Crows T. 3 - Par Hiroshi Takahashi - Éd. Kana

Par Milan MORALES Bon 8 octobre 2025 
C’est la rumeur qui court dans les couloirs de Suzuran : Bandô, redouté leader, aurait été vaincu. Beaucoup voient alors en Harumichi Bôya le nouveau maître potentiel, attirant à lui les regards et les ambitions.

Consumé par le doute après son affrontement avec Lindaman – qu’il croit avoir perdu – Bôya s’enferme, broyant du noir dans une introspection douloureuse. Heureusement, son ami Yasu, fidèle parmi les fidèles, vient le tirer de son marasme et lui rappelle la réalité de l’école des corbeaux, où la faiblesse ne pardonne jamais.

Le chaos s’intensifie  : pendant que la faction Bandô s’éteint, un nouveau gang surgit, bien décidé à régler, dans l’ombre, la question Suzuran. Les derniers chapitres traduisent ces bouleversements  : alliances qui se font et se défont, tensions qui montent, et ce sentiment puissant que le lycée Suzuran est un écosystème féroce où le trône est toujours vacant pour le plus fort.

La furie des affrontements orchestrés par Hiroshi Takahashi dans ce tome se révèle à la hauteur de la réputation du manga. Ce troisième volet s’inscrit dans la veine des meilleurs furyô  : la violence est cathartique, mais jamais gratuite.
La force de Crows réside dans cet équilibre fragile entre tension et humour, où le héros, Bôya, oscille entre une indéfinissable naïveté et une indépendance farouche. S’il rappelle parfois le basketteur Sakuragi de « Slam Dunk » par sa débilité apparente, il reste fascinant par son refus d’être un pion dans le jeu des alliances. Les bagarres sont dessinées avec une efficacité sauvage et nerveuse – une chorégraphie brutale, pulsative, et pourtant lisible, où l’on ressent chaque coup.

L’écriture, elle aussi, trouve le ton juste  : entre désinvolture, excentricité et réalisme. Les seconds rôles s’imposent, notamment Yasu, qui incarne le relais moral du manga et force Bôya à sortir de son introspection, ce qui renforce le rythme du volume. On sent au fil des pages que ce lycée n’est pas seulement un établissement de racailles, mais surtout vit comme une société de marginaux, de rêveurs, de têtes brûlées.

Du côté de l’ambiance et du ton, Crows reste fidèle à sa réputation de manga culte, où la motivation de l’ascension sociale et le poids du groupe s’entrelacent :
Ce tome 3, plus encore que les précédents, nourrit l’impatience d’une lecture frénétique. Un indispensable pour tous amateurs de furyô, mais aussi pour les lecteurs en quête d’énergie et d’anarchie brute.

Rendez-vous déjà fin novembre pour découvrir le #4 auprès de votre gentil libraire !

Petit bonus : on vous enjoint vraiment à lire la post-face, réalisée par le responsable éditorial du mensuel « Montly Shônen Jump » qui parle de sa rencontre avec Hiroshi Takahashi…. Très intéressant !

Aussi si vous êtes intéressé par ce style de Manga, je vous enjoins à relire la précédente chronique de la série, réalisée par ma consœur Malgorzata Natanek, qui explique parfaitement ce qu’est un « furyô » (lien en fin de cet article).

Par Milan MORALES

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782505127543

Vous avez apprécié cette chronique et désirez en savoir plus sur cette série et les furyô ?
Vous pouvez retrouver ici nos précédentes chroniques :
– les tomes 1 & 2

Belle lecture ! ❤️

Crows Kana ✏️ Hiroshi Takahashi furyô Japon
 
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