OK, on en termine avec Franck Bondouxmais après, on fait quoi ? Telle est la question que se pose cette association de Loi 1901 qui ne comporte aucun professionnel de l’événement capable d’organiser ce que le FIBD est devenu.
L’enjeu de certains de ses membres -c’était le vœu de Francis Groux- est de préserver l’indépendance de la manifestation des institutions publiques (la Mairie, la région, l’EPCC de la Cité d’Angoulême…) jugés trop « politiques » voire dangereux si on se souvient de la gestion désastreuse d’un Jean-Michel Boucheron, douze ans maire d’Angoulême entre 1977 et 1989, condamné pour plusieurs malversations et détournements d’argent public, laissant à la ville une dette colossale.
En vingt ans, il faut en convenir, Franck Bondoux a considérablement professionnalisé le festival, non sans, au fil des ans, quelques manœuvres et circonvolutions contestables voire douteuses, notamment pointées par la Cour régionale des comptes et des polémiques relayées par la presse, résumées dans une enquête menée en janvier dernier par le quotidien L’Humanité.
Elles ont eu comme conséquence une menace de boycott de la prochaine édition de janvier 2026 par des syndicats d’éditeurs (SNE et SEA) et d’auteurs (SNAC BD), de même qu’une déclaration des financeurs publics qui ont obligé d’une part l’Association à mettre en route un appel d’offre et d’autre part, à 9eArt+ et Franck Bondoux de s’y plier.
Il est probable que les éditions 2026 et 2027 seront problématiques puisque 9eArt+ et Franck Bondoux restent aux commandes et pourront facilement invoquer la difficulté de se projeter dans l’avenir puisque celui-ci n’est pas assuré. Est-ce que cela se concrétisera par deux festivals au rabais ou pire par des déficits abyssaux ? L’avenir nous le dira. On suppose que les partenaires du FIBD veillent au grain.
L’Association a en tout cas concrétisé son appel à projet en le publiant sur Facebook. La date d’échéance, le 17 octobre 2025, ne laisse pas de surprendre. Quelques semaines seulement, si l’on tient compte de la trève estivale, voilà qui est étrangement court...
On en sait pas non plus quel est le collège qui recevra les candidatures et si les financeurs publics (46% du budget, selon l’enquête de L’Humanité), les représentants des éditeurs et des associations d’auteurs sont invités à participer aux décisions.
L’affaire est donc à suivre…
Consultation de l’Association du Festival International de la Bande Dessinée"Le Festival International de la Bande de Dessinée (FIBD) a été créé en 1974 à l’initiative de l’Association du FIBD. Plusieurs des dispositifs constitutifs de la programmation actuelle du FIBD ont été impulsés sous l’initiative de l’Association du FIBD (Concours de la BD scolaire, expositions...).Propriétaire de la marque, l’Association en a assuré directement la gestion jusqu’en 2007 puis, à compter de cette date, elle en a concédé la gestion de l’organisation, à une société spécialement créée à cet effet avec l’obligation dans ses statuts de ne pas distribuer de dividendes à ses associés.Le contrat de concession arrivant à échéance en 2027, l’Association souhaite lancer une consultation visant à confier au futur prestataire :1° L’organisation du Festival2° La pérennisation du Festival3° Le rayonnement du Festival, notamment par des actions et événements dérivés du Festival susceptibles d’avoir lieu à d’autres dates et en d’autres lieux que le Festival lui-même4° Le développement de la notoriété et de l’image du Festival en France et à l’international.Afin de permettre à la Société de mener à bien sa mission, l’Association transfèrera au candidat, pour la durée du contrat, les droits et obligations nécessaires.Le transfert mentionné ci-dessus sera conclu, avec l’Association FIBD qui restera propriétaire de la marque, pour une durée initiale de 9 ans, qui sera formalisée par un contrat de concession et de licence de marque verbaleL’Association restera partenaire du candidat tout au long de son interventionLa structure devra être à objet unique, dédiée à l’évènement et ne pas permettre la distribution des bénéfices et répondre ainsi aux critères nécessaires pour pouvoir solliciter et bénéficier de subventions publiques,Le candidat devra avoir son siège social et des bureaux, permettant d’accueillir toute l’équipe du Festival, pendant toute la manifestation et à l’année également, à Angoulême.Pièces à fournir, en particulier, au titre de la candidature :Pièces à fournir au titre de la candidature :- Une « Déclaration du candidat » ou équivalent comprenant notamment :- Le projet artistique et culturel,- Les différents projets dédiés (cf. mise en concurrence),- Une déclaration concernant le chiffre d’affaires global et le chiffre d’affaires concernant si possible le domaine d’activité auquel se réfère le projet, au cours des 3 derniers exercices,- L’indication d’appartenance à la catégorie des PME, le cas échéant,- Une déclaration indiquant les effectifs moyens annuels du candidat et l’importance du personnel d’encadrement pendant les trois dernières années,- Une description des moyens techniques dont le candidat dispose pour la réalisation des prestations,- Une liste de références récentes fournies au cours des 5 dernières années indiquant notamment le montant, la date et le destinataire public ou privé,- Tout autre document permettant d’attester de la capacité du candidat à exécuter les prestations de la consultation.L’Association ne souhaite ni une association, ni de groupes capitalistiques multinationales, sociétés mères et leurs filiales.Le dossier de consultation est à retirer à partir du 12 juillet 2025, uniquement par mail à l’adresse suivante : presidentefibdangouleme@gmail.com, avec une lettre de motivation permettant d’évaluer le sérieux du candidat.La date limite de réception des offres est fixée au 17 octobre à 12h.Le respect de cette date est obligatoire, sous peine de rejet de l’offre du candidat.
Par Didier PASAMONIK
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Photos de D. Pasamonik (L’Agence BD)
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