Favori de la rédaction
23 février 2026
Le premier tome de la série s’achevait avec l’explosion de la bombe larguée depuis Enola Gay, le fameux bombardier américain. C’est dans une ville totalement ravagée qu’errent les centaines de milliers de victimes qui ont survécu à l’explosion. Le fait de ne pas avoir été tué immédiatement n’est pas une chance pour la majorité d’entre elles. Les corps fondent, les brûlures sont insupportables, la soif assèche, et les symptômes étranges liés aux radiations tuent de façon encore plus cruelle.
Gen Nakaoka et sa mère ont pu protéger leur corps, mais leurs âmes sont bouleversées à tout jamais. Gen ne peut se résoudre à la mort horrible de son père, de son frère et de sa sœur, brûlés vifs devant ses yeux. Il les voit partout, il est persuadé qu’ils ont survécu et qu’ils vont revenir bientôt. Il lui faudra l’insoutenable retour sur les lieux du drame et la découverte des squelettes carbonisés de ses proches pour prendre conscience que ses espoirs sont vains.
Gen doit surmonter les épreuves. Les derniers mots de son père étaient pour sa mère et pour lui. Il leur donnait la mission de se battre pour retrouver un jour le grand frère parti s’engager dans l’armée et le plus petit, éloigné de la ville juste avant l’explosion. Et puis, une petite sœur allait naître. Elle aussi devait pouvoir profiter de la protection de ses proches.
Pour sa sœur, et pour sa mère, Gen traverse les décombres de la ville et de la région anéantie. Il lui faut trouver du riz pour que sa mère puisse produire le lait maternel nécessaire à la survie du bébé qui vient de voir le jour. Il traverse les épreuves, affronte les ennemis de son propre peuple, uniquement guidé par l’instinct de survie, qui les pousse à faire le mal. Face à la violence de l’événement, la société se brutalise ; on est prêt à tout pour quelques grammes de nourriture, même à spolier celui qui n’a presque rien ; on est prêt à trahir ceux auxquels on était attachés auparavant. Aux privations initiales de la guerre, viennent s’ajouter les conséquences d’un des pires crimes de masse de l’histoire.
Le tome 2 est un véritable plaidoyer contre la violence militaire commise à l’encontre des civils. En montrant la violence crue des actes américains, Keiji Nakazawa inspire le dégout de la guerre à ses lecteurs. Il expose sans aucune limite ce dont l’être humain est capable, lui qui, dans un contexte de survie, peut infliger le pire à son semblable. Un second tome fort et sans concession destiné à un public averti.
Par Romain BLANDRE
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