MARCHÉ DE LA BD : Le recul de 9% du marché francophone de la BD en 2024 doit nous donner à réfléchir

Par Didier PASAMONIK 14 février 2025 
Bien que, selon un rapport de GfK publié fin janvier 2025, la BD occupe la 2e place dans la vente des livres en France, juste après la littérature, elle est en recul en France de près de -9% en 2024, par comparaison avec l’année précédente. Interrogés, la plupart des acteurs du marché temporisent : « retour à la normale » nous dit-on, « le solde par rapport à 2019, avant la crise du Covid, reste largement positif : +41% en nombre, +50% en valeur », « C’est une année sans Astérix, avec un One Piece de moins », « Dans d’autres pays en Europe, le recul est semblable, il est dû au contexte économique global… » On se veut donc rassurant. Mais encore ?...

Pourtant, les analystes de GfK parlent d’une « évolution en trompe-l’œil », soulignant que la BD (et avec elle la jeunesse) subit le plus fort recul du marché du livre en 2024 (-6,5 millions de volumes en moins, alors que la littérature a des chiffres positifs de son côté).

Quelles sont les raisons de ce recul ? Premièrement, on s’en doute, l’augmentation des prix (de +3% sur les mangas à +5% sur les albums). L’inflation affectant l’énergie, l’augmentation du prix du papier en sont les causes.

Les prix de la bande dessinée ont davantage augmenté que l’inflation : +5% contre +3% pour le livre pour une inflation de +2% selon l’INSEE. Ce facteur est essentiel : ceux qui ont augmenté en 2024 au-delà de l’inflation, comme la BD jeunesse, ont nettement perdu du terrain. Ce n’est pas la seule raison : alors que ces statistiques ne tiennent compte ni d’Astérix, ni de Gaston qui distordraient les résultats, il est possible que l’absence d’effet d’entraînement de ces « produits d’appel » cette année soit responsable de ce ressac.

Le plus fort recul est celui des mangas. Nous avons eu « un One Piece de moins » nous dit-on chez Glénat, et c’est vrai. Mais le « retour à la normale » de l’après-Covid, période qui a dopé les mangas grâce au Pass Culture notamment, s’il était prévisible et laisse un solde en cumul largement positif, montre qu’en dehors des grands acteurs du marché (Glénat, Kana, Ki-Oon, Crunchyroll, Kurokawa, Pika, ou Nobi Nobi…) les balles sifflent. Les grandes séries aussi s’essoufflent et, en fonction du renouvellement des blockbusters, il peut y avoir des passages à vide. C’est également une explication.

Mortelle Adèle Imperator et la révolution Inoxtag

La série Mortelle Adèle reste LE phénomène de l’édition de ces dernières années. Avec son prix proche des mangas, l’impertinente Adèle constitue à elle seule 19% des ventes de la BD jeunesse, squatte 54% des titres du Top 50 et 65% du Top 50 du chiffre d’affaires de ce secteur. La nouveauté a fait à elle seule 290 000 albums vendus cette année.

L’autre phénomène « Mangas » est la série Instinct d’Inoxtag. Le YouTubeur occupe l’Everest des ventes de BD en 2024 avec 356 000 ouvrages vendus, loin devant Mortelle Adèle, Moi Fadi de Riad Sattouf (273 000 ex. quand même) , La Route, Blake et Mortimer et Lucky Luke qui avoisinent les 200 000 ventes à la nouveauté.

Ce qu’indique la percée d’Inoxtag, c’est que le manga non-japonais est en train de prendre des parts de marché. C’est une révolution annoncée par Frédéric Toutlemonde dans les pages d’ActuaBD. Même si, comparé au Japon, en raison d’un modèle économique qui intègre les créations, les « IP (Intellectual Properties) », dans tous les domaines d’exploitation : dessins animés, jeux vidéo, merchandising, novellisations…, on est loin d’atteindre leur excellence et leur puissance de feu. Ce phénomène est un indicateur important. Et comme les choses vont de plus en plus vite en ce bas monde…

Les faiblesses cachées de la production européenne

Il faut le dire : ces vingt dernières années, les éditeurs français se sont régalés : la montée en puissance des mangas dans notre économie (en volume, ils atteignent parfois 50% du marché de la BD) a été une source de dynamisme (ils ont ramené le jeune public vers les librairies et les bibliothèques), de challenge concurrentiel et… de marge. Car c’est une BD peu chère à produire, sans frais de création (c’est un achat de licence), laissant un bénéfice confortable même si, avec les années, les royalties étaient de plus en plus dispendieuses. Une baisse des mangas affecte donc directement la rentabilité des grandes maisons d’édition. Par ailleurs, cette « manne » est fragile : les éditeurs japonais peuvent changer d’interlocuteurs à leur guise, voire, cela s’est vu encore récemment avec Vega, entrer eux-mêmes directement sur le marché. La production non-japonaise de mangas est donc une alternative.

L’autre faiblesse du marché français est la multiplication des romans graphiques, en particulier de « non-fiction ». À quelques exceptions notables près (Riad Sattouf…), ce sont des one-shots et des titres comme « Un Monde sans fin  », qui en dépit de son succès pharaonique, ne sont pas pérennes sur la durée. Dans dix ans, la question du réchauffement climatique, par exemple, aura évolué et les propos de son scénariste auront probablement perdu de leur force et de leur notoriété.

Or, ces romans graphiques : autofictions, précis d’économie, récits historiques et autres, comme L’Histoire de Jérusalem, La Vie Secrète des arbres, Les Guerres de Lucas, Ressources, Champs de bataille, Que faire des Juifs ?,… qui animent nos librairies ces temps-ci sont menacés d’obsolescence. Une nouveauté des mêmes auteurs n’entraînera pas automatiquement une rotation du fonds.

Or, c’est précisément là que se trouve la marge des éditeurs. Quand un nouvel Astérix sort en librairie, c’est entre 5 et 7 millions d’exemplaires mis en place dans le monde, entraînant un chiffre d’affaires équivalent des anciens titres, amortis depuis le siècle dernier. Sans faire autre chose que de réimprimer ! La marge est énorme.

Or, à cause du succès des romans graphiques ces dernières années, la place des séries dites « de genre » a décru. Et la marge des éditeurs avec elle. Sans une relance de nouvelles séries franco-belges au long cours, celle-ci continuera à décroître, d’autant que dans le domaine du roman graphique, plus facile à appréhender par les grands éditeurs de littérature (Denoël Graphic, Gallimard Graphic, La Cité graphique,…) la concurrence est rude, tant en France qu’à l’étranger et grignote chaque jour les parts de marché des « Pure Players ».

À cela s’ajoute la mutation des formats. Après avoir eu comme supports la presse ou le livre, le format numérique est le nouveau terrain de jeu de la bande dessinée, comme en témoigne l’émergence des webtoons. En 15 ans, les Coréens que l’on n’attendait pas, ont pris une place de leaders sur ce segment de marché, en Europe comme aux USA et au Japon.

De telles mutations exigent de notre part de la créativité, de l’inventivité, de la compétitivité et une certaine agressivité commerciale. Mais avant tout, une prise de conscience.

Par Didier PASAMONIK

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Etude sur la BD Jérusalem Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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44 Messages :
  • « comme « Un Monde sans fin »... les propos de son scénariste auront probablement perdu de leur force ... »

    Ils sont dès la sortie du bouquin falsifiés, faux, orientés et dans la main du lobby nucléaire. La tartuffe est déjà démasqué.

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    • Répondu le 15 février 2025 à  10:30 :

      Ce n’est pas le sujet. Les propos de Jancovici et Blain témoignent effectivement de leur époque. Qu’ils soient vrais ou faux, sur un tel sujet, leur livre sera en effet obsolète dans 5 ans et donc leur livre ne sera pas un ouvrage de fond et rééditiable, comme l’explique l’article.

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      • Répondu le 15 février 2025 à  11:43 :

        Ce que dit avec raison LC c’est que le livre était obsolète dès sa sortie.

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        • Répondu le 16 février 2025 à  10:03 :

          Ah oui parce que augmenter la part du nucléaire dans le mix énergétique ne fait pas baisser les émissions de CO2 ? Mais augmenter la part des énergies renouvelables non plus. Les énergies s’additionnent. On continue à utiliser toujours plus d’énergies fossiles. En vérité, il n’y a pas de solution.

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  • c’est finalement le cas chez les éditeurs généralistes. Peu de séries, des essais qui deviennent obsolètes en quelques années, voire quelques mois (genre, les livres sortis en catastrophe sur Kamala Harris, qui n’intéressent déjà plus personne). La bande dessinée s’est trop longtemps appuyée sur les locomotives que représentent quelques "marques" bien établies et essorées jusqu’à la moëlle à force de reprises, de vu par..., de reboot.
    Le succès fulgurant de séries jeunesse comme Mortelle Adèle ne garantit pas que les lecteurs de ces séries continueront à lire de la BD plus tard, et ceux qui lisent le Xème revival d’un vieille série vont immanquable mourir, plus ou moins bêtes. Cela crée un ventre mou, qui est en partie comblé par les romans graphiques, qui attirent des lecteurs qui ne lisaient pas nécessairement de la bande dessinée. Bilal, Moebius et d’autres ont initié la tendances des auteurs de BD que lisaient des gens qui ne se considéraient pas comme BDphiles (d’où le fantasme de Menu de s’affranchir des petits miquets). Depuis, des succès de librairies montrent que ce marché est très dynamique mais imprévisible. Comment prévoir ce qui sera un succès, sans la certitude d’un plan marketing bien balisé ?
    En fait, je pense qu’il ne faut pas s’en faire pour les éditeurs. Ils trouveront toujours leur intérêt. mais, pour les auteurs, cela rend la situation de plus en plus instable.

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  • Je l’ai souvent dit dans mes posts, sans une réelle volonté éditoriale de relancer le système de la série, faire plus de format de 46 pages, quitte à augmenter la pagination par moment, on a pas finit de toucher le fond. Difficile déjà pour moi de convaincre mes éditeurs, et pourtant, le roman-graphique ne sera pas un salut suffisamment pérènne.

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    • Répondu le 15 février 2025 à  10:39 :

      L’avenir ce n’est probablement pas le roman graphique onéreux sur des sujets de non-fiction périssables mais ce n’est certainement pas le retour du 48 pages cartonné. L’avenir se fera sans doute sans papier et probablement même sans lecture. Les gens consommeront toujours du divertissement, pas forcément créé par des humains, mais ce sera probablement autre chose que de l’écrit et des images fixes. La BD restera un truc de niche pour quelques amateurs très âgés ou très minoritaires.

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      • Répondu par Milles Sabords le 15 février 2025 à  14:50 :

        La radio n’a pas disparue, ni la TV, ni le vinyle, ni les cinémas, ni les concerts, tout ses outils de divertissement se sont adaptés en touchant de nouveaux publics qui ne sont ni âgés, ni minoritaires. La BD, et donc les livres en général, feront de même. Nous sommes encore très loin d’un monde où le tout digital règnera en maître, tant les enjeux climatiques ne sont toujours pas suffisamment pris au sérieux. À commencer par le problème du fonctionnement des data centers.

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        • Répondu par Gina Vanilla le 15 février 2025 à  17:33 :

          Exact, cher ami, beaucoup de jeunes technophiles trouvent ringard le concept d’objet culturel matériel, donc plutôt que d’aller au cinéma, ils regardent Netflix ! Le PDF remplace le livre et le fichier audio MP3 Deezer le CD. Et bientôt, plutôt que de préparer un exposé dans une bibliothèque, ils demanderont à l’IA la solution.
          Je commence à me sentir dépassée, il me semble que les mois d’enfermement du Covid n’ont rien arrangé, tout va bien tant qu’on a assez d’électricité, mais après ?

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        • Répondu le 15 février 2025 à  18:17 :

          Personne n’a dit que la lecture va disparaître mais sauf sursaut, elle va être très largement marginalisée. L’écriture aussi, qui n’est déjà plus pratiquée en classe dès le collège, scandale mondial silencieux dont personne ne parle. Il y aura toujours des écrivains, et des dessinateurs mais ils ne s’adresseront qu’à une toute petite portion d’amateurs. Ce ne sera de toute façon plus une activité suffisamment viable pour en faire son métier ; c’est déjà le cas d’ailleurs. Ça fait partie des milliers de métiers qui vont disparaître.

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          • Répondu par Milles Sabords le 16 février 2025 à  07:01 :

            Gina, vous avez mis le doigt sur l’élément principal de la digitalisation de notre monde : l’électricité. Cette électricité, qui comme l’eau potable, vont devenir des enjeux cruciaux pour les décennies futures. Et pour faire suite à l’avis de 18:17, c’est impossible de prédire l’avenir, malgré les annonces alarmantes sur la possible destruction de millions d’emplois par l’IA. Certes, il y aura des mutations dans des secteurs entiers de la société, mais tout ne va pas disparaître au profit des écrans. Vous parliez de l’écriture, mais on disait la même chose de la lecture avant que n’arrive l’effet Harry Potter, et aujourd’hui, l’engouement pour les romans de Bad-romance qui cartonnent et dont personne n’avait vu venir le succès librairie, déjoue toutes les prédictions de la gentrification de la lecture. La paupérisation de la BD n’est pas due à l’avènement du digital, mais bien à des problèmes sociaux que personne ne veut régler. Quant à faire tourner à plein régime les centrales à charbon pour alimenter les data centers, il y a aura un moment où la terre dira « stop », puisque nous en détruisons les matières premières beaucoup plus vite qu’elles ne se régénèrent. Et ce moment arrivera très vite, et sera brutal. Il n’y a rien de plus fragile que l’électricité et les écrans ne sont pas comestibles.

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        • Répondu le 15 février 2025 à  23:13 :

          "Nous sommes encore très loin d’un monde où le tout digital règnera en maître, tant les enjeux climatiques ne sont toujours pas suffisamment pris au sérieux. " Le numérique est ultra-polluant et émetteur de CO2, plus encore depuis l’arrivée de l’IA.

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          • Répondu le 16 février 2025 à  10:07 :

            Le moment où la Terre a dit stop est déjà arrive mais nous ne l’avons pas écoutée et nous continuons comme avant.

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            • Répondu par Sergio Salma le 16 février 2025 à  13:25 :

              J’aime beaucoup cette ambiance bon enfant , l’optimisme de ces échanges. La bonne humeur est palpable et l’humour est si présent, c’en est réjouissant.

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              • Répondu le 17 février 2025 à  00:08 :

                On n’est pas des humoristes, nous, on est des lecteurs de BD. On lit des BD justement pour que vous les humoristes nous fassiez rire. On vous attend sur ces sujets, réchauffement climatique, IA, 3e guerre mondiale, on ne demande qu’à en rire.

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            • Répondu par Gina Vanilla le 16 février 2025 à  18:09 :

              Nous les Françaises et Français faisons des efforts, voir le prix de l’essence ou des malus écolos appliqués aux véhicules sportifs, les contraintes qui pèsent sur les passoires thermiques de l’immobilier.
              Mais nous sommes des lutins de la taille des Schtroumpfs face au méchant Gargamel (Etats-Unis trumpistes, Russie, Chine et Inde) qui ne se sentent pas concernés, alors qu’ils sont les principaux responsables de la pollution et des déreglements climatiques .

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              • Répondu le 17 février 2025 à  22:07 :

                Les français sont tout autant responsables à l’échelle de leur population.

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    • Répondu par Gina Vanilla le 16 février 2025 à  18:01 :

      Disons que le "roman graphique" est un label marketing qui permet aux librairies généralistes qui vendent essais et romans de s’intéresser au genre, mais que divers genres peuvent s’abriter sous cette ombrelle dorée. Ce sont des livres épais et généreux qui ont parfois demandé deux ou trois ans de travail à des auteurs prestigieux, mais ce sont souvent aussi des livres consacrés à l’actualité "hot" du moment (je pense évidemment à l’Ukraine et à la Palestine), themes de société inclus (en vrac, le droit à l’avortement, le droit au logement, le droit à une médecine ou à une éducation gratuite. Sans oublier le label écolo qui fait toujours vendre). Là ce sont parfois des livres intéressant à lire, un condensé de ce que l’on peut trouver sur wikipedia ou lire dans le quotidien du soir Le Monde, mais ce n’est parfois.... pas vraiment joli à regarder. Je m’apprête à lire d’ici six mois-un an plusieurs livres consacrés à Trump et Musk, bweerk ! ah, il y a aussi la montée inquiétante de l’extrême-droite en France, mais il y aura sans doute moins de livres sur le sujet !

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      • Répondu le 17 février 2025 à  00:11 :

        Oui c’est le paradoxe du roman graphique consacré à l’actualité. D’une part, ce n’est pas un roman, puisque ce n’est pas de la fiction. D’autre part, il faut 3 ans pour le dessiner, une soirée pour le lire, et le contenu du livre est périmé le mois suivant. Heureusement qu’on est mal payés pour les dessiner, sinon on pourrait croire que c’est un produit qui a de l’avenir…

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  • C’est étonnant mais peu de personnes parlent du fond du sujet évoqué dans l’article... Le prix et une offre éditoriale adaptée (je n’ai pas dit correspondante) au lectorat ont toujours été les clefs du succès ou des échecs de l’édition... L’article revient aux fondamentaux

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    • Répondu par Seb le 17 février 2025 à  13:59 :

      Oui c’est clair. Le succès de Mortelle Adele montre qu’en s’adaptant aux formats qui marchent (petit des mangas) on peut créer des locomotives avec des licences nouvelles et locales. Mais pour ça il faut sortir du 48CC et faire preuve d’un peu de vision de long terme, et pas juste de coups éditoriaux annuels.

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      • Répondu par Gina Vanilla le 17 février 2025 à  18:19 :

        Succès incroyable, mais mérité pour la série Mortadelle (hihihi). Pas de prix remporté à de grands festivals (festi-veaux ?), mais le public enfantin lui a fait un triomphe !
        Je n’en ai jamais lu, cela me semble s’adresser aux toutes petites et petits !

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      • Répondu le 17 février 2025 à  18:24 :

        Mortelle Adèle a tout d’un coup éditorial exploité jusqu’à plus soif. Pas sûr du tout que les générations suivantes s’y intéressent.

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        • Répondu par Gina Vanilla le 17 février 2025 à  19:35 :

          Je sais pas, j’ai pas de boule de cristal !
          Maintenant qu’attendent les éditeurs classiques jeunesse pour l’imiter ?
          Manque d’idées ou d’ambition ?
          Le modèle imprévu de réussite est dispo !
          Ah oui, des fois le succès est imprévu !
          Maintenant, pour les séries récentes à succès, je vois l’Arabe du futur, mais aussi the Undertaker et les Vieux Fourneaux !

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          • Répondu le 17 février 2025 à  22:09 :

            Si vous n’avez jamais lu Mortelle Adèle, comment pouvez-vous dire que son succès est mérité ?

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            • Répondu par Gina Vanilla le 18 février 2025 à  18:35 :

              Je regarde juste les chiffres de vente,, ils sont excellents !

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              • Répondu le 19 février 2025 à  12:56 :

                Ce n’est pas parce que les chiffres sont excellents que les livres sont excellents. Le succès n’est pas toujours proportionnel au le talent. Si c’était le cas, les éditeurs ne publieraient que des bestsellers.
                Lisez au moins deux tomes. un des premiers et un plus récent et revenez nous donner vos impressions !
                J’en ai lu plusieurs et je ne comprends toujours pas pourquoi ce succès auprès des enfants.

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          • Répondu le 18 février 2025 à  06:28 :

            On ne peut pas dupliquer un succès. L’absence de succès n’est ni un manque d’idées ou d’ambition. Le succès est imprévisible. PAs "des fois" mais toujours. Le business model de la BD, c’est le hasard. Les éditeurs ne font pas des études de marché pour savoir si tel titre ou tel autre plaira et n’ont pas de boule de cristal. Ils parient et essaient d’éviter la casse. Tous les titres qu’ils proposent, ils y croient. Le succès est toujours expliqué après coup avec des théories plus ou moins fumeuses mais personne ne peut l’anticiper.
            Lorsque le succès est là, oui, l’éditeur a les outils marketing pour l’amplifier. L’éditeur peut amplifier le succès mais pas l’anticiper.

            "Maintenant qu’attendent les éditeurs classiques jeunesse pour l’imiter ?"

            De quels éditeurs parlez-vous ?
            Un succès ne s’imite pas.

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            • Répondu le 18 février 2025 à  17:03 :

              "On ne peut pas dupliquer un succès." Peut-être. N’empêche que les éditeurs n’arrêtent pas d’essayer. Tout succès se retrouve transformé en formule déclinée jusqu’à la nausée.

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            • Répondu par Gina Vanilla le 18 février 2025 à  18:41 :

              Je ne leur demande pas de faire une contrefaçon de Mortadelle, mais d’essayer de trouver d’autres bonnes idées à même de renouveler un public parfois vieillissant.
              Pour relancer les ventes en aidant les libraires !
              Que font Dupuis, Le Lombard ou Casterman, sans oublier Glénat ou Delcourt-Soleil puisque vous demandez des noms que vous connaissez sans doute ?

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              • Répondu le 19 février 2025 à  07:52 :

                Les éditeurs trouvent rarement les bonnes idées, elles sont généralement dans la tête des auteurs.
                Si seulement les éditeurs étaient capables de trouver des idées de bouquins qui se vendent, ils ne publieraient pas autant de livres qui ne se vendent pas et ils permettraient à plus d’auteurs a vivre de leur travail.
                Dans la liste des éditeurs jeunesse classique, vous oubliez Bayard. Tom-Tom et Nana, Ariol, Anatole Latuile, Mortelle Adèle, ne sont pas des ventes anecdotiques.
                Aujourd’hui, la production de Bayard est même plus axée jeunesse (enfance pas adolescence) que celle des éditeurs que vous citez.

                À force de vouloir devenir adulte (besoin de reconnaissance), la bande dessinée a oublié qu’elle s’adressait aussi au enfants et d’abord à eux puisqu’on commence à en lire tôt. Avec le temps qui passe, si l’offre faite aux enfants n’est pas assez riche, le reste ne peut pas suivre et ne peut que décliner. Et cette volonté de publier de la bande dessinée pour enfants qualitative ne peut venir que des éditeurs. Là oui, il y a une idée, un discours à creuser, une colonne vertébrale à reconstruire.

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  • Un seul problème le prix....
    T as ton budget mensuel ou annuel, tu vois des trucs tu regardes .
    Puis tu passes en caisse t as 60 balles... 2 romans graphiques.

    Tu réfléchis un peu 60.balles 2 pièces.... Bon ben laisse tomber.

    Autre sujet les scénarii tu veux passer un bon moment où te tirer une balle à la fin ? En ce moment c est pas la joie les scénarii, plutôt gris le temps.

    Donc revenez sur terre arrêter vos tirages de luxe et vos prix délirants.

    Back to basic....

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    • Répondu le 19 février 2025 à  08:01 :

      Le prix est un obstacle. Mais n’oubliez pas que les auteurs ne vivent que d’un pourcentage sur les ventes de leurs ouvrages.
      En général, si vous dépensez 60 euros pour 2 romans graphiques, leurs auteurs en récoltent un peu moins de 10 %. Ils doivent en vendre des quantités astronomiques pour pouvoir en vivre. Et sur les livres quasi neufs achetés d’occasion, les auteurs ne gagnent rien mais sont lus quand même.Sur les livres empruntés en bibliothèques, les sommes qu’ils perçoivent de la Sofia sont dérisoires. Le prix des livres a augmenté en moyenne de 5% en 2024 pour rattraper l’inflation qui grimpe depuis 2020. Si les auteurs deviennent trop pauvres, ils ne pourront plus rien écrire et dessiner. seuls les auteurs à succès pourront continuer. Pas sûr que ce soit rentable et pérenne pour les éditeurs.

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      • Répondu le 19 février 2025 à  21:27 :

        La plupart des auteurs, dont moi-même, vivent des à-valoirs et pas des ventes de leurs livres. Le fait que les livres soient de plus en plus chers pénalise en premier lieu les lecteurs ET les auteurs. Acheter 2 livres ne devrait jamais coûter 60 euros. C’est hors de prix. La culture et le divertissement doivent rester à la portée du plus grand nombre. Le roman graphique devient une aberration, il comprend trop de pages, il est trop long à dessiner pour pouvoir en vivre en maintenant la qualité du travail, et à la fin il est vendu à trop peu de gens et bien trop cher.

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        • Répondu le 20 février 2025 à  08:53 :

          Peut-être que je me trompe mais j’ai l’impression que plus il y a de livres sur le marché et que plus le tirage de ces livres baisse et plus leur coût de revient augmente.

          Avec l’inflation de ces dernières années, tout a augmenté. Et je ne crois pas que baisser le prix des livres les feront plus et mieux vendre et permettront aux auteurs de mieux en vivre.

          Le principe des avances est une absurdité. Les auteurs devraient être rémunérés pour leur travail réel et pas sur un potentiel succès à venir.

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          • Répondu le 20 février 2025 à  18:45 :

            On est dans une économie libérale. Le travail d’un artiste n’est pas rémunéré, sauf à être subventionné. C’est l’argent que rapportent ses œuvres vendues qui lui permettent de vivre. L’avance lui permet d’être payé pour des ventes supposées qui généralement ne se produiront pas. Si vous supprimez le système des avances, l’artiste meurt véritablement de faim.

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            • Répondu le 21 février 2025 à  17:11 :

              Sauf que les avances ne correspondent plus aux ventes d’un premier tirage (ou très rarement), ni au travail à fournir pour créer l’œuvre publiée par l’éditeur. Etc.

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            • Répondu le 5 mars 2025 à  08:56 :

              Un système libéral où la profession d’auteur est "indépendante" plutôt que libérale. Les éditeurs (clients des auteurs) fixent les tarifs et les auteurs ne peuvent que très rarement les négocier. Pas beaucoup de professions libérales ou le client décide du prix à payer.
              Supprimer les avances et remplacez-les par des salaires pour les travail à exécuter. Un réalisateur de films est rémunéré en salaires pour le travail qu’il doit faire ET en droits d’auteur sur l’exploitation de ses œuvres.
              La faiblesse du niveau de rémunération des auteurs permet la surproduction et cette surproduction amplifier la faiblesse des rémunérations. À ce jeu, l’édition n’est rentable que pour les éditeurs et leurs employés. Pas pour les auteurs, toujours plus précarisés.
              Le libéralisme sans arbitrage de l’État, ça s’appelle l’ultra-libéralisme.

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              • Répondu le 14 mars 2025 à  17:55 :

                "Un réalisateur de films est rémunéré en salaires pour le travail qu’il doit faire ET en droits d’auteur sur l’exploitation de ses œuvres." Je ne sais pas d’où vous sortez ça. Par ailleurs, l’éditeur n’est pas le client de l’auteur, vous dites vraiment n’importe quoi.

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                • Répondu le 17 mars 2025 à  21:40 :

                  "Un réalisateur de films est rémunéré en salaires pour le travail qu’il doit faire ET en droits d’auteur sur l’exploitation de ses œuvres." En salaire, pratiquement jamais. Pour le reste, c’est comme dans la BD, tout dépend du contrat. Si vous êtes un réalisateur connu, vous pouvez renégocier votre contrat, le montant de votre forfait, et le montant de vos droits si vous êtes l’auteur de l’oeuvre.

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  • Comme amateur de bd, plus il y a de choix, plus je suis heureux. Le reste n’est que modes et air du temps…

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    • Répondu le 14 mars 2025 à  17:57 :

      Comme amateur de BD, vous ne devez pas apprécier que la plupart des BD que vous aimez s’arrêtent après le tome 1 ou le tome 2. Et pas apprécier non plus que bon nombre des dessinateurs que vous aimez arrêteront la BD au bout d’une quinzaine d’années.

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      • Répondu par Gina Vanilla le 16 mars 2025 à  10:09 :

        Moi, ce que je trouve dommage, c’est toutes ces maisons d’édition qui mettent la clef sous la porte. Leurs livres peuvent se retrouver chez les soldeurs, quel gâchis !

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        • Répondu par Gina Vanilla le 23 août 2025 à  16:55 :

          Il peut être amusant (ou triste) en effet de s’amuser à refléchir...
          Moi, je vois des maisons d’édition honorables, parfois indés, qui crient leur détresse et lancent des appels à la solidarité, une chaine de la diffusion en métamorphose (changement pour les albums Delsol par exemple), des librairies BD qui ferment à Paris (l’annonce de BD Net rue de Charonne, après la fermeture du Canal BD rue Bonaparte, près de l’ancienne Hune !! Dommage que MEL n’ait pas récupéré l’emplacement), sans parler de boutiques spécialisées manga qui ont fermé en province !

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PAR Didier PASAMONIK  
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