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Aux soirs de grande ardeur est un profond récit d’une centaine de pages qui nous ramène à la préhistoire. En effet, l’action se déroule à la frontière entre deux modes de vie, lorsque l’humanité est progressivement passée du nomadisme à la sédentarisation. Mais comme dans Megafauna qui évoque à sa manière de la question des Néandertaliens et des descendants de l’Homo Sapiens, le propos d’Aux soirs de grande ardeur n’est pas de traiter d’Histoire, mais plutôt de jouer sur ce contexte (pré-)historique (dont on connaît finalement peu de choses), pour mieux analyser nos réactions et nos émotions en tant qu’humain.
Pour ce faire, Nicolas Puzenat met en scène le personnage central de Manakor, qui est la servante du cuisinier du dirigeant de leur cité. En secret, Manakor brûle d’amour pour son maître, mais la grand-mère de cette dernière ne l’entend pas de cette oreille... même si cette aïeule est morte depuis plusieurs années !
En effet, comme chaque personnage de la cité, Manakor dispose d’un chuchoteur, un ancêtre décédé qui lui parle et lui dispense des conseils. Tout bascule lorsque le trésor de la cité est volé. Le cuisinier est suspecté car il a des contacts plus qu’intimes avec une nomade, au grand dam de Manakor. Cette dernière va pourtant accepter de s’enfuir avec eux deux, afin d’échapper également au terrible incendie de forêt qui menace la cité...
Comme nous l’indiquions dans notre chronique précédente, Nicolas Puzenat fait preuve dans ce one-shot d’une grande maturité. Dans la force des thématiques abordées, et dont il nous parle dans ce podcast : cette fable psychologique traitant de nos racines, de l’importance que l’on donne aux traditions et à nos sentiments, mais aussi dans le fait qu’il reste à l’écoute de nos passions.
Tout cela est formidablement mis en scène, dessiné et mis en couleurs ! Grâce à une grande lisibilité, on suit avec un très grand intérêt le déroulement de l’intrigue pour comprendre où l’histoire va nous mener, en étant à la fois pris par la narration et par les échos que ces sujets universels éveillent en nous. Sans parler des couleurs, qui sont somptueuses.
Nicolas Puzenat réussit une magnifique entrée dans le catalogue du Lombard et nous avons hâte de découvrir ce qu’il nous réserve dans le futur.
Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.
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Aux soirs de grande ardeur par Nicolas Puzenat - Editions du Lombard
Lire nos précédents articles concernant Nicolas Puzenat :
– Aux soirs de grande ardeur : les feux de l’amour
– Mégafauna T.1
– Mégafauna T. 2
Photo : CL Detournay