Japon - Belgique : la mine de charbon... et la mine à papier

Par Akira OIKAWA 13 septembre 2025 
À l’extrémité sud-ouest du Japon, sur l’île de Kyûshu, on trouve la province de Fukuoka, à moins de 300 km de la Corée (un Paris-Rennes en gros). Connue pour être l’un des centres industriels de l’archipel, la province fut également l’une des principales sources de charbon de l’ère Meiji. La ville de Tagawa, en plein centre de la province, ne produit aujourd’hui plus de charbon depuis longtemps, mais cet héritage n’est pas oublié pour autant. Durant le mois de septembre 2025, le musée de la mine de Tagawa revisite ce passé à travers les œuvres du Japonais Yamamoto Sakubei, et celles du dessinateur belge Dimitri Piot.

Dimitri Piot n’est pas inconnu au bataillon dans l’industrie de la BD. Nous parlions déjà dans les pages d’ActuaBD de sa collaboration avec Jacques Martin, le créateur d’Alix, ainsi que de son livre Koryu d’Edo. Cet artiste belge a depuis longtemps admiré le Japon, allant jusqu’à rendre hommage aux estampes Ukiyo-e dans son livre ! En 2025, après deux ans de préparation, il s’expose au musée de la mine de Tagawa, en conversation avec l’artiste Yamamoto Sakubei. Ce dernier, ancien mineur devenu peintre, a été le premier artiste japonais dont les œuvres ont été inscrites en 2011 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Japon - Belgique : la mine de charbon... et la mine à papier
Koryu d’Edo, le livre de Dimitri Piot, au format carré
© Glénat

Dans l’exposition, intitulée « La Relation invisible », les créations de Yamamoto Sakubei dialoguent avec celles de Dimitri Piot, établissant un parallèle entre les deux cultures. En effet, l’industrie minière de Tagawa n’est pas sans rappeler la Wallonie belge, qui fut l’un des centres industriels de l’Europe du XXe siècle. De toute évidence, l’exposition met en avant la mémoire partagée d’un métier aujourd’hui disparu, celui de mineur, et souligne l’importance de préserver et transmettre cet héritage.

Intérieur de l’exposition « La relation invisible » : Dimitri Piot et Yamamoto Sakubei
© Dimitri Piot

Quelques jours avant l’inauguration, Dimitri Piot s’est exprimé lors d’une conférence au pavillon belge de l’Exposition universelle d’Osaka : « j’ai pu partager mes réflexions sur l’importance de la mémoire et de l’histoire dans le contexte minier ».

Un chantier impressionnant a dû être mis en œuvre pour que cette exposition voie le jour. En effet, c’est la collaboration entre l’AWEX (Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers), Wallonie-Bruxelles International, l’ambassade de Belgique à Tokyo et l’ancien réseau des ALAC de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui a permis de donner vie à cette exposition. Sans compter bien sûr les multiples acteurs japonais qui ont œuvré sur place, dont les descendants de Yamamoto Sakubei qui cherchent encore aujourd’hui à préserver l’héritage et à conserver les mémoires d’une époque révolue. « Leur engagement et leur bienveillance ont été essentiels pour donner vie à cette exposition et pour renforcer les liens culturels entre la Belgique et le Japon », souligne l’artiste.

De gauche à droite : Sébastien Jaffredo de l’ambassade Belge à Tokyo, Emi Ogata, petite fille de Yamamoto Sakubei, Dimitri Piot. Dans une ancienne propriété d’un directeur de mine à Iizuka, reconvertie en musée.
© Dimitri Piot

De plus, l’initiative n’est pas qu’un simple « oneshot  ». En effet, Dimitri Piot a déjà annoncé que ses dessins présentés rejoindront les collections permanentes du musée de la mine de Tagawa. Un beau geste qui placera un peu de Belgique au milieu du Japon. Mais n’ayez crainte, visiteurs d’outre-mers ! Des discussions sont d’ores et déjà en cours afin de permettre une itinérance de l’exposition en Belgique et en Europe plus généralement. Gardez l’œil ouvert !

Par Akira OIKAWA

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Code EAN : 9782723462242

Photos de couverture :
– Affiche de l’exposition.
– De gauche à droite : Le professeur Sean Wang Hsin-Heng de l’Université de Yyntech (national Yunlin Science and technology univesity) à Taiwan, Dimitri Piot, Claire Ghyselen de l’ambassade Belge à Tokyo, Philippe Tzou du bureau belge AWEX à Taiwan, Sébastien Jaffredo de l’ambassade Belge à Tokyo, Jensen Shen gestion minière au ministère des Affaires économiques à Taiwan. Devant à droite : Emi Ogata, petite fille de Yamamoto Sakubei, Chou Chaonan, ancien mineur et directeur de musée de la mine de charbon de Taiwan. Vue du toit du pavillon Belge.

✏️ Dimitri Piot Histoire Belgique Japon Bruxelles Tokyo Osaka Fukuoka Le Tour du monde des festivals Exposition universelle Osaka 2025
 
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1 Message :
  • Japon - Belgique : la mine de charbon... et la mine à papier
    13 septembre 2025 23:39, par Wurm Philippe

    La famille Royale de Belgique possède une des plus belles collection d’estampes japonaises d’Europe. Elle fut montrée au public au Cinquantenaire de Bruxelles en 2016 et Dimitri Piot avait été invité à cette occasion à présenter un regard croisé et à établir un dialogue par l’estampe avec les œuvres exposées. Un magnifique souvenir.

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