Après l’exposition des cent dessins de Walter Minus fin 2023, qui s’accompagnait d’un catalogue reprenant la totalité des cent illustrations réalisées pour l’occasion, le galeriste Marc Breyne reprend le flambeau en mettant à l’honneur un artiste belge dans toute sa complexité, ses failles et son talent : Marc Michetz.
Elle fait suite à une précédente exposition intitulée « Estouffades » [1] et relève le défi d’aligner cent dessins d’un format légèrement plus petit qu’un A4. Ils sont tous regroupés au sein de cette exposition baptisée tout simplement « 100 » et qui se tient actuellement à Bruxelles. Le concept est aussi simple qu’efficace : chaque dessin encadré est vendu au prix fixe de 350 € et est accompagné de l’épais catalogue des cents illustrations.
C’était l’occasion unique pour rencontrer et interviewer Marc Michetz, mais l’artiste reste un homme réservé, d’une grande pudeur et qui a parfois du mal à s’exprimer concernant son travail. Aussi nous vous proposons de découvrir ci-dessous le contenu d’une discussion qui s’est tenue quelques jours avant le vernissage de cette exposition. Il s’agit pas vraiment d’une interview car cet exercice répugne à l’artiste, on l’a bien compris. L’exercice le bloque littéralement et l’empêche de s’exprimer pleinement. Voyez-la donc comme une simple conversation que vous pourriez saisir en tendant l’oreille et qui vous éclairera sur le contenu de cette exposition ainsi que de l’ouvrage qui l’accompagne.
Marc Michetz, quel a été le point de départ de cette exposition et de son ouvrage apparenté ?
Le galeriste Marc Breyne bien entendu ! Il avait déjà organisé deux précédentes expositions de ce type : cent originaux réalisés par un seul artiste et qui sont vendus dans sa galerie, mais également rassemblés dans un ouvrage au tirage limité assez logiquement à cent exemplaires et offert à l’achat de chaque dessin. Je venais de réaliser une grande série d’illustrations de plus grandes tailles, les « Estouffades », et je trouvais intéressant de changer de format. Je me suis donc laissé guider par mon inspiration.
Ce format un peu plus réduit qu’un A4 vous change de votre standard habituel ?
Difficile de parler de véritable gabarit en ce qui me concerne. Par le passé, je travaillais sur de plus grands formats, majoritairement en noir et blanc car j’avais peur de mettre en couleurs. Je me considérais comme un dessinateur, mais pas comme un peintre, ni un coloriste. Je n’osais donc pas aborder la colorisation. Puis, je me suis dit : « Au fond, cette crainte de la couleur est réductrice, il faut se laisser aller. » Maintenant je préfère donc dessiner sur un format A3, avec un plus grand spectre de couleurs associées.
D’où venait votre appréhension pour la couleur ?
Je n’osais pas, tout simplement. Je réalisais souvent un grisé au crayon, afin d’apporter du relief, mais j’hésitais à aborder la couleur jusqu’à ce que je m’y lance. D’ailleurs, les dessinatrices et dessinateurs arrivent généralement à la couleur tôt ou tard, car cela fait partie de leur processus graphique.
Au-delà de cet aboutissement, la mise en couleurs est intéressante car elle permet de redécouvrir son travail. Même si paradoxalement, en ce qui me concerne, j’ai plutôt tendance à camoufler mes erreurs de dessin avec la couleur, en jouant alors sur le relief.
L’apport du volume offre un autre rapport à votre dessin ?
Oui, et cela n’était pas le cas auparavant. Dans un premier temps, je devais dompter la technique et je mettais simplement en couleurs sans vraiment apporter du relief à l’aide de cette technique.
Vous redécouvrez donc vos dessins grâce à la colorisation ?
Je suis parvenu à m’étonner moi-même lorsque j’ai revu mon travail par la suite, par exemple lorsque je le vois imprimé dans cet ouvrage. Car normalement, je ne m’inflige jamais la peine d’observer mes dessins après les avoir réalisés. Je préfère passer à autre chose…
Pour la même raison, je ne me présente jamais aux vernissages de mes expositions, car je trouve cela personnellement indécent. J’ai l’impression d’être à nu devant le regard des gens, ce qui me rend mal à l’aise. De plus, je ne suis pas du tout fier de mon travail.
Vous qui êtes très critique sur votre œuvre, alors que vous êtes étonné des effets positifs de cette colorisation.
Parce que la couleur reste flatteuse, bien plus qu’un noir et blanc qui demeure finalement assez morne.
Pourtant un dessin en noir et blanc est stylisé. C’est une épure.
Sans doute, mais mon sentiment actuel donne plus de crédit à cette mise en couleur que je réalise.
Avez-vous dès lors tendance à minimiser votre travail en noir et blanc ?
Oui, car je travaille mon noir et blanc en fonction de la couleur que je veux apporter par la suite. Je laisse donc volontairement des espaces vierges, que je travaillerais autrement si jamais je ne mettais pas le dessin en couleurs. Ou alors j’utilise le crayon à la place de l’encre afin que le rendu du noir ne soit pas trop flagrant face à la couleur à venir.
Sur les dessins de cette expo, quel type de détail avez-vous laissé au crayon ?
Beaucoup de cordages pour la série des shibari par exemple, ou d’autres éléments que l’on retrouve sur d’autres dessins. Il suffit de les observer, vous allez directement noter la différence de ton avec l’encrage.
Le dessin gagne effectivement en subtilité. Pour la couleur, vous travaillez à l’aquarelle ?
En effet, même si je n’hésite pas à foncer un peu ma colorisation par la suite en rajoutant du crayon que je vais étaler comme un léger dégradé en frottant avec mon pouce. Cela apporte encore une matière complémentaire au dessin.
La couleur ne détermine donc pas la fin de votre processus graphique… Vous n’hésitez pas à reprendre l’ensemble avec une autre technique, pour finaliser le rendu final, par exemple avec ce crayon frotté ?
Après la couleur, je cherche parfois à salir légèrement mon travail, notamment ici avec cet apport de crayon pour donner un effet zénithal, à savoir un teinte plus claire sur le haut, plus foncée sur le bas, pour asseoir la verticalité de la stature d’un personnage. J’avais découvert cela dans un livre qui traite des maquettes : il expliquait par exemple que lors de la mise en couleurs des chars d’assaut, le bas des véhicules devaient être plus sombre que leur partie supérieure. D’une certaine manière, on triche avec la réalité pour apporter ce volume complémentaire.
On triche sans doute sur la maquette, car elle est déjà en trois dimensions. Mais pour un dessin qui est en deux dimensions, il s’agit ici d’un effet réfléchi.
Oui, mais en définitive, je ne me considère toujours pas comme un bon metteur en couleurs. Je prends plaisir en les plaçant, mais je ne parviens toujours pas à apprécier le dessin une fois terminé.
Or, lorsque vous découvrez le dessin imprimé, votre surprise est positive ?
Oui, en découvrant l’ouvrage qui recense les 100 illustrations, je me suis dit que certaines réalisations n’étaient tout de même pas si mal… Mais très vite, je suis redescendu vers un niveau d’insatisfaction car je perçois des éléments qui ne plaisent pas complètement. J’ai alors de nouveau tendance à banaliser mon travail…
Ce mécontentement est le moteur de toute nouvelle création.
Parfaitement ! Je me dis alors que je peux vraiment mieux faire ! Et je retourne dessiner...
Cherchez-vous le dessin qui vous rendra un jour heureux ?
On est toujours à la recherche de l’absolu, telle la carotte qui vous fait avancer même si l’on sait qu’on ne l’attendra sans doute jamais.
Donc depuis cinquante ans, ce sont toujours ces petits manquements, ce goût de trop peu, ces éléments que vous n’aimez pas dans votre travail qui vous ont poussé à vous remettre perpétuellement en cause ?
Exactement ! Je ne parle que de mon point de vue personnel, mais le mécontentement, voire la banalité de mon travail, me poussent à me remettre à la tâche. Ainsi, je viens par exemple de redessiner pour la troisième fois le récit « Exorcisme » dont la première version date d’il y a presque vingt ans. Je voulais encore améliorer mon travail… Mais finalement, quoi que je fasse, je continue à le banaliser : triste constat.
Justement, est-ce le projet suggéré par Marc Breyne de réaliser 100 dessins dans un court laps de temps, ne vous pousse justement pas à lâcher vos illustrations à un certain stade, à nourrir de ce sentiment de frustration pour attaquer les suivants ?
Certainement, mais ce projet est également lié à l’amour du dessin. Car j’aime profondément dessiner !
Quelles ont alors été vos inspirations pour relever ce défi ?
Je souhaitais reprendre ce thème traditionnel des estampes japonaises, notamment celui des geishas en train de festoyer et que l’on devine en ombre derrière les shōji. Ce sujet m’intéresse et me plaît, il était donc logique que je tourne autour de cette thématique pour jouer avec celle-ci et voir ce que je pouvais en retirer.
Elle vous permet également de jouer avec la transparence pour certains éléments que vous laissez volontairement dans le flou, comme ces sexes masculins par exemple, que vous n’aimez pas dessiner apparemment…
Dessiner des pénis ne me choque pas, mais je préfère rester dans l’équivoque. Ici en l’occurrence, s’agit-il vraiment d’un sexe masculin ? À qui appartient-il ? À une personne de quelle tranche d’âge ?...
Je peux dessiner de gros velus, mais personnellement, cela ne m’intéresse pas. Je préfère laisser la place au mystère, au doute, à l’imagination. Il est en de même avec d’autres scènes où tout n’est pas expliqué, car l’espace entrouvert entre les shōji n’est finalement qu’une petite porte qui laisse la place aux fantasmes.
Outre les fantasmes qui sont les vôtres, est-ce que l’interprétation du spectateur face à vos illustrations vous intéresse ?
Même si je n’y pense pas, la vision du public est de toute façon inévitable. Lorsqu’il m’est arrivé d’être confronté aux visiteurs lors de la précédente exposition, celle des « Estouffades », ils ne parvenaient pas à véritablement se positionner, ils étaient gênés par ces scènes qui ne sont pourtant pas vraiment sexuelles…
Pour ma part, le rapport sexuel m’ennuie en manière d’érotisme, car il est synonyme de banalité alors qu’il y a tellement d’autres choses à évoquer… C’est pour cela que j’apprécie le travail d’Éric Stanton, parce qu’il est pervers et que son travail nous entraîne dans tellement de directions différentes : que cela soit bien ou mal dessiné, cela reste très fantasmatique.
On retrouve cette dimension au Japon, dans certains mangas qui font montre de perversité – voire même d’une certaine perversion – que je trouve extraordinaire car elle est assumée, ce qui n’est pas le cas en Europe.
Une partie de ces pratiques évoquées dans cette exposition de 100 dessins, s’intéresse aux shibari. Vouliez-vous jouer avec cette thématique ?
Oui, même si je n’éprouve personnellement aucun attrait envers cette pratique. Mais graphiquement parlant, je trouve cela très intéressant.
Surtout que les cordes marquent les chairs sans les meurtrir…
Je joue effectivement avec les déformations du corps et de la peau, ainsi qu’avec les tissus et les kimonos qui sortent des cordes.
On y retrouve le sujet de la domination féminine, très présente chez vous...
On a tous un monde fantasmatique, et je dispose du mien comme tout un chacun, qui part dans diverses directions, et je le laisse s’exprimer d’une certaine manière.
La vulgarité ne m’intéresse pas du tout, même si sa définition reste très personnelle et donc relative, mais elle existe comme le bien et le mal. À cela, je préfère les non-dits, ce qu’on peut deviner ou imaginer sur base de ce que l’on voit.
L’objectif est donc d’éveiller ou de rappeler quelque chose au visiteur ?
La puissance du dessin est incroyable car il est sans limites, si on se laisse aller. Il faut bien entendu tenir compte de la normalité conventionnelle pour éviter de tomber dans la déviance.
Je crois bien entendu au bien et au mal, mais je fais également la distinction entre le monde fictif et le réel. Dans l’imaginaire, on peut dessiner ce que l’on veut, tant que l’on parvient à le gérer dans la réalité. Or, ma seule règle tient dans le respect de l’autre. Je ne veux donc pas dessiner des choses qui pourraient choquer les visiteurs, car je les respecte.
Ces choix graphiques et artistiques se posent en collaboration avec Marc Breyne, le galeriste : il me soutient, m’encourage, me freine ou me souffle d’autres idées en fonction également de son propre ressenti.
Repousser les limites participe à votre créativité ?
Oui, c’est intéressant, mais on se heurte également à la société à un moment précis. Or le niveau de pudibonderie actuel n’est pas celui d’il y a quelques années. Une forme de censure s’installe... Mais une fois de plus, le respect de l’autre prend le pas sur le reste.
Tout cela ne vous empêche pas de revenir également à quelques fondamentaux, dont votre personnage de Kogaratsu qui est également présent au sein de 100 illustrations ?
Oui, Koga y apparaît en effet une fois, en clin d’œil.
Je pense qu’on le retrouve une demi-douzaine de fois, regardez…
Oh, c’est exact, j’avais complètement oublié !
Vous n’aviez pas vraiment l’intention de l’inclure dans cette série, si vous l’aviez à ce point occulté ?
Il faut croire que oui, si je l’ai réalisé. Mais je dois avouer que cela m’était sorti de la tête…
En regardant avec vous ce catalogue, je trouve qu’il est remarquablement imprimé et que cette impression un peu réduite de mes dessins par rapport à leur taille originale rend finalement assez bien : je les trouve en définitive lumineux et assez beaux parce que cette présentation resserre les couleurs. Marc Breyne a parfois tendance à agrandir mon travail lors de ces reproductions, ce qui me plaît beaucoup moins : on distingue alors plus les erreurs et cela me paraît une fois de plus indécent, un sentiment toujours très personnel mais dont je ne me parviens pas à me départir. Je me retrouve mieux dans cet ouvrage-ci.
On retrouve une grande diversité dans ces illustrations : des portraits de personnages en plein action, d’autres plutôt immobiles, presque indolents ; une composition qui ressemble à une couverture de Kogaratsu ; d’autres héroïnes qu’on croirait également issues de cet univers, dont cette paysanne ou d’autres personnages féminins… Est-ce que vous avez puisé au sein d’anciens croquis ou recherches pour atteindre ce nombre de 100 ?
Pas du tout, je jette mes envies sur le papier, ainsi que ce qui me passe par la tête, sans vouloir regarder en arrière. J’adopte à nouveau cette méthodologie pour la prochaine exposition une nouvelle fois organisée par Marc Breyne : des formats allongés afin d’y intégrer des éléments en arrière-plan.
Car le format est aussi source de créativité. Comme cette contrainte de 100 dessins et ce format plus réduit qui vous pousse à vous approcher de vos personnages ?
L’objectif était effectivement de livrer des portraits, parfois en très gros plan. Le plaisir de la ligne intervient alors, pour tirer un trait le plus pur possible. Un exercice qui n’est pas évident et qui pousse à se dépasser.
Abordons justement votre façon de travailler pour ceux qui ne la connaissent pas : vous dessinez toujours de la même manière depuis quelques années, vous utilisez la technique du report.
Cette technique que j’ai mise au point est le fruit de plusieurs problématiques, dont ma difficulté à trouver un bon papier comme par le passé, qui me permettait de retravailler des éléments. Et comme je travaille maintenant sur un papier à aquarelle pour ma colorisation, ce qui nécessite une surface très propre, je suis obligé de passer par une étape précédente.
Elle consiste à crayonner spontanément sur un simple papier recyclé, même s’il s’agit d’un crayonné poussé, très proche du dessin définitif si on tient compte que les personnages, les décors et la situation sont inversés par rapport au rendu final. La seule spécificité de cette phase de croquis provient du fait que je travaille en négatif, en miroir inversé par rapport à la composition finale.
Ensuite, je pose un papier calque sur cette étude qui me convient, et je repasse proprement au crayon sur ce dessin négatif. Je retourne alors ce calque sur mon papier aquarelle et j’appuie dessus à l’aide d’une raclette en bois : le crayon du calque se dépose alors sur le papier définitif pour laisser apparaître le dessin en « positif », dans le bon sens de composition. Je le retravaille proprement au crayon pour obtenir le dessin final. Je n’ai alors plus qu’à le passer à l’encre, puis le mettre en couleurs.
Une technique étonnante car la plupart des dessinateurs ne supportent pas que l’on inverse le dessin : cette technique permet immanquablement d’identifier toutes les erreurs !
J’ai eu cela avec une affiche pour le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles, le BIFFF, qui avait inversé mon dessin pour la version néerlandophone de sa prochaine édition. Le dessin disposait toujours d’une bonne composition vu que je l’ai réalisé en négatif à la base, ce qui a sans doute donné le sentiment à l’organisateur qu’il pouvait se permettre ce flip. Mais toute ma gestion de l’image était inversée, dont le nœud pour le kimono, ce qui m’était intolérable. De manière générale, je ne supporte pas que l’on touche à la version définitive de mon travail.
Pour revenir aux erreurs qui deviennent flagrantes lors de cette inversion, ma technique ne me permet pas de m’en immuniser. Lorsque je transpose le dessin sur son support définitif, il m’arrive parfois de constater que mes visages sont déformés en dépit de mes lignes de construction. Il faut alors tout recommencer…
D’un autre côté, ce constat vous soutient dans votre recherche de l’absolu, de cette épure du trait à laquelle vous aspirez.
C’est vrai, je m’étais jamais fait cette réflexion, mais je peux vous assurer que tout cela me prend énormément de temps avant de parvenir à la version finale d’un dessin. Sans oublier les cinquante années de travail qu’il a fallu pour combler mes nombreuses lacunes techniques.
En bande dessinée, je faisais à mes yeux énormément d’erreurs. Mais les planches vous situent dans un courant narratif qui excuse les approximations. Je n’avais pas le temps de regarder en arrière, car il fallait continuellement s’atteler à la suite. Et même lorsque je regardais une planche par la suite, j’acceptais le fait qu’il s’agissait d’un ensemble de dessins qui se soutenaient les uns les autres, et qu’ils ne devaient donc pas tous être respectivement parfaits
Alors que l’illustration est un arrêt sur image qui ne profite pas ce contexte. Elle ne bénéficie pas du paravent de la narration, avec la vie qui se dégage du mouvement des cases et des phylactères. Le niveau d’exigence est donc bien plus élevé.
En arrêtant la bande dessinée pour vous consacrer à l’illustration, vous multipliez donc les contraintes ?
En effet ! En regardant l’un des dessins qui compose cet ensemble de 100, on est en droit de ne pas en apprécier le style, mais l’illustration en elle-même doit être juste, équilibrée et bien proportionnée. Si on devait utiliser ce même dessin en tant que case de bande dessinée, on placerait les masses de noir pour accentuer la lisibilité tout en jouant sur la position du phylactère, ce qui facilite l’exercice. Sa réalisation prendrait moins de temps car on ne s’arrêterait pas aux petits détails. Dans le cas de l’illustration, il faut hausser le niveau pour que le dessin fonctionne par lui-même.
Dans ce jeu des contraintes, je vous vois tel Sisyphe qui monte sa pierre en haut de la montagne, mais sans regretter de la voir redévaler la pente...
Car j’aime dessiner, viscéralement ! Le plaisir de cette réalisation est sans doute indicible… Comme l’amour que l’on porte à un autre est également indicible ; si on tente de l’exprimer avec des mots, on aura tendance à affaiblir la force du sentiment que l’on ressent. Idéalement, il ne faudrait donc ne rien dire… Juste se contenter de ressentir.
Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.
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Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
« 100 » de Marc Michetz - Exposition du 20 décembre 2024 au 12 janvier 2025 chez Marc Breyne Gallery
32, Rue Blaes
1000 Bruxelles
Ouvert du mercredi au dimanche, de 10 à 18h
+ 32 (0)2 893 90 35
Concernant cet espace d’exposition, lire également Huberty & Breyne ouvrent un nouvel espace : "Marc by H&B"
Sauf exception mentionnée, les photos de Michetz et de l’exposition sont : Charles-Louis Detournay.
[1] L’exposition « Estouffades » de Marc Michetz s’est tenue du 10 au 21 février 2024 au sein de la Marc Breyne Gallery (Bruxelles).
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