MARCHÉ : Nicolas Cartelet (Ed. La Musardine) : « Nous ne sommes plus aujourd’hui dans l’âge d’or de la BD érotique »

Par Didier PASAMONIK Kelian NGUYEN 18 février 2025 
Dans les années 1990, Claude Bard avait créé le label de littérature érotique Media1000 pour le groupe Hachette. À partir de 1994, cette entité devenant indépendante, Claude Bard créa les éditions de la Musardine dans le cadre d’une librairie située au 122 de la rue du Chemin-Vert dans le onzième arrondissement de Paris. Très tôt, la maison publie des bandes dessinées sous le label Dynamite en 2002. Devenue une SCOP en 2021 à la suite du rachat des part du fondateur Claude Bard, la maison publie chaque année des bandes dessinées érotiques que ce soit en numérique sur leur site ou en volumes en librairie. Nous avons rencontré son éditeur, Nicolas Carteret qui nous fait un point sur le marché de la BD érotique en France.

Longtemps, les œuvres érotiques publiées étaient des traductions. Les États-Unis, L’Italie et l’Espagne (avec les éditions de la Cupula) en étaient les principaux pourvoyeurs. Mais depuis, La Musardine notamment, avec sa collection Dynamite, fait des créations. La collection a longtemps été dirigée par Bernard Joubert, puis par Christian Marmonnier. Elle est assurée aujourd’hui par Nicolas Cartelet.

La BD érotique a eu ses belles heures dans les années 1980 à 2000. Mais, depuis le début du siècle, son empire s’est restreint. Deux raisons à cela : avec l’arrivée de l’Internet, l’érotisme se consomme davantage sur les écrans ; l’autre raison, c’est que la société française est devenue plus puritaine et que des grandes enseignes ont décidé, souvent suite à l’action de groupes de pression conservateurs, de retirer ce genre de produits de leur offre. La Musardine y a répondu en créant sa propre boutique de vente, mais aussi un réseau de 200 boutiques en ligne, Amazon compris.

Longtemps, leur production était dédiée à la BD occidentale. Mais depuis 2010, Dynamite s’est ouvert aux mangas, avec succès. La production est d’une quinzaine de titres et entre 5 et 10 mangas par an.

Les mœurs évoluent-elles cependant ? Oui, répond Cartelet : « Au festival d’Angoulême, où Dynamite tient un stand comme tous les ans depuis quinze ans, je suis assez frappé de voir de plus en plus, notamment de femmes et de couples sur notre stand, et notamment de femmes qui sont en recherche d’une façon parfois un peu différente d’envisager l’érotisme. Quand je dis différente, on pourrait avoir tendance à tomber un peu dans le cliché : « Les femmes veulent du soft, Les hommes du hard… » Ce n’est pas ça du tout ! C’est juste un regard différent…  » Le fait qu’il y ait de plus en plus de dessinatrices faisant des BD érotiques fait partie de cette évolution.

C’est de cela et de bien de choses encore dont on parle dans ce podcast.

Par Didier PASAMONIK Kelian NGUYEN

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