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Excellent
20 octobre 2025
Pas facile de continuer la série d’un géant de la bande dessinée au scénario comme Raoul Cauvin. Et pourtant, comme Willy Lambil veut se consacrer uniquement au dessin, pour poursuivre sa série « Les Tuniques Bleues », il faut bien trouver un scénariste — pas un bon, mais un excellent scénariste. L’attente du public est là.
Dès les premières cases, on sourit, car on réalise rapidement que l’ADN de la série est préservé. Fred Neidhardt écrit des dialogues savoureux entre Blutch et Chesterfield : ces petites phrases cinglantes entre ces deux compagnons d’infortune qui se détestent tout en se protégeant dans les pires moments.
Dans cet épisode, Blutch va déserter, mais, à son grand désarroi, après avoir échappé au peloton d’exécution, il va se retrouver au cœur d’un complot mené par les Confédérés : d’abord l’assassinat d’un général, puis celui du président Abraham Lincoln.
Le scénario est bien ficelé et emmène le lecteur sur une fausse piste. Une pirouette narrative vieille comme le monde, mais qui fonctionne toujours lorsqu’elle est bien amenée, entraînant suspense et envie de lire.
On retrouve avec plaisir les personnages qui constituent l’état-major, comme le général Alexander et le capitaine Stilman. Arabesque, le cheval si bien dressé par son cavalier, est aussi de la partie. Et le capitaine Stark ? Mais oui, il charge — et plutôt deux fois qu’une !
L’aventure, le comique de répétition, le comique de situation, le décor du XIXᵉ siècle américain, le ton antimilitariste : tous ces éléments de la série, qui immergent le lecteur dans cet univers qu’il connaît si bien et dans lequel il aime tant se replonger au moins une fois par an, sont au rendez-vous.
Willy Lambil se donne toujours avec la générosité qu’on lui connaît, en proposant de belles planches détaillées. Le large public qui le lit depuis si longtemps n’a aucun souci à se faire : le dessinateur vedette du Journal Spirou en a toujours sous le crayon.
Par David SPORCQ
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