Bon
30 octobre 2024
En enquêtant sur le suicide d’une étudiante, le jeune et exubérant prodige de la police de Tokyo Natsuki Amakusa rencontre le taciturne lycéen Yuya Shiki. Ensemble et grâce à un don qui leur est propre, ils comprennent rapidement que le suicide est en réalité un meurtre et trouvent le coupable. Mais Amakusa est intrigué par Shiki, qui est parvenu à déduire la vérité bien plus vite que lui... Plus tard, les deux jeunes hommes collaborent à nouveau et Shiki révèle alors le mystérieux pouvoir qu’il possède : il peut voir les meurtriers grâce à une sorte de sixième sens. Fasciné, Amakusa l’embauche pour l’aider à résoudre ses enquêtes.
Bon gré, mal gré, ce duo policier peu banal va ainsi résoudre trois enquêtes dans ces deux premiers tomes. La relation entre les deux protagonistes se construit aux forceps, avec Amakusa qui s’impose dans la vie de Shiki en s’installant en tant que locataire dans la maison que celui-ci occupe avec sa grand-mère. Shiki finit par faire confiance au policier, au point de lui demander de l’aider à résoudre une affaire qui le touche de près.
Si on enlève le côté peu crédible de l’embauche d’un lycéen en tant que co-enquêteur, surtout dans une mégalopole de la taille de Tokyo, cette nouvelle série policière signée Seimaru Amagi et Rima Amamiya nous fait passer un bon moment. Les enquêtes sont intéressantes et abordent des thématiques culturelles et sociales propres au Japon, comme le jeu de shogi présenté dans la dernière enquête du tome 2. Le dessin est simple mais efficace, avec des personnages aux traits nets et réalistes dans des décors réduits qui mettent davantage en avant la façon dont Shiki « perçoit » les meurtriers.
Il manque toutefois la touche de magie ou de folie pour que cette série bascule de « bonne » à « excellente ». Un peu comme pour N°6 également publié chez Véga, le classement de Gifted en shojo le dessert car la relation entre les personnages n’est pas le point fort du récit. Amakusa est plus agaçant qu’autre chose avec son attitude souvent puérile, tandis que Shiki est trop taciturne et méfiant pour que l’on arrive vraiment à croire en cette confiance trop vite accordée. Le lien qui unit les deux protagonistes paraît donc superficiel, comme s’il s’agissait d’une commande, d’une attente venant du public et pas d’une volonté des auteurs.
Cependant, avec huit tomes déjà publiés au Japon et un troisième volume paru en octobre 2024 en France, il est probable que cette impression de superficialité disparaisse peu à peu, d’autant plus si l’affaire irrésolue qui touche Shiki est bien gardée en fil rouge. Il n’en reste pas moins que Gifted est une série qui se lit bien et permet de passer un bon moment, sans prise de tête. Idéal quand on apprécie les mangas policier.
Par Gaëlle BEDIS
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Gifted, T1 paru le 14 juin 2024 – 160 pages
Gifted, T2 paru le 30 août 2024 – 176 pages