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Moyen
23 décembre 2024
Raya cumule tout ce que les fondamentalistes détestent : elle est lesbienne et rêve de pouvoir vivre libre. En signe de protestation, elle se teint en violet les deux grandes mèches de cheveux et se rase l’arrière du crâne. Rebelle, elle adopte une attitude punk sans se cacher, au péril de sa vie et de celle de ses proches. Elle boit à ne plus pouvoir marcher et elle est provocatrice en public, ne respectant aucune des règles de bienséance fixées par la charia.
Alors que sa mère désespère de la faire rentrer dans le rang de celles qu’on essaie de marier pour ensuite les enfermer dans un carcan, Raya s’évertue à se mettre en danger pour s’émanciper. La jeune femme se fait exclure de son lycée et en fréquente les milieux underground de la capitale, où l’on s’adonne à tous les excès interdits par les ayatollahs.
Raya a cependant deux grands objectifs. Le premier, passer un week-end à Ormuz, dans le sud du pays, sorte d’enclave où tout semble plus libre et permis. Le second, c’est s’enfuir définitivement vers Paris, l’Eldorado des droits de l’Homme aux yeux de cette jeunesse qui subit les violences de la dictature religieuse.
Cet ouvrage est conçu comme un manifeste à soutenir les mouvements libéraux, dans un pays agité par les soubresauts de la liberté. On perçoit également la volonté des auteurs de faire ressentir le climat d’oppression et de terreur qui règnent en Iran.
Cependant, outre le caractère très minimaliste du dessin (on ne mettra pas en cause les choix graphiques et le style de la dessinatrice Zainab Fasiki), certains passages semblent assez simplistes, voire irréalistes. Et ce même si on nous assure que l’histoire est vraie, puisqu’il s’agit de celle d’Aran de Shahdad, une Iranienne qui a choisi de témoigner. Difficile d’oublier des images qui ont fait le tour du monde en novembre dernier. Celles de la jeune Ahou Daryaei, emprisonnée pour avoir défié les gardiens et gardiennes de la révolution en s’affichant en tenue légère dans les rues de la capitale.
Est-ce que tout se terminera comme dans le livre ? Est-ce que la situation des jeunes et en particulier des femmes s’améliorera ? Seule le temps nous le dira. Mais n’oublions pas qu’une révolution ne se fait jamais en quelques jours et que la démocratie ne s’installe pas d’un claquement de doigts.
Par Romain BLANDRE
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