Dimitri Piot n’est pas inconnu au bataillon dans l’industrie de la BD. Nous parlions déjà dans les pages d’ActuaBD de sa collaboration avec Jacques Martin, le créateur d’Alix, ainsi que de son livre Koryu d’Edo. Cet artiste belge a depuis longtemps admiré le Japon, allant jusqu’à rendre hommage aux estampes Ukiyo-e dans son livre ! En 2025, après deux ans de préparation, il s’expose au musée de la mine de Tagawa, en conversation avec l’artiste Yamamoto Sakubei. Ce dernier, ancien mineur devenu peintre, a été le premier artiste japonais dont les œuvres ont été inscrites en 2011 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Dans l’exposition, intitulée « La Relation invisible », les créations de Yamamoto Sakubei dialoguent avec celles de Dimitri Piot, établissant un parallèle entre les deux cultures. En effet, l’industrie minière de Tagawa n’est pas sans rappeler la Wallonie belge, qui fut l’un des centres industriels de l’Europe du XXe siècle. De toute évidence, l’exposition met en avant la mémoire partagée d’un métier aujourd’hui disparu, celui de mineur, et souligne l’importance de préserver et transmettre cet héritage.
Quelques jours avant l’inauguration, Dimitri Piot s’est exprimé lors d’une conférence au pavillon belge de l’Exposition universelle d’Osaka : « j’ai pu partager mes réflexions sur l’importance de la mémoire et de l’histoire dans le contexte minier ».
Un chantier impressionnant a dû être mis en œuvre pour que cette exposition voie le jour. En effet, c’est la collaboration entre l’AWEX (Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers), Wallonie-Bruxelles International, l’ambassade de Belgique à Tokyo et l’ancien réseau des ALAC de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui a permis de donner vie à cette exposition. Sans compter bien sûr les multiples acteurs japonais qui ont œuvré sur place, dont les descendants de Yamamoto Sakubei qui cherchent encore aujourd’hui à préserver l’héritage et à conserver les mémoires d’une époque révolue. « Leur engagement et leur bienveillance ont été essentiels pour donner vie à cette exposition et pour renforcer les liens culturels entre la Belgique et le Japon », souligne l’artiste.
De plus, l’initiative n’est pas qu’un simple « oneshot ». En effet, Dimitri Piot a déjà annoncé que ses dessins présentés rejoindront les collections permanentes du musée de la mine de Tagawa. Un beau geste qui placera un peu de Belgique au milieu du Japon. Mais n’ayez crainte, visiteurs d’outre-mers ! Des discussions sont d’ores et déjà en cours afin de permettre une itinérance de l’exposition en Belgique et en Europe plus généralement. Gardez l’œil ouvert !
Par Akira OIKAWA
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Photos de couverture :
– Affiche de l’exposition.
– De gauche à droite : Le professeur Sean Wang Hsin-Heng de l’Université de Yyntech (national Yunlin Science and technology univesity) à Taiwan, Dimitri Piot, Claire Ghyselen de l’ambassade Belge à Tokyo, Philippe Tzou du bureau belge AWEX à Taiwan, Sébastien Jaffredo de l’ambassade Belge à Tokyo, Jensen Shen gestion minière au ministère des Affaires économiques à Taiwan. Devant à droite : Emi Ogata, petite fille de Yamamoto Sakubei, Chou Chaonan, ancien mineur et directeur de musée de la mine de charbon de Taiwan. Vue du toit du pavillon Belge.
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