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Le Choc des Tyrans T. 1 /3 - Par Michaël Prazan et Gabriel Andrade - Ed. Glénat

Par Romain BLANDRE Favori de la rédaction 30 mai 2026 
Beaucoup de comparaisons sont faites entre Hitler et Staline. Ceux qui les réalisent le font en général dans le but d’établir une compétition malsaine entre les deux dictateurs et alimentent ainsi le débat pour savoir lequel a été le pire des criminels. On met alors en avant le nombre de morts qu’ils auraient provoqués l’un et l’autre, ou encore le fait qu’on accepterait plus un extrémisme communiste (dans la mesure ou le parti existe légalement dans de nombreux pays), alors qu’on s’insurge contre le nazisme. Le Choc des Tyrans proposé ici par le documentariste Michaël Prazan et le dessinateur Gabriel Andrade aborde la confrontation entre les deux hommes et les deux systèmes d’une manière différent et plutôt enrichissante.

Le parti-pris des deux auteurs vise à définir les points communs et les différences dans leur idéologie, leur personnalité et dans les actes qu’ils ont commis. L’objectif n’est pas de savoir qui a commis le plus d’horreurs, mais de montrer, à travers ces deux existences parallèles, des mécanismes qui ont mené au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et à l’établissement des dictatures en URSS et en Allemagne. Ce premier tome montre également le processus qui a mené à Barbarossa, l’invasion de l’URSS par les troupes nazies, alors qu’un pacte de non-agression avait été signé entre Molotov et Ribbentrop.

Les auteurs comparent la jeunesse des deux dictateurs et mettent en lumière le rôle de leur mère respective. Ils montrent aussi comment ils ont accédé et confisqué le pouvoir, l’un dans une certaine légalité, l’autre en détournant le testament politique de son prédécesseur. L’installation de leurs proches à des postes-clefs, ainsi que l’épuration du parti sont aussi des points communs entre les deux hommes. La Nuit des longs couteaux pendant laquelle les SS massacrent les SA et leur chef est un épisode particulièrement marquant de ce premier tome.

Les personnalités des deux hommes sont également dévoilées parfois jusque dans des moments intimes. Il serait à ce titre intéressant de connaitre les sources des récits proposés par les auteurs. On voit Staline jardiner tout en ordonnant l’assassinat de son propre ambassadeur ou Hitler réveiller Speer, son architecte, afin de lui ordonner de concevoir des constructions plus majestueuses que celles entreprises par son concurrent soviétique. Les sentiments pour deux personnages féminins sont aussi dévoilés, deux femmes qui ont pour étrange point commun de s’être toutes les deux suicidées.

Une part importante de la BD est également consacrée à l’antisémitisme idéologique d’Hitler. Elle mène à la déportation alors que l’assassinat en masse semble se dessiner doucement à l’issue de ce premier tome. L’antisémitisme de Staline est décrit comme étant plus pragmatique dans la mesure où ce dernier déporte vers les territoires contrôlés par les nazis des centaines de Juifs communistes allemands qui avaient fui la dictature.

Quant au coté graphique, c’est une belle réussite tant les personnages, les évènements et les lieux sont représentés de façon très réaliste. On reconnait parfaitement les figures les plus célèbres des milieux nazi et soviétique, et c’est tellement rare qu’il est important de le signaler. On attend avec impatience la suite de cette série qui réalise avec audace et réussite un parallèle entre deux tyrans.

Par Romain BLANDRE

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Code EAN : 9782344062364
Glénat ✍ Michael Prazan ✏️ Gabriel Andrade à partir de 13 ans
 
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7 Messages :
  • Un très beau travail que voici, et un grand merci à ces deux auteurs. Ce travail de mémoire est indispensable, et permet aussi, selon moi, de rappeler quelque chose d’essentiel : comme vous l’avez dit, comparez le nazisme et le communisme pour savoir qui est le pire n’a pas beaucoup de sens, et c’est assez macabre quand on prend du recul. De mon point vue, ils ne valent pas mieux l’un que l’autre, et Hitler et Staline étaient tous aussi monstrueux.
    J’ai quand même parfois l’impression que nous sommes trop prompts à absoudre le communisme de ces crimes, donc remettre l’église au milieu du village est une très bonne chose -après tout, il existe encore des pays qui continuent à subir le joug du communisme : Corée du Nord, Chine, Cuba, Venezuela, Turkménistan... Alors que, sauf erreur de ma part, il n’y a plus un seul régime de type national socialiste dans le monde aujourd’hui.

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    • Répondu le 31 mai à  08:56 :

      J’aime beaucoup le « sauf erreur de ma part ». Il vaut mieux rester prudent en effet.

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    • Répondu par Sergio Salma le 31 mai à  11:08 :

      Monsieur Gauthier votre clairvoyance est merveilleuse. J’espère qu’il est dit quelque part dans le livre que ce n’est pas Staline qui a inventé le communisme.

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      • Répondu par Xav le 31 mai à  23:02 :

        En effet, Staline qui a dévoyé le communisme, qui est une idée merveilleuse et toujours d’actualité.

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        • Répondu le 2 juin à  07:35 :

          Une idée merveilleuse à condition de renoncer à la liberté individuelle et de fermer les yeux sur les massacres qui ont commencé même avant Staline.

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        • Répondu le 2 juin à  18:02 :

          Le libéralisme aussi c’est une belle idée sur le papier. Le problème des théories économiques, c’est qu’elles sont inapplicables telles quelles dans la réalité, sauf à créer énormément d’inégalités pour l’une, et à restreindre énormément les libertés pour l’autre.

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          • Répondu le 2 juin à  23:01 :

            Le Libéralisme, comme le Communisme, sont des théories bien trop radicales pour être mises en pratiques telles quelles. On peut parler d’utopies. En revanche, le Keynésianisme a bien souvent fonctionné dans l’Histoire, et n’a causé ni massacres, ni grandes inégalités, bien au contraire. Il a sans doute encore un grand avenir.

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