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Excellent
8 avril 2025
L’enfer, c’est l’histoire d’un homme qui se fait un film, plonge dans la paranoïa, a de nombreuses hallucinations, en imaginant que sa femme le trompe et lui – à sa femme ! – fait vivre un enfer. Mais L’enfer, c’est aussi celui d’un film, entrepris en 1964, par Henri-Georges Clouzot, le fameux cinéaste du Corbeau, des Diaboliques, avec un budget illimité, un casting de rêve, Romy Schneider et Serge Reggiani, et une volonté d’utiliser des techniques filmiques innovantes. Rien ne se passera comme prévu, Reggiani lâchant l’affaire, remplacé par Jean-Louis Trintignant. Trois semaines plus tard, Clouzot est victime d’un infarctus et n’achèvera donc pas le film, devenu lui-même un enfer pour beaucoup.
C’est avec témérité, et de nombreuses recherches, que Nicolas Badout, 60 ans plus tard, a décidé de prolonger et de terminer ce projet, mais en BD. Choix judicieux, car il peut utiliser, sans que cela coûte aussi cher qu’au cinéma, tous les moyens qu’offre ce médium particulièrement plastique qu’est la BD. Reprenant les dialogues initiaux, ainsi que les visages de Romy Schneider et de Serge Reggiani, N.Badout nous plonge dans la tête de ce jaloux obsessionnel, utilisant force déformations, jouant sur le contrastes entre noir et blanc et la couleur.
On se replonge ainsi avec délice dans l’atmosphère de ces films noirs d’antan, l’histoire, narrée à l’aide d’un flashback, ne nous surprend malheureusement pas, tant elle est encore d’actualité, à l’ère Me too, comme ne s’en cache pas N. Badout dans une courte introduction. Pour un premier ouvrage, c’est sacrément réussi et cela nous montre, s’il en était besoin, combien la BD offre de solutions pour traiter tous types de sujets.
Par Philippe LEBAS
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