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Moyen
10 octobre 2025
La France musicale des années 1950 vit au rythme de chansons bien de chez elle : les premières scènes de l’album se concentrent sur des postes de radio, des tourne-disques qui diffusent Bécaud, Trenet, Dalida, et des musiciens de rue accompagnés d’un accordéon. Il y a bien quelques artistes plus exotiques comme Luis Mariano et Gloria Lasso, mais admettons-le : même si c’est bath, c’est tout de même un poil consensuel. C’est en tout cas bien éloigné de ce vers quoi aspirent ces jeunes, qui commencent à consommer chewing-gums, Coca-Cola et autres blue jeans importés d’Amérique. Eux souhaiteraient être « rock and roll » : c’est le nom de cette musique entraînante, mais c’est aussi tout un art de vivre comme par exemple, ces nombreuses bagarres de rue organisées. Jean-Philippe, lui, est fier d’appartenir à la bande Montmartre : les saccos. Bientôt, on le connaîtra sous le nom de Johnny Halliday.
Cet album nous fait voyager à l’époque où de futures vedettes de la chanson se cherchent : Jean-Philippe Smet, Claude Moine (Eddy Mitchell), Françoise Hardy et Jacques Dutronc sont encore des adolescents qui vivent leurs premiers flirts mais n’ont aucune idée de leur avenir. Le récit de Vincent Cuvellier, surtout centré sur Johnny, nous montre un jeune homme suivant des cours de guitare et rencontrant Blondieau, l’un de ses futurs paroliers. Le dessin de Jeff Pourquié illustre la nostalgie des jukebox dans la fumée des cafés, les vieux cinémas et accompagne le récit d’un instantané dans lequel il ne se passe pas grand chose.
Par Damien BOONE
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