Bon
9 juin 2025
Les Espagnols Polls & Sagar ont imaginé ce qu’aurait pu être la rencontre entre Geronimo, le chef apache et Remington en 1885 alors qu’il cherchait par ses peintures à représenter et sauvegarder au mieux le souvenir de cette période épique et cruelle. Montrer au monde quel était ce peuple que l’on parquait dans des réserves inhospitalières. Entreprise des plus complexes que de demander à un Apache de rester immobile d’autant plus que ce dernier pensait que l’artiste était entrain de voler son âme en reproduisant son image sur une feuille de papier.
Il s’agit bien d’une fiction car les deux personnages ne se sont jamais rencontrés dans la réalité. Mais cet événement aurait bien pu se produire au vu de leur parcours. Cette supposition plausible et surtout bien pensée, permet aux auteurs de visualiser ce choc des cultures. Le graphisme semi-réaliste et parfois naïf apporte une touche poétique à ces moments d’échange entre le peintre et le redoutable guerrier.
L’histoire, menée sur près d’une centaine de pages, mêlent action et émotion. L’armée américaine et l’armée mexicaine s’associent pour une traque sans merci sur ce territoire aride de l’Arizona. Plus de 5.000 hommes sont mobilisés pour cerner une quarantaine d’Apaches qui, tout en fuyant, sèment la désolation parmi les ranchs isolés. Remington, homme de terrain, chroniqueur graphique, fixe la réalité fidèlement mais non sans y joindre sa sensibilité.
L’album se termine sur un cahier reproduisant plusieurs illustrations et peintures de Frederic Remington, un dossier éclairant sur la carrière du peintre ainsi qu’une bibliographie si on désire approfondir le sujet. Remington 1885 offre aux amateurs de Western une interprétation originale d’une période cruciale entrée dans la légende.
Par David SPORCQ
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