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Les expos du 41e bd BOUM

Par Kelian NGUYEN Romain GARNIER 23 novembre 2024 
La 41e édition du festival BD BOUM a ouvert ses portes et offre aux visiteurs un joli programme avec des rencontres, des conférences et bien d’autres activités. Nous vous proposons un tour rapide des expositions proposées, tout en vous laissant le plaisir de les découvrir par vous-même !

Dans l’entrée de la Halle aux grains, le festival fait un affront à la bande dessinée avec un focus sur les Drôles de petites bêtes. Les petits animaux de la prairie, illustrés par Antoon Krings, occupent une place prépondérante dans ce 41e BD Boum. Pour accompagner les originaux de l’auteur, le festival a reconstitué une ambiance bucolique avec des structures en bois, des nichoirs et autres hôtels à insectes. Ces petits animaux mignons soufflent cette année leur trentième bougie. Ils ont passé 30 ans à bercer les soirées enchantées de petits et grands, dans un univers mignon, coloré et attrayant. D’ailleurs, les installations placées un peu haut peuvent cacher quelques merveilles, quand on retrouve notre taille de jeune moustique.

Cette année, ce n’est pas deux mais trois espaces d’exposition qui sont proposés au premier étage de la Halle aux grains.

Comme à son habitude, le festival met le focus sur l’ensemble de la carrière d’un auteur ou d’une autrice. Cette année, outre la monographie sur le grand Boum 2023 David Prudhomme, la halle consacre une rétrospective à l’auteur Belge Olivier Grenson, signataire du Partage des Mondes (Le Lombard) cette année. Les visiteurs peuvent découvrir une sélection de planches originales retraçant toute sa carrière. Des séries fantastiques aux récits historiques, le dessinateur réaliste propose des couvertures originales à la gouache dans la plus pure tradition de la bande dessinée franco-belge et des planches encrées aux crayons.

Une autrice est mise à l’honneur : une jeune Mathilde Paix, lauréate du prix La Saif 2023 pour Mounta Calà. L’univers faussement naïf et très coloré de l’autrice bénéficie d’un accrochage particulièrement soigné, pour une exposition de premier étage. Avec des planches parfois décriées pour leur simplicité de scénographie, Mounta Calà dépoussière le genre. Structure 3D cimaises peinte, la jeune lauréate profite de sa carte blanche pour embarquer les visiteurs dans son univers.

Enfin, le premier étage de la halle accueille, dans un troisième espace, une activité interactive : l’escape game Les Enfants de la Résistance. Imaginé initialement pour le festival de la bande dessinée de Bruxelles, l’aventure familiale pose ses valises à Blois. Plongez dans la série créée par Vincent Dugomier et Benoit Ers chez le Lombard, pour aider un aviateur britannique à se cacher de l’autre côté de la Manche. L’aventure ne dure qu’une dizaine de minutes, les énigmes relèvent d’une suite de connexions logiques à la difficulté taillée pour un public jeunesse.

Dans le fond de la bibliothèque Abbé Grégoire, au rayon jeunesse se dresse un saloon. Vestige du Big Dust, le chariot de Léonie Bischoff, assiégé de dindes ouvre le chemin vers Jefferson City. La Longue Marche des dindes, adapté du roman de Kathleen Karr, récompensé au FIBD, mais surtout par le Prix ligue de l’enseignement jeune public 2023 est l’exposition consacrée à la jeunesse pour cette édition. Pour accompagner les originaux de l’illustratrice, les équipes de bd Boum on fait un effort tout particulier sur une scénographie immersive, interactive et éducative visant à mettre en valeur le livre, la lecture et donc la bande dessinée. Coloriage, tableau noir, jeu de bonneteau, lecture, mathématiques et jeux d’argent sont côte-à-côte dans un décor de cinéma.

Do It Yourself ! : Panorama des fanzines francophones de BD (1964-2024)

Le fanzine innerve la création en bande dessinée depuis bientôt un siècle, son acte de naissance étant établi aux Etats-Unis. Le mot est issu de la contraction de l’appellation en langue anglaise : « Fanatic Magazine ». Cette pratique, toujours animée par des passionnés, est associée dans les esprits à une liberté créative que n’offre pas les structures éditoriales classiques et à une fabrication artisanale incarnée par le slogan « Do it yourself ! ».

La création francophone est ici le sujet de l’exposition dans un espace géographique qui comprend la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Nombreux sont les auteurs et les autrices, les éditeurs et les éditrices a avoir initié leur carrière dans leur 9ème art par le biais du fanzinat. Ainsi, Olivier Bron et Simon Liberman, les éditeurs et fondateurs des éditions 2024, ont pratiqué le fanzine durant leurs études, et Olivier Bron continue encore aujourd’hui d’en créer. Léa Murawiec, désormais connue comme l’autrice à succès de Le Grand Vide, a participé et continue d’intégrer le fanzine Flutiste des éditions éponymes.

Ce terrain d’expérience graphique qu’est le fanzine est récompensé chaque année au Festival d’Angoulême, tandis que les éditions PLG, spécialisées dans l’analyse du 9ème art, sont issues du milieu du fanzinat avec un trimestriel connu sous le nom de PLGPPUR. En d’autres termes : « Plein la gueule pour pas un rond ». Tout l’esprit de ce format et de cette pratique sont ainsi parfaitement résumés.

L’exposition, très intéressante, montre un florilège de couvertures de fanzines où la créativité est tout à fait fascinante. L’espace permet de s’interroger sur la forme (impression offset, sérigraphique, choix du papier, noir et blanc, agrafage…) les thèmes abordés (contre-culture, politique, défense d’une vision de la bande dessinée), et remet en perspective la participation féminine ancienne à cette pratique. Le rendez-vous vous est donné avec Sortez la chienne (1987), Lard-frit (1982), Swof (1995), Reptile (1996), C’est la der (2001) ou Krapaud baveux (1977). Bienvenue au royaume des fanzineux !

Anita Conti, la dame de la mer

Le festival rend hommage au travail remarquable de Catel et José-Louis Bocquet avec leur dernière publication intitulée sobrement Anita Conti (Casterman). Après avoir accompagné par leurs ouvrages la popularisation de figures féminines comme Olympe de Gouges, Joséphine Baker et Alice Guy, les auteurs sortent de l’injuste oubli collectif cette figure de la mer que certains perçoivent comme le pendant féminin du commandant Cousteau.

Avec une interview d’Anita Conti, les planches originales sont mises en regard de photographies de cette aventurière des mers, défenseuse de la faune et de la flore marines, ainsi que des propos des auteurs. « J’ai eu la chance de disposer de beaucoup de photos notamment fournies par Laurent Girault-Conti. Je voulais qu’on retrouve ses yeux pétillants, son sourire jovial. J’ai énormément étudié ses vêtements, ses moyens de transports... J’avais besoin d’intégrer de vrais détails, ses appareils photos, son sextant, ses cartes de pêche, ses filets... » (Catel). Passionnant !

Par Kelian NGUYEN Romain GARNIER

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Code EAN :
France Bruxelles Le Tour du monde des festivals BD Boum (Festival de Blois)
 
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2 Messages :
  • Les expos du 41e bd BOUM
    23 novembre 2024 18:35, par Gina Vanilla

    Je n’irai pas, c’est trop loin de Paris, dommage pour David Prudhomme que j’apprécie !
    Mais je serai sans doute au salon SOBD le weekend prochain à Paris !

    Répondre à ce message

    • Répondu le 24 novembre 2024 à  01:35 :

      Trop loin de Paris ? C’est 4 fois plus près qu’Angoulême. Et c’est une fois de plus un très beau festival, comme chaque année.

      Répondre à ce message

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