Souvenez-vous : il y a déjà cinq ans, sortait le film Joker de Todd Philips notamment connu pour la saga Very Bad Trip. En 2019, donc, il s’attaquait en co-écriture avec Scott Silver au Joker, ennemi éternel de Batman. Mais pas l’ombre d’une chauve-souris à l’horizon, le film se voulait comme une Origin Story du clown. Une œuvre à part, hors de l’Univers cinématographique DC. On y découvrait Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), un artiste raté souffrant de troubles mentaux. Le film était centré sur ses mésaventures d’avant qu’il ne devienne le Joker.
Après une série de meurtres, il est arrêté et c’est là que commence Joker Folie à Deux, le film sorti ce 2 octobre en France. Alors qu’il incarcéré à la prison d’Arkham en l’attente de son procès, Arthur y fait la rencontre de Harleen « Lee » Quinzel alias Harley Queen (interprêtée par Lady Gaga), qui lui montre vite son intérêt pour lui.
Ce drame psychologique marque aussi l’apparition d’un autre personnage de l’univers de DC Comics : Harvey Dent (joué par Harry Lawtey), substitut du procureur, qui joue là un rôle secondaire.
La différence notable entre ce deuxième opus et le précédent, c’est qu’il s’agit d’une comédie musicale, ou plutôt d’un drame psychologique musical. Un choix qui peut mener à une réflexion et une interprétation propre à chacun. Comme pour le premier opus, nous nous retrouvons plongés entre réalité et fantasme, entre lucidité et illusion, un dilemme dont la musique peut être la clef (de sol !).
En effet, quand le Joker chante, on peut voir ça comme une forme d’échappatoire du monde réel, une bulle qu’il se crée. Dans certaines scènes, on dirait même que les personnages qui l’entourent ne sont pas au courant qu’il a chanté, comme si c’était juste dans sa tête.
Alors, oui, il faut aimer les comédies musicales pour apprécier un tel spectacle et ici, on peut constater que les chansons ne sont pas du tout là pour combler des trous du scénario : c’est un réel choix artistique dans ce film qui est clairement un film d’auteur et la vision, la vision de Todd Phillips et Scott Silver du Joker vont dans ce sens.
Lady Gaga est ici un très bon choix pour la partie chantée même si au niveau de l’acting, c’est plus sobre. Joaquin Phoenix, lui, fidèle à lui-même nous offre encore une belle interprétation puissante du Joker. Le duo est bien trouvé, harmonieux et beau. C’est en quelque sorte La La Land qui abat son Joker !
Visuellement, le film est magnifique, sombre avec sa part de lumière par moment, gratifiant le spectateur de quelques plans majestueux. Mais si, comme prévu, le film perturbe, sème la confusion, questionne... C’est ce qui fait son charme et ça reste un bon spectacle, en dépit d’un final décevant.
Détail amusant et fait assez rare pour être évoqué : le titre original de ce film américain est en français. En effet, "Folie à deux" est une expression française pour évoquer la psychose partagée dont les symptômes sont des délires, des hallucinations que subissent deux personnes, ou un groupe de personnes. Les personnages de Joker et Harley dans ce film cadrent avec ce diagnostic.
Par Rémi BARNAULT
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