tendance popularisée en partie par Winnie l’Ourson : Sang et Miel, sortie en 2023.
Depuis, moult œuvres pour enfants, tels que Peter Pan ou encore Mickey Mouse, ont eu droit à leur détournement horrifique. Bien souvent, il s’agit de “slasher”, un type de film d’horreur qui met en avant une figure de tueur en série et ses multiples meurtres méthodiques, souvent au détriment du scénario.

Si Popeye comptabilise déjà trois films d’horreur depuis son arrivée dans le domaine public, il est plus dur de compter ceux dédiés au petit protégé de Walt Disney…
Malsain, immoral, bon délire, un hommage comme un autre… Chacun se fera son idée sur cette tendance en expansion.

Par Rémi BARNAULT

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN :

Popeye’s Revenge écrit par Harry Boxley et réalisé par William Stead pour ITN Studios. Sortie le 13 février 2025.

✏️ E. C. Segar adulte Horreur
 
Participez à la discussion
1 Message :
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Rémi BARNAULT  
A LIRE AUSSI  
Écrans