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Bon
28 juillet 2025
Né dans le journal quotidien suisse intitulé Le Matin, Nelson n’était pas destiné à un public jeunesse. C’est finalement chez Dupuis que le diablotin fait irruption dans les pages de Spirou. On le retrouve également depuis plusieurs années dans les celles du Journal de Mickey. D’ailleurs, pour faire un très rapide parallèle avec l’univers Disney, ce sacripant de Nelson reste attachant de par son côté gaffeur, tel Donald Duck. Mais aussi et surtout de par sa mignonnerie. La créature a beau le faire exprès et être le fruit de Satan, on finirait par lui donner le bon Dieu (non pas sans confession).
Composés de strips de trois à quatre cases que l’on peut lire dans le désordre, les albums conservent toutefois une petite continuité entre les strips d’une même page. Le fond de l’histoire, c’est aussi le décor. Il est ici fort minimaliste, comparable par exemple à celui de Garfield (On trouvera au passage bien d’autres comparatifs au chat orange). Les aplats de couleurs ne laissent pas la place aux ombres, si ce n’est l’ombre portée.
Assez vite, plusieurs personnages plus ou moins récurrents ont été ajoutés par l’auteur suisse Christophe Bertschy dit Bertschy. On notera notamment Hubert, un collègue de Julie. Frolo, un bouledogue, mais aussi Stupidon, une version de Cupidon pas très maligne. L’auteur aurait-il des comptes à régler avec la mythologie ? Dans ce 27e tome, on retrouve aussi le jeune boy-scout qui tente de faire suivre à Nelson un stage de survie en milieu hostile. On se demande presque lequel des deux passe une épreuve. Mais un nouveau personnage pointe le bout de son nez : Il s’agit de Priscilla, la fille du patron de Julie, qui semble être l’incarnation humaine de Nelson. L’auteur garde même une place pour un célèbre ours britannique. Et, non, ce n’est pas Winnie.
À quelques reprises, un personnage secondaire vit une microaventure où Nelson brille… par son absence. Sans pour autant choquer, ces parenthèses donnent parfois l’impression d’un mini spin-off au sein de l’album. Mais pas d’illusion, le bonhomme orange nous attend bien souvent au coin de la page.
L’humour assez léger et grinçant qui fait le succès de la série – qui vient de dépasser le cap des 5000 strips – reste bien évidemment intact. Au final, la série axée jeunesse depuis un moment maintenant pourra sans faute distraire les plus grands avec plusieurs niveaux de lecture détectés par moment et certaines références.
Dans ce nouveau tome, une chose reste sûre : le sacré lascar ne s’est toujours pas assagi et, comble de l’ironie, le voilà propulsé au ciel sur la couverture. Vade retro Nelson.
Par Rémi BARNAULT
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Intitulé Merguez orbitale, le 27e tome de Nelson est disponible aux éditions Dupuis, au prix de 12,95 €.