Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Yomi et Yami Kanda sont jumeaux et partagent depuis toujours une connexion surnaturelle : la douleur ressentie par l’un est aussi vécue par l’autre. Yomi est le plus timide des deux, mais il est fortement attaché à la notion de justice, quand Yami est impulsif et toujours prêt pour venir à la rescousse de son frère.
Élèves en première au lycée Daiba, ils assistent quotidiennement au harcèlement de Masatoshi Yabuuchi, leur professeur principal, de la part des autres élèves. Même s’ils interviennent, les brimades reprennent aussitôt, et les deux frères restent impuissants.
Lors d’une sortie scolaire, l’enseignant se donne la mort sous les yeux de ses élèves afin de se venger d’eux, son objectif étant de les plonger dans l’Underground, un purgatoire où sont châtiés les criminels et qui ressemble à Tokyo. Cet enfer, qui n’était qu’une légende urbaine à leurs yeux, devient une réalité, et les 32 élèves de la classe vont devoir s’y confronter en passant des épreuves où ils affrontent différents bourreaux.
Ce sont ces derniers qui présentent tout l’intérêt de ces deux tomes, et, on l’espère, de la série complète. Pour les incarner, Kenji Sakaki a en effet choisi des personnages historiques qui sont là pour expier les crimes qu’ils ont commis de leur vivant, mais elle nous surprend encore davantage en ne sélectionnant pas les personnages les plus évidents !
Des meurtriers qui deviennent bourreaux pour expier leurs crimes en tuant d’autres bourreaux dont les victimes ont demandé à être vengées en vendant leur âme à l’Underground : le cercle vicieux est enclenché. Le problème, c’est qu’il entraîne tout le monde, y compris celles et ceux qui n’ont rien à voir avec les brimades. Enfin, il est vrai que tous les élèves de la classe de Yami et Yomi ont quelque chose à se reprocher, et même les jumeaux sont vus comme des hypocrites par l’Oeil de la tour de Tokyo. Les lycéens survivants de l’arène de Daiba se retrouvent dans le tome 2 où, sur la route pour rejoindre la tour de Tokyo, ils sont capturés et amenés sur le marché aux criminels.
Si le premier tome peut se suffire à lui-même et répond en partie au modèle classique du Battle Royale, Kenji Sakaki propose dès le second tome une multitude de pistes scénaristiques à explorer qui devrait rendre les 10 prochains tomes très intéressants, à condition de ne pas se perdre dans tous les fils d’intrigues. Entre le passé mystérieux de Yami et Yomi, la disparition de leurs parents, le fonctionnement de l’Underground, la façon dont Saikawa (élève qui sauve Yami et Yomi) a bien pu sortir de l’Underground et ce qu’elle a fait pour y entrer la première fois ou encore qui est le mystérieux criminel qui a fait un jour exploser les compteurs des enchères, l’univers de la mangaka fourmille d’idées à explorer.
Cela rend l’histoire fascinante, même si on se perd un peu dans les noms des personnages dont la profondeur psychologique est plus ou moins creusée. La galerie n’est pas exempte de clichés : le harceleur violent, égoïste et bête, la bimbo en mini-jupe qui dévoile quasiment tout, le timide, l’intello-garce, etc... Néanmoins, la mangaka arrive à maintenir un équilibre entre ces clichés et des éléments novateurs qui lui permettent de maintenir l’intérêt du lectorat. Enfin, le fantastique horrifique qui s’invite rapidement passe bien grâce au background historique.
Côté dessin, le trait est sombre et très détaillé, notamment sur les scènes de meurtre, assez spectaculaires. Le souci du détail est présent partout, des décors précis aux visages expressifs des élèves en passant par l’imagination dérangeante de la mangaka qui créé pour ses bourreaux des apparences bien spécifiques.
Pour résumer, Shin Tokyo démarre sur les chapeaux de roue, avec ces deux tomes que Mangetsu a bien fait de publier ensemble : le tome 1 seul aurait peut-être été un peu juste pour appréhender toute la richesse de l’univers dans lequel Kenji Sakaki, qui a débuté aux côtés d’Akira Amano sur Reborn ! , souhaite nous entraîner.
Avec 12 volumes parus au Japon, Shin Tokyo est une bonne entrée en matière pour toutes celles et tous ceux qui aiment les mangas d’horreur sanglants à tension psychologique.
Par Gaëlle BEDIS
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Shin Tokyo, T. 1 - Paru le 15/10/2025
Shin Tokyo, T. 2 - Paru le 15/10/2025
Shin Tokyo, T. 3 - Paru le 04/02/2026