Stripschrift (littéralement : Les Cahiers de la BD) est le premier magazine de ce type en Hollande, créé en février 1968. C’est au départ l’organe de liaison d’un club, Het Stripschap (traduction : L’Association de la BD) fondé en 1967, lequel décerne chaque année les Stripschapprijzen (prix Stripschap), bien avant les Prix d’Angoulême ou les Eisner Awards de San Diego, c’est la plus haute distinction pour la BD en Hollande.
Le 500e numéro de ce qui constitue la plus ancienne revue de référence sur la BD encore en activité vient de paraître. Vous imaginez, une revue qui a connu de leur vivant et interviewé Hergé, André Franquin, Willy Vandersteen, René Goscinny et Albert Uderzo, Carl Barks, Edgar P. Jacobs, Hugo Pratt, Will Eisner, Jean Giraud/Moebius, Yves Chaland... ? Qui a interviewé Hergé et Morris en néerlandais dans le texte ?
Qui nous a fait connaître les grands classiques hollandais comme Marten Toonder, Hans Kresse ou Hanco Kolk ? Qui a vu éclore les talents de Willem, de Joost Swarte, de Theo van Den Boogaard, de Peter Van Dongen et bien d’autres ? La revue Stripschrift, pilotée par Arco van Os puis par Rik Sanders après la disparition de ce dernier en 2020 est une source de référence inouïe pour les chercheurs de bande dessinée. Stripschrift paraît désormais huit fois par an, publié par la fondation (maison d’édition Stripstift) à mille exemplaires. Qui dit mieux ?
Le 16 août dernier, un copieux 500e numéro-anniversaire a été présenté au public. Son sommaire comprend un bilan de la bande dessinée néerlandaise actuelle. Un instantané qui ressemble à celui de la France : problèmes de distribution, la précarité des librairies spécialisées, l’impact de l’IA sur la création, le passage au numérique, etc. Et bien sûr l’actualité du moment.
Mais ce qui fait le prix de ce numéro, ce sont les témoignages des compagnons de route de la revue comme le chroniqueur Ben Bits et surtout les hommages de dessinateurs comme Dick Matena, Martin Lodewijk, Robert van der Kroft, Romano Molenaar, Pieter Geenen, Jesse van Muylwijck, Paul Teng, Thé Tjong-Khing ou Peter de Wit, tandis que la couverture est signée Erwin Suvaal.
Longue vie à Stripschrift !
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Par Didier PASAMONIK
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On peut commander Stripschrift n°500 et d’autres sur le site du magazine : www.stripschrift.nl.