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Très bon
15 juillet 2025
Six ans plus tôt, le royaume de Batalia a été envahi par le royaume de Hari. Toute la famille royale a été anéantie, les hommes du pays massacrés et les femmes : torturées, violentées, violées, et les quelques survivantes sont devenues prostituées dans une ville dédiée à la débauche, San Missa.
Toutefois, dans le tumulte de la guerre, la jeune princesse Evita a pu être sauvée par sa mère. Cachée dans un recoin secret du château, l’enfant a assisté, impuissante, au viol et au meurtre de la reine, pour ensuite se retrouver entassée parmi les laissés pour morts ; un charnier hors duquel quelques pauvres âmes sont ressorties couvertes de sang pour ensuite être emmenées à San Missa, la seule ville du royaume de Hari où règne la prostitution.
Evita est alors devenue Priscilla, princesse autoproclamée de ce lieu de perdition où les hommes viennent assouvir leurs plus viles fantasmes.
Yuki Azuma ne va d’ailleurs pas dans la dentelle. D’entrée de jeu, on découvre notre héroïne à quatre pattes entre les jambes d’une brute qui n’est autre qu’un des princes héritiers du royaume de Hari. Si les femmes sont belles et séduisantes dans les maisons closes, la gent masculine est majoritairement grimée tels des balourds aux traits grossiers, souvent amochés d’une dent en moins ou d’un regard graveleux.
Le prince ne fait d’ailleurs pas exception, ressemblant davantage à un Gargantua difforme et imbu de sa personne, pourtant hideuse à l’intérieur comme à l’extérieur. Un bourrin qui malmène notre princesse, qui semble tellement fragile et innocente... Jusqu’à ce qu’on découvre enfin ses plus inavouables secrets.
L’autrice révèle le passé de la princesse, le carnage dans son pays et sa promesse de rester en vie pour mieux venger le royaume de Batalia ! Ce qui semble être le point d’orgue de cette nouvelle série qui envoie du lourd, loin de ménager le lecteur qui se doit d’être mûrement averti des scènes tantôt obscènes, tantôt d’une rare violence sanguinolente au fil des pages.
Rien ne lui est épargné : entre les activités lucratives de ces dames presque tout le temps dénudées et violentées par des clients peu scrupuleux ; les combats désordonnés exhibant le sang et les viscères, sans oublier les expressions déformées des protagonistes au climax de leurs plus sombres émotions, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes.
La vengeance a souvent un prix, dans Blood Crawling Princess, il est cher payé ! Priscilla et ses comparses ne reculent devant rien, pas même l’émasculation et la séquestration du prince pour obtenir des informations dans le but de parvenir à ses fins : assassiner toute la noblesse de Hari, responsable de la mort de sa famille et de son peuple !
Le lecteur aura bien besoin d’une pause avant le deuxième opus pour se remettre de ses émotions et reprendre, tambour battant, là où l’action a été interrompue pour mieux rebondir dans la suite de cette série prometteuse, mais définitivement pour un public majeur et conscient de ce qui l’attend...
Par Marc VANDERMEER
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Crawling Blood Princess. Auteure : Yuki Azuma. Editeur : Kurokawa. 196 pages. Sortie : le 12 juin 2025. Prix : 7,95 euros.