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C’est un produit de sa génération. Olivier Pont, né au Blanc-Mesnil en 1969, se forme à l’école des Gobelins avant de débuter dans l’animation, notamment au sein du studio londonien Amblimation. Il participe entre autres à Fievel au Far West (1991) ou encore à We’re Back ! : A Dinosaur’s Story (1993).
Balançant entre le 7e et le 9e Art, comme avant lui René Goscinny, Gérard Lauzier, Enki Bilal ou Joann Sfar, il débute dans la bande dessinée aux côtés de son ami d’enfance Georges Abolin (qui a lui aussi sacrée carrière cinématographique) avec qui il crée Kucek (trois tomes entre 1993 et 1996 chez Vents d’Ouest). Le duo enchaîne avec une suite d’albums croquignolesques chez le même éditeur : Totale Maîtrise en 2001. Il faut bien bouffer…
Là où Olivier Pont s’impose, c’est en 2004 avec Où le regard ne porte pas... (Dargaud), un diptyque dont l’histoire se situe dans l’Italie des années 1900, entre chronique sociale et drame, salué par la critique et le public, et notamment couronné par le Grand Prix RTL en France et le prix Saint-Michel en Belgique.
Passé ce point d’orgue, Olivier Pont décide à se consacrer à la réalisation : des courts métrages (La Petite flamme et Manon sur le bitume, en 2005) et l’écriture de feuilletons sur la série Ainsi soit-il pour Arte (2012). Il revient à la BD par nécessité en 2015 avec DesSeins, un joli recueil de récits courts en hommage à la féminité puis, en 2018, avec Bouts d’ficelles, une chronique contemporaine tendre et drôle.
À partir de 2019, c’est la série Un Putain de salopard (Ed. Rue de Sèvres), avec Régis Loisel au scénario, qui mêle aventure poisseuse dans la jungle amazonienne et relations familiales complexes. Un travail complice où chacun des deux auteurs s’appuie sans ego sur les compétences de l’autre. La série (quatre tomes parus) est un succès.
Les planches exposées à la Galerie Maghen reprennent essentiellement ces deux œuvres conçues à dix ans de distance. Un trait net au pinceau, particulièrement habile, sans aucune faute de dessin. C’est que, dessinateur puissant (moins démonstratif que Loisel cependant), Olivier Pont est un encreur de génie, sans doute l’un des meilleurs de l’époque. Son œuvre est peu abondante, mais impeccable. À découvrir, vraiment.
Voir en ligne : LE SITE DE LA GALERIE DANIEL MAGHEN
Par Didier PASAMONIK
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Exposition Olivier Pont
Galerie Daniel Maghen
36 rue du Louvre, Paris 1er
du 25 juin au 17 juillet 2025
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