Excellent
12 mai 2025
Ce recueil d’histoires courtes nous laisse souvent sur notre faim, et c’est justement le but. Ici, pas de réponses toutes faites : l’horreur se glisse dans les interstices de notre imagination. C’est cette part d’interprétation qui fait la force du manga : chaque lecteur peut en ressortir avec sa propre conclusion, constamment poussé vers l’inconnu, vers l’horrifique.
Pourtant, il faut l’avouer, certaines fins sont un brin prévisible, comme un spectateur de Black Mirror qui connaît déjà la direction sombre du prochain virage. Mais cela n’enlève rien à l’intensité des récits : ça reste du Junji Itō, et l’homme sait toujours comment nous faire serrer les dents. Je pense notamment à un chapitre qui arrive assez rapidement dans le manga -celui du mannequin- et qui joue avec cette pression constante, un mannequin aux particularités physiques presque monstrueuses dont on arrive pas à cerner les réelles intentions ? Tout l’art de l’auteur est dans cette part d’ambiguité.
Et le dessin dans tout ça ? Évidemment, c’est du grand Itō. On commence avec des scènes sereines, presque anodines, avant que l’horreur ne surgisse, nous rappelant brutalement pourquoi on a laissé la lumière du couloir allumée. Ses planches sont des cauchemars de poche, des visions que l’on feuillette avec précaution.
Alors, si vous hésitez encore à plonger dans l’univers de Junji Itō, Dans l’Ombre est un excellent point d’entrée. Préparez-vous à frissonner, et surtout à en redemander. Parce qu’une fois qu’on a goûté à l’angoisse façon Itō, on a rarement envie de faire marche arrière.
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