États Généraux de la BD : les limites d’un rapport pessimiste

Par Didier PASAMONIK 25 mars 2026 
Dix ans après la première enquête des États Généraux de la Bande Dessinée menée par Denis Bajram, Valérie Mangin et Benoît Peeters, une nouvelle enquête a été présentée mardi à l’Assemblée nationale en présence de quelques personnalités politiques. ActuaBD était présent.

Autour des promoteurs de l’enquête, Denis Bajram, Valérie Mangin et Benoît Peeters, assistés du sociologue Sylvain Aquatias, se trouvaient Églantine de Boissieu, directrice de la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (la Saif), Stéphanie Le Cam (directrice de la Ligue des auteurs professionnels), Samantha Bailly (administratrice à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse), la sénatrice écologiste Monique de Marco, la députée Ensemble pour la République (EPR) Céline Calvez et la communiste députée Soumya Bourouaha. Dans l’assemblée, on pouvait reconnaître certains membres du SEA (Syndicat des Éditeurs alternatifs), mais en revanche aucun représentant du Syndicat National de l’Édition, ni du Ministère de la Culture.

États Généraux de la BD : les limites d'un rapport pessimiste
Les auteurs Denis Bajram, Valérie Mangin, Benoît Peeters et le sociologue Sylvain Aquatias
Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue des auteurs professionnels

Dix ans après une première enquête qui avait fait du bruit, le diagnostic demeure implacable et montre une aggravation du statut des auteurs de BD, en dépit d’un secteur éditorial dynamique mais qui montre des signes d’essoufflement. Le marché comme la profession se sont profondément transformés : féminisation, élévation du niveau de formation, diversification des pratiques, mais aussi basculement vers le numérique et une atomisation des genres éditoriaux (publications sous licences, romans graphiques documentaires, webtoons…) sans que ces évolutions ne se traduisent par une amélioration des conditions économiques et sociales, mais au contraire par une aggravation de la précarité. Cette situation suscite une colère dont l’annulation du Festival d’Angoulême 2026 est probablement le symptôme.

En dix ans, la mutation sociologique est nette. Les autrices représentent désormais 37 % des auteurs, contre 27 % en 2015. Une féminisation qui reflète des inégalités persistantes : les femmes demeurent globalement moins rémunérées, moins publiées et plus exposées à la précarité. Parallèlement, on ne sera pas surpris, la vocation faiblit. Le recul marqué des moins de 40 ans qui se déclarent « auteurs de BD » dans l’enquête s’est réduit. Conséquence d’un métier désormais un peu moins idéal…

Samantha Bailly, administratrice à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

La question du statut

La question des revenus reste au cœur de la question, ceci expliquant cela. Plus de la moitié des auteurs gagnent moins que le SMIC et plus d’un tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Dans ces conditions, la bande dessinée ne constitue plus, pour beaucoup, une activité économiquement viable à elle seule. La pluriactivité s’impose comme un modèle dominant — illustration, enseignement, interventions culturelles — tandis que la charge de travail demeure considérable : plusieurs mois, parfois plusieurs années, pour réaliser un album.

C’est vrai aussi pour tous les nouveaux entrants sur l’ensemble du marché du travail aujourd’hui. Les jeunes savent qu’ils vont devoir changer plusieurs fois de métier dans les années à venir, contrairement à leurs aînés. Des métiers entiers -on pense au codage informatique- sont menacés par les évolutions de l’industrie numérique. La notion même d’ « auteur de bande dessinée » se trouve remise en question pour bon nombre d’acteurs du secteur.

À cette fragilité économique et ce flou dans le statut s’ajoute, conséquence logique, un système de protection sociale forcément inadapté. Une part significative des auteurs déclare mal connaître ses droits ou rencontrer des difficultés d’accès aux dispositifs existants (maladie, retraite, congés). Les organismes de gestion sont eux-mêmes mis sur la sellette (on pense au scandale des Agessa, un organisme de protection des auteurs dissous en raison de son dysfonctionnement), révélant un malaise structurel profond qui contribue directement à la précarisation du métier.

Denis Bajram

Un métier régulièrement bouleversé

Cette dégradation n’est pas récente. En 2011, le regretté Roland Garel nous expliquait à quel point les avancées syndicales arrachées dans les années 1970 avaient été balayées par l’évolution du métier. L’histoire bégaie…

L’enquête souligne également la persistance d’une forte reproduction sociale. Les auteurs parrains de l’enquête se considèrent eux-mêmes comme des privilégiés. C’est une réalité : plus de la moitié des auteurs sont issus de milieux favorisés. Cette barrière sociale est renforcée par l’évolution du système de formation. Les auteurs sont aujourd’hui massivement diplômés — deux tiers ont suivi des études supérieures, souvent longues —, avec un niveau encore plus élevé chez les femmes. Cette montée dans la qualification apparaît comme une forme de réassurance sociale (l’idée d’avoir un diplôme) davantage que comme une garantie de revenus.

Eglantine de Boissieu, directrice de la Saif

Un avenir de plus en plus incertain

« Il y a vingt ans, un auteur au bout de cinq ans pouvait atteindre un premier seuil de stabilité de revenus, explique Denis Bajram. Cinq ans après, on franchissait une nouvelle marche... Ça progressait... Ce n’est plus le cas aujourd’hui. » En cause, la disparition des séries au profit de «  one-shots  » et de « romans graphiques » dont le succès ne se reconduit pas forcément d’un titre à l’autre.

Le niveau de diplôme des auteurs de BD a augmenté

Le poids croissant des écoles privées suscite une véritable interrogation. Chez les jeunes auteurs, c’est devenu un parcours obligé, en l’absence d’une offre comparable de la part de l’école publique. Si ces formations sont généralement jugées pertinentes, leur coût élevé renforce le clivage social alors que les processus d’entrée dans le métier ont profondément évolué. Adieu la période « fanzine » : aujourd’hui, l’autoédition et les réseaux sociaux sont la norme, ce qui ne garantit pas pour autant l’insertion dans le métier. Denis Bajram compare cela à de la pêche au gros : les éditeurs choisissent les auteurs non plus seulement en fonction du talent ou d’une ligne éditoriale, mais en fonction de leur communauté.

Bref, les auteurs interrogés ne renvoient pas une opinion optimiste de leur métier : près des trois quarts d’entre eux anticipent une dégradation de leur situation. À cela s’ajoutent de nouvelles inquiétudes, notamment liées à l’intelligence artificielle.

Le rapport a été pour la première fois présenté à l’Assemblée Nationale, en présence de figures politiques (de g. à dr.) : la sénatrice écologiste Monique de Marco, la députée Ensemble pour la République (EPR) Céline Calvez et la députée communiste Soumya Bourouaha, avec Samantha Bailly, administratrice à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

Élargir le champ de vision ?

C’est tout le paradoxe que met en lumière cette enquête : jamais la bande dessinée n’a été aussi visible, diverse, dynamique et de qualité. Jamais non plus, le 9e Art ne s’est autant institutionnalisé, entrant dans les plus grands musées, dans les académies… L’enquête suggère que derrière les succès éditoriaux, c’est une profession qui peine à vivre de son travail, prise entre mutation des pratiques, transformation du marché et insuffisance des régulations.

C’est un des biais de cette enquête, à notre sens. De tout temps, de Hergé à Peyo, d’Yves Chaland à Joann Sfar, la bande dessinée ne s’est jamais vécue comme un secteur autonome détaché de toute autre réalité de métier. Les dessinateurs ont souvent conforté leur travail avec d’autres activités : l’enseignement et la médiation, la publicité, la maquette, la direction éditoriale, le storyboard de dessin animé ou de cinéma, le jeu vidéo, la scénographie, la réalisation… On peut aligner une liste de noms d’artistes qui ne se sont pas limités au seul métier de la bande dessinée : René Goscinny, Gérard Lauzier, Bilal, Joann Sfar, Ugo Bienvenu, Otomo, Miyazaki… Au Japon d’ailleurs, on ne fait pas de distinction entre les 7e, 8e et 9e art.

Les auteurs de BD ne vivent pas que de la BD

Peut-être cette qualité de « touche-à-tout », d’expertise dans une création transversale qu’aucune intelligence artificielle ne pourra remplacer est-elle sa chance, mais aussi sa faiblesse. Cela n’empêche pas dans tous les cas de faire valoir ses droits, d’exiger l’égalité des statuts et de se battre pour que chacune et chacun ne se trouve pas laissé sur le côté dans les combats impitoyables et féroces que nous réserve l’avenir.

L’enquête au complet (PDF)

Par Didier PASAMONIK

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On peut consulter l’intégralité de l’enquête sur le site des EGBD

Etude sur la BD France Angoulême Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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22 Messages :
  • « jamais la bande dessinée n’a été aussi visible, diverse, dynamique et de qualité. » Non, la qualité a reculé, conséquence de la surproduction. Les éditeurs ont publié à tour de bras ces 20 dernières années, signant très vite des artistes pas encore au niveau, et les congédiant tout aussi vite. L’offre a explosé et s’est fortement diversifiée mais la qualité globale des œuvres et des artistes en présence a été nivelée vers le bas, tout à fait logiquement. Comme, simultanément, le volume et le prix des ouvrages n’ont fait qu’augmenter, il y a aujourd’hui une désaffection du public, qui ne fait que commencer et qui est tout aussi logique.

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    • Répondu par MONCHY le 26 mars à  08:58 :

      Bonjour,
      Entièrement d’accord avec vous. Je ne suis qu’un lecteur de BD, mais je me faisais récemment la remarque que j’en achète de moins en moins vu le niveau, que ce soit scénario ou dessin. Sans compter les séries à rallonge (entre autre Bec) qui n’en finissent plus de s’enterrer. De temps en temps j’ouvre le journal de Spirou pour voir ce que ça devient : comment peuvent-il publier certains "dessinateurs", des gribouillistes plutôt ??? Mieux vaudrait moins de parution, mais d’un autre qualité.

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    • Répondu le 26 mars à  10:33 :

      Pour produire toujours plus, il fallait baisser le niveau de qualité. Le problème est que cela ne fait pas venir plus de lecteurs et que l’exigence des nouveaux lecteurs baisse aussi. De la casse industrielle.

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  • Les commentaires au dessus sont affligeants de connerie...

    On ne remerciera jamais assez Benoît Peeters, Samantha Bailly, Valérie Mangin, Denis Bajram, Stéphanie Le Cam et Sylvain Aquatias pour tout le super boulot accompli ! Surtout que, bien que reconnu, attesté et officialisé il ne porte pas ses fruits, ce qui a de quoi être décourageant. Mais le combat continue !

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    • Répondu le 26 mars à  17:29 :

      Colonnier, vous êtes grossier comme d’habitude et surtout vous ne savez pas lire. Les commentaires au-dessus confirment ce que dit le rapport. Ils contredisent seulement l’analyse qu’en fait M. Pasamonik, qui juge le rapport trop pessimiste.

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      • Répondu par Laurent Colonnier le 26 mars à  23:56 :

        Non non l’anonyme, le rapport ne tient pas des propos de vieux cons.

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        • Répondu le 27 mars à  11:47 :

          Non, c’est plutôt des (encore) jeunes et lucides, mais ils arrivent aux mêmes conclusions : surproduction, médiocrité, précarisation.

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        • Répondu par Patrick le 27 mars à  13:22 :

          Monsieur Colonnier, vous pouvez insulter les gens qui ne pensent pas comme vous, mais c’est un peu court comme argument. Je lis et j’achète des BD depuis 25 ans, je dois même avoir vos deux albums quelque part, et difficile de ne pas voir la médiocrité de certaines publications (dessin et scénario) qui envahissent les librairies. Il y a beaucoup de jeunes auteurs talentueux mais ils sont noyés dans la masse des albums qu’on peut trouver. Quand on lit dans cet article qu’une telle quantité des auteurs d’aujourd’hui n’arrivent même pas à en vivre, on ne peut qu’être triste pour eux, et un peu en colère contre les éditeurs, qui sont quand même les premiers responsables de cette situation.

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      • Répondu le 27 mars à  07:03 :

        Ce rapport n’est pas trop pessimiste. Il est objectif et tellement objectif que ni le ministère de la Culture, ni le SNE ne veulent l’entendre.

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      • Répondu par Milles Sabords le 27 mars à  07:26 :

        « Cela n’empêche pas dans tous les cas de faire valoir ses droits, d’exiger l’égalité des statuts et de se battre pour que chacune et chacun ne se trouve pas laissé sur le côté dans les combats impitoyables et féroces que nous réserve l’avenir. » Vœux pieux qui ne risque pas d’atteindre son but, puisque le SNE ne s’est même pas déplacé à cette réunion et encore moins le Ministère de la Culture. C’est dire à quel point on se fiche royalement du sort des auteurs et des autrices BD. Et croire que des types comme Bolloré et Kretinsky qui se partagent à eux deux 100% du parc éditorial BD français vont améliorer la situation, c’est vraiment prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages  ! Faut nourrir les actionnaires !

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        • Répondu le 27 mars à  11:49 :

          Bollorée et Kretinski ne se partagent pas 100% du "parc éditorial français", vous dites des âneries comme d’habitude.

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          • Répondu par Milles Sabords le 27 mars à  16:50 :

            Pas du tout, leurs groupes concentrent de nombreuses maisons d’éditions BD, même des Indés. Vous avez Internet ? Ils suffit de vérifier.

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            • Répondu le 27 mars à  18:37 :

              Oui, merci je suis au courant, je travaille dans le secteur moi aussi. Le chiffre que vous avancez de 100 % a une certaine signification mathématique que vous semblez ignorer. 100%, ça ne veut pas dire « de nombreuses », 100%, ça veut dire la totalité. Et c’est très loin d’être la réalité. Par ailleurs, vous parlez d’indés qui appartiendraient à de grands groupes. Quand c’est le cas, ce ne sont plus des « indés ». Les mots ont un sens.

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            • Répondu le 27 mars à  19:16 :

              Pour commencer, Médias Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard…) et Madrigall (Casterman, Futuropolis, Gallimard, Denoel, Sarbacane…) n’appartiennent ni à Bolloré, ni à Kretinsky. Ça fait du monde. Mille Sabords raconte n’importe quoi.

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            • Répondu le 27 mars à  20:12 :

              Ils ne oartagent pas 100% du secteur. Vous oubliez Vincent Montagne, Antoine Gallimard, etc.

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            • Répondu par Michel Dartay le 27 mars à  20:51 :

              Désolé, non !
              Mediapart (Dargaud Dupuis Lombard) sont indépendants, comme Casterman ou Bambou !
              Ils ne sont pas propriété de Kretinsky ou de Bolloré, dieu merci !

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            • Répondu par Auteur.autrice le 27 mars à  22:23 :

              Glénat, c’est à Bollorée ou Kretinski ? Et l’Association ? Sarbacane ? Dites-nous !

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              • Répondu par Milles Sabords le 28 mars à  09:10 :

                C’est vrai, je me suis un peu emballé. Mais dans un avenir proche, l’édition ira vers de la fusion-acquisition entre grands groupes, comme Kretinsky qui a racheté le groupe Editis en mars 2023, et Bolloré a un appétit gigantesque. Quant aux Indés, certains sont devenus des marques à part entière, par exemple, l’Association. Rien n’empêche un grand groupe de racheter un Indé, tout en lui gardant cette étiquette pour les ventes, telle La Boîte à Bulles, un indé du groupe Humanoïdes Associés. Finalement, il n’y a que nous, les auteurs et autrices qui nous berçons d’illusions sur une édition BD plus vertueuse de peur de ne plus avoir de contrats si on l’ouvre trop. Contrairement aux scénaristes d’Hollywood, il n’y a jamais eu de grève de la planche BD pour nous faire entendre et défendre nos droits. La BD est un métier d’artisan et les éditeurs ont su nous faire croire que nous étions des "Artistes", jouant ainsi de notre individualisme forcené. Sans véritable solidarité professionnelle entre nous, après tout, ce qui nous arrive est aussi de notre faute. Sans compter les ministres de la culture qui se succèdent, et rien ne bouge. Certaines institutions panthéonise à tout va la BD, mais au fond du sac il ne reste toujours que des miettes pour le plus grand nombre. On veut protéger notre fameuse exception culturelle, encore faut-il y mettre les moyens.

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  • Il y a toujours eu des albums médiocres, à toutes époques, on les retrouve à foison dans les vides greniers et les recycleries. Comme il se publie beaucoup plus d’albums aujourd’hui, mathématiquement il y a plus de chef-d’œuvres. Il y a aussi beaucoup plus d’auteurs très talentueux et infiniment plus d’autrices. Les commentaires sont déclinistes, la qualité n’a jamais été aussi présente. Le problème c’est que les auteurs n’ont plus aucune protection sociale et des revenus misérables, c’est un choix politique, et pour les plus anciens le scandale agessa n’est toujours pas réglé et les prive de leurs pensions de retraite légitimes.

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    • Répondu le 28 mars à  06:48 :

      C’est quoi votre définition d’un chef-d’œuvre ?

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    • Répondu le 28 mars à  06:49 :

      Surproduction, veut dire aussi plus d’albums médiocres, beaucoup plus que par le passé, puisque la BD s’est fortement industrialisée. Et puis sont arrivés en masse, pour ne pas dire l’essentiel du marché, les romans-graphique, les BD du réel, de reportage, d’investigation, de biopic, qui cumulent toutes les dérives de cette surproduction. Des genres ou vous devez produire très vite, payé au forfait (très bas en général), des pavés. Alors oui, le niveau a fortement baissé. Cette surproduction va de pair avec les conditions de travail désastreuses de toute la profession. Et le monde de demain que l’on nous prépare (pensée « Trumpienne » et montée des extrêmes, IA) ne va pas favoriser le statut « « d’auteur » ou de « créatif ».

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      • Répondu le 28 mars à  09:25 :

        La bonne nouvelle c’est qu’il y a une baisse des vocations. La BD a toujours été un artisanat. La première conséquence de la surproduction, c’est l’explosion du nombre d’auteurs et d’autrices. 5000 artistes ou davantage ne peuvent pas tous en vivre, le marché est trop petit. En étant aussi nombreux, la précarisation était inévitable.

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