Hard Bargain - Par Steven S. DeKnight & Leno Carvalho - Ed. Humanoïdes Associés

Par Marc VANDERMEER Favori de la rédaction 23 juillet 2025 
Au cœur de la Cité des Anges dans les années 1940, des crimes sordides s’enchaînent les uns à la suite des autres. Les négociations seront complexes avec les forces démoniaques, prêtes à déstabiliser l’enquêteur Frank Harding, pris dans un puzzle sournois où ses anciens amis d’enfance se retrouvent tragiquement mutilés. Un titre coup de poing alliant polar extrême et forces surnaturelles.

À Los Angeles, en 1940, la criminalité bat son plein : chaque ruelle peut devenir le portrait sanglant d’un meurtre barbare comme le témoigne le détective privé Frank Harding. Sa spécialité s’articule autour de l’occultisme et des créatures succubes rôdant, toujours à l’affût d’une victime appétissante. Son combat explosif sur les toits d’un immeuble contre Flynnt, un démon d’Eros, prouve non seulement ses compétences lors de combats au corps à corps, mais également qu’il ne baisse jamais l’échine, pas même face à une entité démoniaque.

Ingénieux en tous points, Hard Bargain se veut être un mélange subtil de « Seven » et de « Constantine ». Un univers glauque et immoral qui rappelle à plus d’un moment, le chef-d’œuvre de David Fincher auquel on ajoute une touche de spiritisme avec son lot de démons et démones en tout genre.

Dès l’entame de ce one shot, le lecteur se sent aspiré par une alchimie sensorielle, avec d’une part des protagonistes élégants, bien qu’englués par une existence noirâtre, et de l’autre, un rythme soutenu d’événements qui resteront gravés dans bien des mémoires et ce bien après avoir refermé cet ouvrage.

Les âmes sensibles devront peut-être s’abstenir, et ce pas plus loin que pour la première victime, un certain Georgie, qui pour prouver sa loyauté envers sa femme (démone), se tranche les deux pieds, un bras, et pour le bras restant ; le ronge jusqu’au coude. Un mystère demeure toutefois quant à savoir par quels stratagèmes, ce brave Georgie, de son vrai nom "George Mukle", a pu se retrouver imprégné de tatouages au fer rouge au centre de son dos ?! Bref, on saisit l’approche du scénariste Steven S DeKnight, qui ne passe pas par quatre chemins pour nous dévoiler l’atmosphère pesante qui règne dans cet album.

Hard Bargain - Par Steven S. DeKnight & Leno Carvalho - Ed. Humanoïdes Associés
©Leno Cavalho / Humanoïdes Associés

Pour commencer ce tour d’horizon des figurants, il y a bien entendu le spécialiste Frank Harding, baroudeur et cogneur, prêt à déboîter la mâchoire du premier venu s’il en ressent la nécessité. Les crimes odieux, c’est son passe-temps ; les décortiquant sous tous les angles afin d’élucider leurs mystères. Vient ensuite sa compagne, qui lui sert aussi de confidente pour ses enquêtes, la sulfureuse Nahla, adepte de magie et dotée d’une aura capable de voyager de par les âges et de traduire des codes dimensionnels. Quant à Rumi, l’un des contacts de Frank Harding, celui-ci prétendrait provenir d’une autre époque, totalement révolue, où il a vu la mort en face, souhaitant l’emporter, perdant l’un de ses yeux au passage, mais surtout indéfiniment troublé par une démone vêtue de rouge guettant chacun de ses gestes.

Si vous appréciez les histoires d’esprits malfaisants, torturant de pauvres âmes humaines, déjà à moitié consumées par leur existence de débauche, Hard Bargain devrait vous plaire. Steven S DeKnight, scénariste sur Buffy contre les vampires, d’Angel ou encore sur la spectaculaire série Spartacus, pour ne citer que ceux-là, plante une nouvelle corde à son arc avec cette formule tout à fait jouissive.

L’album se compose en six chapitres avec pour chacun d’entre eux, un titre évocateur, qui mèneront petit à petit notre enquêteur sur les traces laissées par une entité occulte. Par moment, le scénariste jongle entre visions apocalyptiques bibliques et cérémonies sataniques. Une diversité de choix qui, peu à peu, prend tout son sens. Mais c’est surtout dans le passé d’Harding qu’il faut impérativement creuser. George Mukle, son pote Irv, une sorte de médecin légiste, se retrouvent en bien piteux état, ... cérémonial qui nargue et replonge le détective face aux tribulations de son passé.

D’un point de vue graphique, le style foudroyant et plein de ressources de Leno Carvalho s’agence à merveille avec cette trame déjantée. Un trait d’une quintessence royale, fait sur mesure. Les personnages brillent, et ce, indépendamment de leur existence bousculée, extraordinairement mis en valeur par la palette colorimétrique de Bruno Hang. Mention spéciale pour les robes des femmes les rendant charismatiques et ténébreuses à souhait. Tout comme le costume beige d’Harding et son chapeau d’époque particulièrement réussis.

Les angles de vue spectaculaires dévoilent l’énorme maturité de son dessinateur, qui excelle planche après planche. Tout en sachant qu’une majorité de séquences se déroulent durant la pénombre, le découpage tonitruant et les couleurs douces mais lumineuses donnent une réelle plus-value à cet ouvrage.

©Leno Cavalho / Humanoïdes Associés

Par Marc VANDERMEER

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Code EAN : 9782731676440

Hard Bargain. Scénario : Steven S DeKnight. Dessin : Leno Carvalho. Editeur : Humanoïdes Associés. 194 pages. Sortie : le 5 mars 2025. Prix : 19,95 euros.

Les Humanoïdes Associés Fantastique Polar Los Angeles
 
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5 Messages :
  • Mon Dieu que c’est laid ! Le peu que vous en montrez est laid d’un point de vue dessin, laid d’un point de vue mise en couleurs (sur ordi). Pas de jugement sur le scénario puisque je ne l’ai pas lu.

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    • Répondu le 23 juillet 2025 à  16:00 :

      Et après on s’étonne que les Humanoïdes ont déposé le bilan…

      Répondre à ce message

    • Répondu le 23 juillet 2025 à  19:31 :

      Ça ne me plait pas non plus, mais vous pourriez peut-être argumenter un peu plus. Dire que des dessins sont laids, c’est très subjectif et ça n’apporte pas grand chose.

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    • Répondu par Grace Halfull le 24 juillet 2025 à  07:11 :

      Les couleurs ne me plaisent pas non plus, mais il y a quand même une belle idée graphique : les cheveux blancs du personnage en robe rouge.

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      • Répondu le 24 juillet 2025 à  15:33 :

        Ouais… ça marchait aussi avec des cheveux rouges et une robe blanche.

        Répondre à ce message

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