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Bon
21 août 2024
Luka, jeune orphelin élevé depuis sa plus tendre enfance par le chef d’une troupe de mercenaires, en a plus qu’assez de sa vie de batailles incessantes. Le sang, les cadavres, les pillages et les viols de ses camarades de route, ... tout cela le dégoûte au plus haut point ; lui qui espère devenir un jour un honorable ménestrel [Les ménestrels ou ménétriers étaient des musiciens du Moyen Âge européen : ils jouaient le plus souvent du psaltérion, de la trompette, du chalumeau et de l’organon.]] sans histoire.
Mais on ne quitte pas des mercenaires aussi facilement. L’adolescent est tenu de rembourser 13 ans de dette avant de pouvoir espérer quitter la troupe. Maintenant en âge de participer aux batailles, il peut enfin commencer à régler ses frais de logement, de nourriture et d’entretien... à moins que la mort n’en décide autrement.
Embrigadé dans un énième conflit, le voilà blessé et proche de la mort. Mais alors qu’il décide de jouer un dernier air de clairon, la magie opère. Des rayons de lumière jaillissent de l’instrument, donnant du cœur à l’ouvrage à chaque militaire dans son camp et une voie lumineuse toute tracée pour s’extirper du danger.
Une marche funèbre qui deviendra son passeport pour concrétiser ses rêves de ménestrel ! Sauvé in extremis par une poignée d’étranges combattants (surnommés les « Branchus », tous dotés de branches leur poussant sur le crâne, comme c’est également le cas de Luka), il lui est offert de rejoindre l’armée de l’immense empire pontifical afin d’unifier tous les royaumes et combattre le plus dangereux « Branchu » connu à ce jour. Un pacte est donc scellé : il combattra à leur côté en échange d’une éducation musicale et une fois l’ennemi vaincu, Luka sera libre.
Mozuku Sora nous plonge, avec Bugle Call, dans un univers fantasy médiéval plutôt classique tout en offrant un point de vue différent de plusieurs autres titres du genre. Ce n’est pas souvent que le clairon d’une armée est le personnage principal d’une aventure. Généralement en dernière ligne, à l’abri, c’est généralement le plus jeune membre d’une troupe qui endosse ce rôle, dont l’obligation est de réveiller les soldats et de signaler toutes les manœuvres avec son instrument perceptible à des lieux à la ronde.
Le graphisme de Higoro Toumori est quant à lui, on ne peut plus classique dans le genre. Jouant avec un tramage fourni, noircissant la majeure partie des planches avec des traits d’expression ou de mouvement qui donnent immanquablement vie au récit. Les détails ne sont pas en reste, permettant de reconnaître les lieux, mais également les personnages d’un simple coup d’œil afin de rendre la lecture plus fluide. Reste donc à appâter le lecteur friand de série de guerres médiévales avec une pointe non négligeable de fantasy avec ces créatures « branchues » et ces 9 tours énigmatiques aux quatre coins du monde, qui seraient à l’origine du pouvoir de notre héros et de ses pairs...
Par Marc VANDERMEER
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The Bugle Call T.1. Scénario : Mozuku Sora. Dessin : Higoro Toumori. Editeur : Ki-oon. 256 pages. Sortie : le 7 mars 2024. Prix : 7,95 euros.