Très bon
28 juin 2025
L’album s’ouvre sur la même scène qui débute le film : le général au colt à crosse d’ivoire entame un discours avec un immense drapeau américain en arrière-plan. L’image est forte, mais cette reprise aurait pu faire craindre un simple copier-coller qui n’aurait pas eu beaucoup d’intérêt. Heureusement, il n’en est rien.
La BD, tout comme le film d’ailleurs, ne nous raconte directement pas la vie de George Smith Patton Jr., mais débute par la bataille des Ardennes (décembre 1944). Autant dire la fin de sa vie, mais aussi le moment où il est entré dans l’Histoire et la postérité. En rivalité avec son allié, le maréchal Montgomery, commandant des troupes britanniques, avec qui il se disputait les honneurs de libérer l’Europe, sa stratégie audacieuse était caractérisée par la rapidité des mouvements et le fait qu’il prenait soin de toujours garder l’initiative.
Le premier opus de cette nouvelle série (dont les deux prochains titres sont déjà annoncés en quatrième de couverture, Attila et Lawrence d’Arabie), est vivant tout en restant fidèle à l’Histoire. La personnalité et les traits caractéristiques du général sont décrits avec soin. Haut gradé, il restait un homme de terrain, ce qui lui fera dire : « Faites toujours tout ce que vous demandez à ceux que vous commandez. »
Graphiquement, les planches de Salvatori sont bien détaillées, proposant des scènes de combat fournies en véhicules, chars et nombreux figurants.
Un dossier succinct, allant à l’essentiel, complète l’album en évoquant les grands événements de sa carrière. Même s’il est un peu dommage que ne soient pas au moins représentées les grandes opérations de la Seconde Guerre mondiale auxquelles Patton a participé (campagne d’Afrique du Nord et campagne de Sicile), les amateurs d’Histoire militaire, tout en restant un peu sur leur faim, devraient apprécier cette bande dessinée.
Le général Patton était passé maître dans l’art d’exhorter ses troupes. Célèbre pour ses citations, nous lui laissons le mot de la fin : « On ne gagne pas une guerre en mourant pour sa patrie ; on gagne une guerre en faisant ce qu’il faut pour que ce soit le salaud d’en face qui meure pour sa patrie ! »
Par David SPORCQ
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