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Bon
15 juillet 2024
L’étrangeté a cela de séduisant qu’elle trouble nos sens. Ici, les champignons ont des yeux, les poissons portent des livrées et on boit son thé entre un lièvre costumé et un chapelier poudré. Les reines sont de Cœur mais n’en ont guère quand on touche à leurs parterres.
John Tenniel et Walt Disney ont durablement installé l’image d’une Alice un peu (A)lisse en petite robe et tablier soigné... C’est oublié que bien d’autres artistes se sont frottés au chef-d’œuvre de Lewis Carroll. Il y eut Arthur Rackham et sa veine gothique, Tove Jansson et sa fausse naïveté, Salvador Dalí et son imagination débridée ; il faudra rajouter à présent à cette liste Jessica Cioffi, l’illustratrice qui se cache derrière le pseudonyme de Loputyn.
Son esthétique gothico-kitsch ne plaira peut-être pas à tout le monde mais elle a le mérite de dépoussiérer un classique du XIXe siècle auprès des plus jeunes générations, et surtout de prolonger la bizarrerie intrinsèque du récit original.
Cerise sur le gâteau, le livre bénéficie d’une fabrication soignée qui séduira le néophyte comme le bibliophile...
Voir en ligne : "Francis" de Loputyn, une sorcière qui passe à l’âge adulte
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Alice au pays des merveilles – Par Lewis Carroll et Loputyn – Ed. Oxymore
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