Pas mal
11 octobre 2025
La publication en France avait été avortée après un album. Reprise par Sarbacane - tombé sous le charme et désireux de la faire connaître à une nouvelle génération - nous en découvrons maintenant le plein potentiel. La BD, traduite de l’allemand, compte en totalité cinq opus publiés chez l’éditeur berlinois Reprodukt.
Aujourd’hui, Sarbacane rempile avec Mathis, le carton magique et l’introduction d’un nouveau personnage : une "baby sitter" d’enfer…
Ma baby sitter mal aimée
Les parents du jeune Mathis ne jugent pas bon de le laisser seul à la maison. Ainsi, ils engagent leur voisine, une ado sympathique à première vue, mais qui se révèle assez vite mauvaise avec Mathis. Qui le lui rend plutôt bien. Autant dire tout de suite que le courant ne va pas passer entre ces deux énergumènes. S’annonce alors une soirée sous tension. Mais c’est sans compter le retour de “Carton” dans la vie de Mathis...
Mathis et le carton magique se lit aisément, comme un sympathique conte contemporain. Sans vraiment délivrer de morale, le récit aborde la classique et universelle thématique de l’amitié. Plus précisément des tensions qui peuvent en naître. Bien que le carton magique, créature fantastique et meilleur ami de Mathis, soit censé occuper le cœur de la série, il se retrouve relégué au second plan dans ce nouvel opus.
Plus déroutant, cette suite semble écarter certains principes instaurés dans la première histoire : La clé magique, censée uniquement permettre à Mathis de passer de chez lui à la demeure du sorcier, ne devait pas fonctionner dans l’autre sens. Pourtant, ici, les allers-retours se font sans la moindre difficulté…
On a même l’impression que ce devait être un one-shot à l’origine. Aussi, Mathis ne semble pas vraiment avoir compris la leçon quant au danger lié à la pétrification des adultes, au contact avec le carton. Le sorcier Tamus Trognebarde, propriétaire du dit Carton, toujours introduit comme l’un des personnages centraux de la série, est plus que jamais aux abonnés absents, malgré un petit caméo...
Partons peut-être du principe que Mathis et Carton seraient trop sages s’il était omniprésent. Mais cela n’enlève en rien le fait qu’il aurait pu être davantage développé. Enfin, bien que l’histoire se laisse lire, sa dernière partie manquant de crédibilité, ne nous convainc pas tellement. Tout comme l’évolution de Jana, la baby-sitter, pas assez dans la nuance.
L’agréable style graphique assez cartoon (et non pas carton) est porté par un trait aussi souple que tendre et des couleurs vives. Le découpage plan par plan dans un temps assez serré se rapproche des storyboards d’animation (avec un dessin évidemment plus poussé). Il est à noter que le dessinateur, Heifschötter, a officié pour des films en tant qu’animateur et concepteur de personnages.
Ce second récit laisse un goût bien moins appétissant que son prédécesseur, même s’il n’est pas complètement inintéressant. Reste voir si la suite...
Par Rémi BARNAULT
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Le deuxième opus de Mathis et le carton magique est en vente aux éditions Sarbacane, pour 13,50 €.