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Murders ballads ? Le grand Nick Cave et ses Bad Seeds y ont consacré un fameux album en 1996. C’est en fait un des grands genres musicaux de l’Amérique profonde, à la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Toutes ces ballades racontent un meurtre, bien évidemment, dans lesquels les femmes jouent souvent un rôle clé.
Les plus grands chanteurs les ont reprises, et de tout temps, dont Leadbelly et son fameux "Where Did You Sleep Last Night" (repris magnifiquement par Nirvana dans l’album Unplugged), avec son refrain "In the pines, in the pines", qui donne son titre à ce recueil d’histoires, mis en scène et dessiné magnifiquement par Erik Kriek.
Cet auteur hollandais confirmé [1] a choisi six de ces ballades (en ajoutant une à l’ouvrage édité chez Actes Sud en 2016, et qui n’avait pas échappé à un de nos chroniqueurs, qui en avait salué "l’éclatant talent"), ce qui ne nuit aucunement à l’unité de l’ensemble.
Non seulement parce que les histoires puisent dans la même thématique (l’amour contrarié ; la violence faite aux femmes ou pour elles), mais aussi parce que le traitement graphique est le même : une bichromie systématique (même si la couleur associée au noir change à chaque histoire), un dessin très noir, pas si éloigné de l’art de la gravure ; le recours à des cases rectilignes pour raconter le présent, et à des cases aux contours mouvants pour les flashbacks.
Ajoutez à cela une couverture particulièrement réussie (où la mort semble rôder quand on regarde bien) et un dos toilé, et vous aurez compris que vous tenez là un excellent ouvrage des éditions Anspach.
Vous pourrez d’ailleurs lire chacune de ces histoires en écoutant l’adaptation musicale qu’E. Kriek lui-même en a faite, avec son groupe, les Blue Grass Boogiemen (un QR code y renvoie directement), à moins que vous ne préfériez les Johnny Cash, Dolly Parton, Bob Dylan, Nick Cave, etc...
Par Philippe LEBAS
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