Organisé comme un recueil de contes fantasmatiques, l’album déroule une succession de situations burlesques, provocantes ou débridées : un âne vigoureux, un bel étudiant palestinien, un geek maladroit découvrant les jeux du corps… La farce sexuelle, marque de fabrique de la collection BD-Cul, est bien présente, mais cette fois-ci elle se double d’un véritable discours politique.
Le sexe n’y est plus seulement prétexte au rire ou à la transgression : il devient enjeu d’émancipation, de prise de parole et de pouvoir. Une dynamique déjà perceptible dans les derniers volumes de la collection, portée notamment par les autrices qui y insufflent une dimension d’empowerment assumée.
Avec son trait vif et expressif, Claire Braud navigue entre dessin de presse et fantaisie graphique, quelque part entre Dupré La Tour et Catherine Meurisse. Elle utilise pleinement la liberté offerte par la collection pour expérimenter, déformer, exagérer, chercher et trouver de nouvelles manières de mettre en scène le désir.
Sans se poser en pamphlet ni en manifeste, Touche à la Femme Blanche !, titre parodique d’un Western franco-italien de 1974 : Touche pas à la femme blanche [1], déplace le centre de gravité de la série. Comme son modèle du 7e art, ici, le fantasme et la farce restent les moteurs, mais c’est surtout le discours qu’il porte qui retient l’attention. Une bande dessinée qui invite à la discussion en dehors de la chambre à coucher.
Par Kelian NGUYEN
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Touche à la Femme Blanche ! - Par Claire Braud - Ed. BD-Cul / Le Monte-en-l’air
[1] à la fois satire cinématographique que politique