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Pas mal
8 octobre 2025
Nous sommes probablement dans les années 1960. C’est flanqué de son vieil enregistreur qu’Ernesto revient dans son village d’enfance, entre montagnes et forêts. Désormais thésard en littérature, il est en quête d’histoires, de comptines, de berceuses anciennes. À ce titre, Malanotte est un terrain de recherche idéal : ses anciens, encore imprégnés de culture paysanne, se montreront disposés à alimenter ses recherches. D’ailleurs, l’accueil qu’on lui fait est chaleureux. Mais d’autres rechignent à se confier et, progressivement, la méfiance s’installe : que veut donc exhumer ce gars de la ville ? Parmi les propos enregistrés, ressurgissent des mystères qui lui rappellent pourquoi il avait jusqu’alors évité de retourner au village, et pourquoi son père en est parti précipitamment.
Il s’agit du deuxième album de la collection Aux Confins de Steinkis, notamment orienté vers l’achat de titres étrangers. Nous voici en Italie, avec ce titre de Marco Taddei. Après une acception géographique du terme (dans Au-delà de Neptune), on se retrouve ici aux limites de la réalité et, parfois, de la rationalité : comment démêler le vrai du faux, le fait de la croyance, la mémoire de la divagation... ? En dépit de certaines promesses, l’épouvante attendue n’arrive pas vraiment, hormis lorsqu’Ernesto rencontrera Sarah, une jeune femme qui vit désormais là où il a grandi. Les nuits qu’il va passer dans la chambre de son enfance seront perturbées par un théâtre d’ombres, qui n’est manifestement pas que dans sa tête. Comme dans bien d’autres scènes, la libre interprétation est laissée aux lecteurs.
Au niveau du dessin de La Came, en noir et blanc, apparaissent deux styles : l’un, fin et réaliste, est appliqué aux paysages et aux décors, avec une insistance particulière sur des jeux d’ombres ; l’autre, appliqué aux personnages et notamment à leurs visages, est plus en rondeurs, moins attaché aux proportions, se rapprochant même d’un style manga. Là aussi, libre aux lecteurs d’apprécier – ou non – cette cohabitation.
Par Damien BOONE
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