Chaque année, le festival BD Boum élit son « Grand Boum de la ville de Blois ». Un prix prestigieux tant le « festival citoyen » du Loir-et-Cher a une réputation de faiseur de rois et de reines du 9e art, les « Grands Boum » s’avérant devenir ensuite Grands Prix d’Angoulême. Et si tant d’autres Grand Boum sont passés entre les mailles du filet du FIBD, ils démontrent néanmoins l’exigence et la connaissance du 9e art et de ses créateurs que porte l’équipe de BD Boum depuis quatre décennies.
Cette édition 2024 du festival était donc, comme de juste, présidée par David Prudhomme. Le natif de Tours faisant l’objet d’une grande exposition rétrospective intitulée : Le Principe de recherche. Avec sa pertinence habituelle, Patrick Gaumer déroule un parcours chronologique pour retracer, album après album, l’évolution de cet infatigable explorateur du trait.
De ses premières planches de BD dessinées alors qu’il est enccore adolescent, des personnages inspirés d’Astérix aux héllènes mélopées de Rébétissa en passant par sa succession à André Juillard pour Ninon Secrète et les créations pariétales pour Pigments, cette exposition est une invitation au voyage, une aventure où les planches se succèdent et ne se ressemblent pas ; où les thèmes et les techniques sont aussi variées que le nombre d’oeuvres accrochés aux cimaises de la maison de la BD.
« David Prudhomme n’a pas de plan de carrière, mais un parcours, fait de rencontres. Ce qui teinte tous ses albums, c’est son esprit de famille avec ses amis dessinateurs, mais aussi ses proches. Cela s’appelle la sincérité. » analyse le commissaire de l’exposition Patrick Gaumer.
Un regard aiguisé et juste pour retranscrire le quotidien, c’est ce qui caractérise le travail de David Prudhomme. « Dans mes albums il y a toujours une part sociale, un regard et une réflexion sur nos vies. Je parle des petites gens, je parle de nous simplement, raconte l’auteur. Je me souviens très bien de ma première rencontre avec Mœbius qui m’a conseillé d’insuffler la même intention et la même importance, tant dans mes éléments de décors, que dans mes personnages, en d’autres termes, simplement tout observer au même niveau. Ce conseil a forgé ma personnalité d’auteur. »
David Prudhomme c’est ça, un virtuose du dessin qui a appris très tôt à se méfier de son talent, qui ne cesse de rechercher, d’explorer, de creuser, sans limite de temps ni d’effort tant que « ça ne sent pas la sueur ». Un chercheur d’or en quête perpétuelle du trait parfait. Mais si ce prodige du dessin se donne tant de mal c’est pour trouver le format et les échos graphiques adapter à son intention. Un album de David Prudhomme c’est une recherche graphique scénaristique et narrative avec une exigence sans pareille.
Cette exposition nous donne à suivre ce fil rouge dans la carrière de l’auteur. David Prudhomme est en permanence sur une ligne de crête où il est impératif pour lui de poser le pinceau au bon endroit pour que le dessin se marie avec le propos. Nous lui avons consacré un podcast dans lequel il explique son processus de création.
La 41e édition du festival BD Boum est désormais close. Pour autant, le halo du talent de David Prudhomme émane encore à Blois car l’exposition est visible jusqu’à 29 mars 2025 à la Maison de la BD de la ville, seul lieu en France entièrement dédié au 9e art tout au long de l’année à être entièrement gratuit. Un principe cher aux yeux des organisateurs du festival du Loir-et-Cher.
Par Kelian NGUYEN
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