Sous la forme d’un conte à plusieurs niveaux de lecture, Emmanuel Lantam nous plonge dans un monde fantastique et pastoral, remplis de personnages hauts en couleur. On y trouve des images très évocatrices, tel que les mamans trains, qui ont des œufs qui éclosent au bout de leur museau. Ces enfants sont ensuite destinés à suivre les mêmes rails que leurs parents. En attendant que Marly grandisse, des petits êtres lui apprennent à imiter sa mère sur des parcours enfantins. Car il faut absolument que le travail de train soit fait, sinon comment payer les factures et les gâteaux ?
Cet ouvrage représente la pression sociale et familiale ainsi que les dangers et joies que l’on rencontre si on s’éloigne de la voie qui nous est donnée. Elle montre ainsi différentes visions de la liberté. D’abord avec un personnage en marge de la société dont la vie a l’air pauvre : une bergère squelettique en haillon suivie par un troupeau de crânes. La fin offre un autre goût de liberté, quand la patronne, la protectrice autoritaire de la Région Nord, permet à Marly qu’elle organise ce qu’elle veut : une séance de cinéma.
Le graphisme rappelle l’œuvre Little Nemo de Winsor McCay dans les couleurs et l’onirisme. Les ambiances colorées sont très belles. Certaines pages pleines de mouvements sont impressionnantes. Les éclairs, le vent, l’eau, le feu, la glace s’y déchaînent. La simplicité des personnages des trains tout en rondeur n’empêche pas de voir très clairement leur état émotionnel. On ressent la colère de la maman de Marly sans même la voir, juste par l’énorme fumée qu’elle produit et qui détruit tout sur son passage. La mise en scène est variée et ludique avec peu de cases par page.
Emmanuel Lantam est aussi animateur et a animé un personnage similaire à Marly que l’on peut voir sur ce lien [1] :
Cette œuvre est un magnifique parcours initiatique qui sort des sentiers battus et nous invitant à suivre sa propre voie.
Par Aurélie MONTEIX
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