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Bon
11 septembre 2026
Moyen Âge. Jehan est chevalier, un peu malgré lui. En ces temps-là, la lignée déterminait plus que jamais le destin de chacun. Il n’avait donc d’autre choix que d’embrasser le métier des armes, à l’image de son père, le grand-duc, et de son propre père avant lui. Or, au plus profond de son cœur, Jehan est avant tout un poète, avec toute la sensibilité qui l’accompagne. Ce qui, dans l’idée, ne se marie pas vraiment avec la rudesse des combats. Le jeune homme est un gringalet qui ne semble posséder le moindre muscle. Ainsi, son imposante armure, pourtant censée le protéger, lui pèse davantage qu’elle ne lui sert. Sa rencontre avec Marion, une forgeronne spécialisée dans la réparation d’armures, va donner un nouveau tournant à sa vie.
La plume et l’enclume se présente comme un petit conte initiatique sur l’affranchissement. Une aventure qui privilégie le poids des mots, la défense et la stratégie, plutôt que l’attaque brutale et sanguinaire. Au détour de la confrontation avec le terrible chevalier noir, on découvre que ce n’est pas l’habit qui fait le moine, ou, plus précisément, pas toujours l’armure et la carrure qui font le chevalier. Une histoire assez légère, dont le principal intérêt réside dans ses dialogues fleuris, propres à la poésie et autres envolées lyriques, et son message positif. Un récit qui ne manque pas de faire quelques clins d’œil à l’illustre Cyrano, tout en restant parfaitement accessible pour les plus jeunes, qui constituent le public cible de l’album. Qui a dit que la BD jeunesse ne pouvait aligner que trois mots de vocabulaire ?
Le format de l’album, assez petit, facilite également sa prise en main pour les petites mains, dans la lignée de Mortelle Adèle. La modernité se retrouve aussi dans la mise en page, qui s’affranchit complètement du traditionnel gaufrier. Les cases sont ainsi mises au rebut, tout en conservant un enchaînement des plans très varié, tandis que les bulles, symbole suprême du 9e art, restent omniprésentes. Du côté des illustrations, le style accompagne le propos, avec souplesse et dynamisme.
En outre, La plume et l’enclume constitue une lecture très rapide et assez plaisante. L’histoire est augmentée d’un petit dossier racontant les coulisses de la création, couramment appelé making of. On y découvre brièvement la construction du scénario d’une planche de BD, mais surtout le travail autour du dessin, les grandes étapes et les choix effectués pour les personnages, ainsi que tout ce qui a finalement été mis de côté. On regrettera toutefois l’absence de la présentation d’une étape non négligeable : la mise en couleur.
Par Rémi BARNAULT
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La plume et l’enclume est en vente aux éditions Frimousse, dans la collection P’tites bulles, pour 12 €.