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Les Fiancés de l’ère Taisho, T. 1 - Par Suzu Kayukawa - Ed. Véga

Par Gaëlle BEDIS Favori de la rédaction 21 avril 2026 
La collection Alpha des éditions Vega, spécialisée dans les mangas atypiques, continue d'enrichir son catalogue en 2026 avec la romance historique Les fiancés de l'ère Taisho et nous permet, par la même occasion, de découvrir l'excellent travail scénaristique et artistique du mangaka Suzu Kayukawa, seul aux manettes de cette série prépubliée depuis 2024 sur le site Morning Two Web des éditions Kodansha. Cette pépite graphique, à découvrir absolument, nous emmène dans la vie conjugale de Fuki et Yûgo, deux jeunes Japonais aux statuts opposés, qui se retrouvent mari et femme par un concours de circonstances en partie provoqué par le jeune homme, à une époque où le mariage est dicté par les conventions sociales.

Japon, 1921. Employée comme domestique dans la famille Tachibana depuis son enfance, Fuki, 24 ans, est une jeune femme pleine de ressources, qui reste forte, digne et souriante malgré les obstacles rencontrés au cours de sa courte vie.

Lorsque ses fiançailles sont rompues à la suite de la mort de son père, qui s’avère criblé de dettes, elle refuse que la famille pour laquelle elle travaille solde son crédit, préférant continuer à travailler pour eux et économiser par tous les moyens sur ses gages afin de rembourser ce qu’elle doit.

Les Fiancés de l'ère Taisho, T. 1 - Par Suzu Kayukawa - Ed. Véga
Les fiancés de l’ère Taicho, T. 1 - Extrait 1 : le retour de Yûgo
© Suzu Kayukawa - © Vega

C’est dans ce contexte que Yûgo, fils de la famille Tachibana âgé de 18 ans, revient à la capitale pour ses études. Amoureux de Fuki depuis sa plus tendre enfance, celle-ci s’étant occupée de lui jusqu’à ce qu’il parte chez son oncle, il la demande en mariage dès qu’il apprend qu’elle est libre, prétextant que son oncle lui a ordonné de trouver une épouse répondant à des critères bien spécifiques qu’elle seule peut remplir. La connaissant bien, les parents donnent leur accord.

Les fiancés de l’ère Taicho, T. 1 - Extrait 2 : dans la chambre de Yûgo
© Suzu Kayukawa - © Vega

Commence alors une vie conjugale inattendue entre deux jeunes gens d’âges et de statuts sociaux très différents, dans un Japon encore fortement corseté socialement et où le mariage est dicté par les conventions sociales.

Les fiancés de l’ère Taicho, T. 1 - Extrait 3 : "Epouse-moi"
© Suzu Kayukawa - © Vega

La première œuvre de Suzu Kayukawa traduite en France est, à ce jour, probablement la plus classique de toutes celles inscrites au catalogue de l’atypique collection Alpha de Vega, consacrée aux artbooks, aux créations japonaises et aux œuvres d’auteurs singuliers.

En effet, le premier tome des Fiancés de l’ère Taisho navigue, sur le plan scénaristique, entre romance historique et manga tranche de vie, loin du fantastico-cynique Samura d’Oku, des monstres de Superbeasts ou encore de l’univers furry de Suzuka Morino.

Très douce et portée par un couple de héros immédiatement attachants, cette nouvelle série a tout pour séduire un large public, avec des situations simples mais qui correspondent à une réalité que tout couple peut vivre. S’installer, partager un lit pour la première fois, manger ensemble, faire les courses au marché : tous ces moments et quelques autres sont ainsi décrits avec sensibilité, douceur et une pointe d’humour qui permet de dédramatiser légèrement les problématiques sociales présentes en filigrane pour l’instant.

Les fiancés de l’ère Taicho, T. 1 - Extrait 4 : premiers moments de vie à deux
© Suzu Kayukawa - © Vega

En effet, le questionnement sur la différence de statut entre Fuki, domestique peu éduquée, et Yûgo, fils de bonne famille destiné à reprendre l’affaire florissante de son oncle, n’est pas vraiment au centre de ce premier tome, qui s’attarde davantage sur les moments de la vie de couple. De même, la différence d’âge ne semble pas être encore un sujet de préoccupation majeure, même si l’on commence à percevoir les prémices du poids des conventions sociales lors de la scène du marché.

Fuki et Yûgo sont à la fois drôles, sérieux et attachants. Bien qu’elle soit la plus âgée, Fuki fait preuve d’une naïveté parfois confondante, sans pour autant être une romantique patentée comme on peut en croiser parfois dans les shojo. Les pieds sur terre, elle mène sa barque quelle que soit la situation et s’adapte à sa nouvelle vie de femme mariée comme elle s’est adaptée aux précédentes, même si elle ne voit pas encore toutes les implications que cela a d’épouser un homme d’un rang supérieur au sien. Elle commence également à ressentir les premiers émois d’une relation amoureuse naissante, sans trop savoir comment y faire face, et ses réactions la rendent encore plus attachante.

Les fiancés de l’ère Taicho, T. 1 - Extrait 5 : les surnoms
© Suzu Kayukawa - © Vega

Yûgo est celui qui reste le plus mystérieux à l’issue du premier tome : contrairement à la très terre à terre et spontanée Fuki, il est davantage sur la réserve, avec un tempérament froid et distant. Bien qu’il soit très amoureux de Fuki et prêt à attendre qu’elle tombe aussi amoureuse de lui, sa façon de réagir semble parfois égoïste, notamment lorsqu’il lui demande de l’épouser. Sa ligne de dialogue ressemble plus à un ordre qu’à une demande véritable sans la jolie scène qui enrobe le tout ! Cependant, sa franchise, son honnêteté et la droiture de ses sentiments rattrapent ce défaut, sans oublier que le contexte social joue aussi.

Le classement dans la collection Alpha permet enfin d’offrir un écrin d’une qualité indéniable aux dessins de Suzu Kayukawa, tous d’une finesse et d’une délicatesse incroyables. La capacité du mangaka à alterner entre visages réalistes et naïfs est confondante, car les deux sont toujours réussis sans jamais forcer le trait ni sombrer dans la caricature.

Une sensation de clarté, de netteté et de pureté se dégage de chaque planche grâce à un encrage fin et à des nuances de gris subtilement nuancées. Le format 15 x 21 cm permet aux dessins de prendre tout l’espace nécessaire pour que l’œil du lectorat puisse les admirer sans retenue et s’attarder sur les petits détails disséminés un peu partout.

Petit bijou graphique et scénaristique, le premier tome des Fiancés de l’ère Taisho offre donc une romance douce sur fonds de Japon historique, très éloignée des mièvreries de certains shojos mais qui n’a pas encore pleinement exploité son potentiel. Avec quatre tomes déjà parus au Japon et un deuxième annoncé chez Véga pour le 26 Juin, il y a fort à parier que cela sera bientôt corrigé !

Par Gaëlle BEDIS

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Code EAN : 9782808702096

Les fiancés de l’ère Taïsho, T. 1 - Paru le 06/03/2026

Les fiancés de l’ère Taicho Vega ✏️ Suzu Kayukawa Histoire Romance
 
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