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Dans un univers peuplé de monstres anthropomorphes aussi divers que variés, nous suivons le prince Reginald-Édouard de la contrée de Terrelande. Le futur monarque suit des cours à domicile dispensés par un domestique et possède son propre parc de jeux privé. Mais R.-E. a le cafard. Il étouffe dans son grand château et, alors que son dixième anniversaire approche, avec de lourdes responsabilités dues à son rang, il obtient contre toute attente le droit de partir en année sabbatique en Pilanésie.
Le postulat de base, c’est du vu et revu : un jeune issu de la haute société, las de la vie de château, souhaite voir du pays et vivre la vie d’un enfant lambda. Pour ça, il faut passer en mode incognito. Un simple rafraîchissement de sa coupe de cheveux suffit, et sa nouvelle identité s’impose d’elle-même : Red, une contraction de son vrai prénom, qui fait aussi référence à la couleur rouge de ses cheveux, qu’il n’a pas jugé utile de changer.
Accompagné par son domestique, qui lui sert de père pour sa couverture, il quitte ainsi son quotidien en n’emportant avec lui qu’un médaillon légué par sa mère disparue. Inscrit à l’école, il s’y fait rapidement des amis, malgré des débuts maladroits. Aussi, il se met à la pratique du basket. Mais cette liberté tant rêvée lui réserve bien des surprises, dans un récit qui effleure des thématiques liées à l’adolescence, comme le besoin d’indépendance et la quête de soi.
Portée par un trait souple et dynamique rappelant l’univers de Pixar, notamment le film En Avant, l’histoire alterne exploration, instants touchants et mystères. Les deux premiers tomes installent progressivement les bases de ce récit, ponctué de plusieurs flashbacks, pour une intrigue lisible et plutôt efficace.
Un an plus tard, le dernier tome du triptyque arrive entre nos mains. Red en est convaincu : sa mère est en vie et plus que jamais près de lui. Après quelques recherches, il s’apprête à la retrouver, tandis que la grande finale du tournoi de basket inter-écoles approche. Mais, la série ne passe pas à côté d’un final expéditif et convenu, dans la continuité du reste du récit. Chaque problématique rencontrée est systématiquement résolue d’un claquement de doigts. C’est ahurissant.
L’ensemble donne parfois l’impression de suivre un cahier des charges sans grande prise de risque. Aussi, certains personnages manquent cruellement de profondeur et d’impact.
En outre, on reste un peu sur sa faim, avec une conclusion assez tiède et plusieurs questions laissées en suspens. Une série un peu dispersée, mais qui mérite le coup d’œil.
Par Rémi BARNAULT
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Le final de Red est en vente aux éditions de la Gouttière, pour 11,70 €.