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Favori de la rédaction
30 mai 2026
Le parti-pris des deux auteurs vise à définir les points communs et les différences dans leur idéologie, leur personnalité et dans les actes qu’ils ont commis. L’objectif n’est pas de savoir qui a commis le plus d’horreurs, mais de montrer, à travers ces deux existences parallèles, des mécanismes qui ont mené au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et à l’établissement des dictatures en URSS et en Allemagne. Ce premier tome montre également le processus qui a mené à Barbarossa, l’invasion de l’URSS par les troupes nazies, alors qu’un pacte de non-agression avait été signé entre Molotov et Ribbentrop.
Les auteurs comparent la jeunesse des deux dictateurs et mettent en lumière le rôle de leur mère respective. Ils montrent aussi comment ils ont accédé et confisqué le pouvoir, l’un dans une certaine légalité, l’autre en détournant le testament politique de son prédécesseur. L’installation de leurs proches à des postes-clefs, ainsi que l’épuration du parti sont aussi des points communs entre les deux hommes. La Nuit des longs couteaux pendant laquelle les SS massacrent les SA et leur chef est un épisode particulièrement marquant de ce premier tome.
Les personnalités des deux hommes sont également dévoilées parfois jusque dans des moments intimes. Il serait à ce titre intéressant de connaitre les sources des récits proposés par les auteurs. On voit Staline jardiner tout en ordonnant l’assassinat de son propre ambassadeur ou Hitler réveiller Speer, son architecte, afin de lui ordonner de concevoir des constructions plus majestueuses que celles entreprises par son concurrent soviétique. Les sentiments pour deux personnages féminins sont aussi dévoilés, deux femmes qui ont pour étrange point commun de s’être toutes les deux suicidées.
Une part importante de la BD est également consacrée à l’antisémitisme idéologique d’Hitler. Elle mène à la déportation alors que l’assassinat en masse semble se dessiner doucement à l’issue de ce premier tome. L’antisémitisme de Staline est décrit comme étant plus pragmatique dans la mesure où ce dernier déporte vers les territoires contrôlés par les nazis des centaines de Juifs communistes allemands qui avaient fui la dictature.
Quant au coté graphique, c’est une belle réussite tant les personnages, les évènements et les lieux sont représentés de façon très réaliste. On reconnait parfaitement les figures les plus célèbres des milieux nazi et soviétique, et c’est tellement rare qu’il est important de le signaler. On attend avec impatience la suite de cette série qui réalise avec audace et réussite un parallèle entre deux tyrans.
Par Romain BLANDRE
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