Bon
8 juillet 2024
Juin 1940, la bataille d’Angleterre a débuté. La résistance du peuple anglais est acharnée et héroïque. Quelques centaines de pilotes de la Royal Air Force défendent leur patrie en gênant au maximum la progression des bombardiers allemands qui ont pour mission de canarder les grandes villes jour et nuit.
La guerre sépare les couples qui ne demandent pourtant qu’à vivre passionnément leur jeunesse. Hélas, l’éloignement et l’incertitude du lendemain poussent des époux et épouses dans l’infidélité. Les couples illégitimes se forment. Que sera demain ? Alors, les pilotes troquent volontiers leur piste d’envol pour la piste de danse d’une salle de bal dès qu’ils peuvent profiter d’une permission.
C’est dans ce contexte que Kate Kavendish (pilote au service du transport aérien) et Jimmy Kane (pilote de chasse à la RAF) se rencontrent et entretiennent une relation qu’ils ne veulent que physique.
Comme dans toutes les bonnes aventures historiques, le lecteur appréciera ici les détails comme les véhicules, les uniformes, les vêtements, les coiffures, les bâtiments, les affiches, …qui lui permettent de se transporter dans le temps. Les auteurs font preuve d’une belle recherche documentaire.
Nous avons néanmoins relevé une erreur : lors d’une conversation entre deux personnages, il est question du Roi des Belges en fonction à l’époque qui n’était pas Léopold II comme il est mentionné dans l’album, mais bien Léopold III. Les auteurs du roman graphique Le Congo Blanc n’ont évidemment pas pu confondre les deux souverains et il s’agit bien ici d’une regrettable coquille. Le contexte historique reste parfaitement reconstitué avec toute la rigueur qui s’impose.
Graphiquement, le trait fin et élégant magnifie les personnages féminins. On arrête un moment la lecture pour mieux admirer les superbes aquarelles représentant la campagne anglaise, les salons, les jardins, les intérieurs…Ces parenthèses visuelles sont un réel plaisir, un bonus que vous apprécierez entre deux ballets aériens.
Cet album, qui devrait être le premier d’un triptyque, plante le décor. Il nous permet de prendre connaissance d’acteurs sensibles et humains, avec leurs forces comme leurs faiblesses, et qui subissent les affres d’une guerre qui s’empare de leur jeunesse.
Par David SPORCQ
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Participez à la discussion